Centrafrique: Vie associative - L'ARC appelle au report de l'élection présidentielle

En cette période pré-électorale pour les Centrafricains, l'Association des Amis de la République centrafricaine (ARC), en tant que société civile, multiplie les consultations de lobbying, en appui de son réseau, et entend peser de façon approfondie et incarnée au report de la consultation nationale prévue le 27 décembre 2020 pour le premier tour, en même temps que celui des législatives.

À deux mois du scrutin présidentiel en République de Centrafrique, les membres de l'ARC, dans un cadre élargi, se sont réunis le 10 octobre au restaurant Portobello dans le dix-huitième arrondissement de Paris, pour un décryptage stratégique de la situation pré-électorale dans ce pays.

Cette approche d'éclairage s'est tenue en présence de Prosper Indo, co-auteur du livre "Barthélémy Boganda : Héritage et vision" avec Victor Bissengue, Wilfriedo Mescheba, président fédéral Europe de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA), parti créé par Anicet-Georges Dologuélé et Marie-Reine Hassen, présidente du parti Renaissance Centrafrique, candidate déclarée.

Après un mot de bienvenue prononcé par Mario Vakil, vice-président de l'ARC, le tour de table a permis de constater que l'histoire de la Centrafrique est encore celle d'un pays dans l'ornière de l'anarchie et de la violence et aux prises à nombre d'incertitudes.

Comment organiser des élections présidentielle et législatives dans un pays ne jouissant pas, à l'heure actuelle, de meilleures conditions ? À quoi mèneraient-elles si, en tout état de cause, elles étaient maintenues à la date prévue ? Les institutions de la République résisteraient-elles aux multiples manigances étrangères pour exploiter les richesses du pays ? De quelle légitimité jouiraient les autorités issues de telles élections géopolitiquement tronquées ?

Pour le vice-président de l'ARC, si les conditions devaient être réunies, ces élections seraient l'occasion de fédérer autour d'un objectif permettant de retrouver un gouvernement stable et cohérent : "candidature unique autour d'un projet commun de l'opposition face au président sortant".

De l'avis de Vincent Mambachaka, ancien membre du Conseil national de transition, propriétaire de plusieurs radios communautaires à travers la Centrafrique, les conditions ne sont pas réunies pour une consultation apaisée. "Je me rends au plus près de la population et je constate partout l'omniprésence de groupes armés en lieu et place de l'État", a confié l'artiste. Et de proposer de mener des actions, plutôt dans le sens du lobbying, auprès de la communauté internationale, pour sortir de la surenchère inflationniste des milices.

Prosper Indo s'est insurgé face à la multitude de candidats à la présidence et a expliqué que ce ne sont pas les hommes qu'il faudrait changer, mais plutôt le système. Il a souligné également le problème de la légalité des autorités actuelles dans le cas du report des élections, en respect des accords de Khartoum. "Le pays s'exposerait à nouveau à une énième ère d'incertitudes", a prévenu le juriste.

Au sein de l'URCA, les principes de la paix et du développement de la Centrafrique demeurent au cœur des préoccupations du parti comme l'a rappelé Wilfriedo Mescheba.

Certes, le parti est en ordre de bataille pour aller à l'élection, mais, il est également à l'écoute de toutes les composantes de la Nation. "C'est l'objet de ma présence à cette réunion avec les membres de l'ARC", a-t-il ajouté.

De son côté, l'analyse de la candidate Marie-Reine Hassen considère que la Centrafrique demeure embourbée dans les méandres de la stratégie sectaire et du tribalisme. Elle constate le manque de gouvernance, la persistance du clanisme, du népotisme, de la prédation, en un mot, l'absence d'État.

L'économiste, ancienne consultante Afrique de la Banque mondiale, et ministre des Affaires étrangères, de l'économie et du Plan de 2006 à 2009, veut sortir le pays de cette situation et brigue à nouveau la présidence.

Et pourtant, tous les observateurs s'accordent pour dire que le pays tend à une balkanisation du fait des groupes armés. L'enrôlement est inexact et rend le calendrier préconisé improbable. L'État protecteur peine à reconstituer l'intégrité territoriale du pays.

Dans cette optique, au regard de ce qui précède, l'ARC appelle les différentes composantes de la société civile, les différents partis politiques, autant ceux placés au sein de la Coalition de l'opposition démocratique 20-20 que tous les autres, tous épris de justice et de paix, soucieux du développement économique et de la modernisation du pays, y compris la communauté internationale, pour qu'ils exigent de l'autorité nationale des élections qu'elle remplisse mieux son rôle et accepte de les reporter plus raisonnablement à une date ultérieure.

"Les modalités des actions à mener restent à définir et seront cautionnées rapidement dans un livre blanc", a confié Michel Langa, président de l'ARC tout en demeurant vigilant sur l'agenda électoral des uns et des autres.

Par exemple, Catherine Samba-Panza, candidate indépendante, invitée à cette réunion de l'ARC, mais empêchée, rencontrera les Centrafricains de la diaspora européenne, le samedi 17 octobre 2020 de 13 h 45 à 18 h, à l'Hôtel Holiday Inn Express Paris-Canal De La Villette, au 68, Quai de la Seine à Paris dix-neuvième arrondissement.

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