Maroc: Le Discours Royal, un appel à une rénovation copernicienne du secteur étatique

Casablanca — Le discours de SM le Roi Mohammed VI à l'occasion de l'ouverture de la 1-ère session de la 5-ème année législative de la 10-ème législature, est un appel à une rénovation copernicienne du secteur étatique notamment les entreprises publiques, a souligné l'Universitaire Chegri Badre Eddine.

"Cet appel promeut une vision d'emblée en termes de gestion de portefeuille et sous-tend une consolidation du compte ou des comptes publics", a précisé le Professeur d'économie et gestion à la faculté des sciences juridiques économiques et sociales Souissi - Rabat, dans une déclaration à la MAP.

Dans Son discours, SM le Roi a mis le focus sur la place des entreprises publiques dans le développement, à travers l'investissement et les projets publics, a-t-il ajouté, notant que ce secteur marchand devra être à l'avant-garde du secteur public.

M. Chegri, également vice-doyen chargé de la formation continue à la faculté des sciences juridiques économiques et sociales Souissi - Rabat, a relevé que SM le Roi a également rappelé le rôle majeur que devra assurer l'agence chargée de la supervision des participations de l'État dans le cadre de cette gestion optimale escomptée, soulignant que cette structure aura la responsabilité lourde d'appuyer les décisions de restructuration et de développement des actifs de l'État-actionnaire et de gestion de la dette des Établissements Publics (EEP).

Il a aussi appelé à "un véritable changement dans le niveau de performance des établissements publics", a poursuivi le professeur, précisant qu'à ce titre, il faudrait noter que les établissements publics à caractère administratif (EPA), dont la gestion pâtit toujours puisque "budgétivore", nécessiteront d'être audités et évalués dans le cadre d'une gestion optimale et rationalisante.

"Il ne suffit pas de produire un rapport aux parlementaires à l'occasion de la loi des finances annuelle sur ces établissements, mais encore faudrait-il évaluer l'impact de cette gestion sur les services publics, et juger de la satisfaction du citoyen à son égard", a-t-il estimé.

Un autre point majeur du discours fut celui des nominations, pointées du doigt par le Souverain, a-t-il poursuivi. Cette incitation de la part de SM le Roi annonce une nouvelle ère de méritocratie et de quête de profils à la hauteur des attentes aux postes d'administrateurs publics, a-t-il dit, faisant savoir que cette adéquation de profil exigera des capacités techniques, managériales et d'ingénierie de projets. "Si de nos jours, les hauts cadres fuient la responsabilité, cet appel animera la fonction RH publique et redonnera le goût aux détenteurs d'expériences et d'expertise à candidater et à exceller", a ajouté M. Chegri.

Concernant le Fonds Mohammed VI de l'investissement, SM le Roi a donné ses orientations pour que ledit Fonds "soit doté de la personnalité morale et des structures managériales adéquates". Il s'imposera comme "un modèle de bonne gouvernance, d'efficience et de transparence".

"A mon sens, le fonds suscitera un pilotage +par projet+, un conseil d'administration robuste au tour de table élargi, des désignations stratégiques pourront voir le jour prochainement, notamment une personnalité faisant le consensus sera mise à la tête du fonds. Ce fonds, servira le développement économique et social du pays en se positionnant au cœur de l'investissement national et sectoriel", a commenté le professeur.

S'agissant du périmètre de gestion du Fonds, il peut être circonscrit dans un secteur prioritaire, comme ouvert en tant que soutien aux secteurs stratégiques annoncés dans le discours, d'ingénierie technique et/ou social sans perdre de vue, l'efficacité et la performance requises derrière les fonds alloués.

Quant à l'évaluation de cette structure /fonds, elle pourra se faire par la Cour des comptes dans le cadre du contrôle de la gestion de l'emploi des fonds publics ou du contrôle de la gestion. SM le Roi l'a bien souligné, il sera bel et bien un "modèle de bonne gouvernance, d'efficience et de transparence".

Et de conclure que d'autres instances de contrôle-inspection pourront s'attribuer post-mise en place du Fonds, de nouvelles missions d'audit de performance des projets, ou de suivi, voir de certification annuelle des comptes du Fonds (L'IGF et l'IGAT dans le cadre de missions d'audit technique et/ou financier et comptable individuelles ou conjointes).

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