Congo-Brazzaville: Paiement de la dette intérieure - Les opérateurs économiques émettent des inquiétudes

Le processus d'apurement de la dette intérieure a été annoncé par le Premier ministre Clément Mouamba, le 19 septembre dernier, suite à une rencontre avec un groupe de quatre banques. Près d'un mois après, les syndicats patronaux déplorent le manque d'information et les critères sélectifs mis en place par le Club de Brazzaville, le groupe des banques.

Les syndicats patronaux et les créanciers ont prévu de se réunir, le 15 octobre, pour tenter de resserrer leur rang. D'après le président de l'Union nationale des opérateurs économiques du Congo (UNOC), El hadj Djibril Abdoulaye Bopaka, les responsables patronaux ont essayé en vain de rencontrer les animateurs du Club de Brazzaville, la Caisse congolaise d'amortissement et la direction générale de BGFI Bank en tant que chef de file du Club de Brazzaville.

L'apurement de la dette intérieure commerciale figure, en effet, parmi les engagements pris par le gouvernement vis-à-vis de ses partenaires extérieurs notamment le Fonds monétaire international (FMI). Après plusieurs mois de négociations, la BGFI, l'Ecobank, La Congolaise de banque, la Banque sino-congolaise pour l'Afrique se sont engagées à mobiliser 300 milliards FCFA pour payer une partie de la dette, formant ainsi un groupement d'intérêt économique dénommé Club de Brazzaville.

Les syndicats patronaux reprochent à ce groupement leur manque de transparence dans le traitement des dossiers. « Nous nous rendons compte que ce processus d'apurement de la dette ne concerne pas tous les opérateurs économiques. Le regroupement de ces quatre banques veut finalement payer des arriérés des entreprises ayant des comptes chez elles. Nous nous rendons également compte qu'il y a beaucoup de sociétés chinoises, soit plus de 80% des créanciers retenus », a estimé le président de l'UNOC.

Cette première phase de paiement cible les créances des années 2014-2015 et 2016. Au total 179 créances ont été validées à l'issue d'une opération d'audit supervisée par le ministre des Finances et du Budget. Il y aurait des cas litigieux en cours de traitement par la tutelle. Le président du Collectif des opérateurs du Congo (Copéco), Joséphat-Roger Obesse, se dit inquiet. « Une créance reste une créance. Ce que nous voulons c'est que l'État prenne en compte toutes les créances auditées et validées peu importe la taille des entreprises. C'est par ce moyen que l'on parviendra à relancer les activités économiques », a-t- il insisté.

Tout comme son collègue de l'UNOC, Joséphat-Roger Obesse critique les critères sélectifs, notamment la préférence accordée aux clients des quatre banques composant le Club de Brazzaville, aux sociétés chinoises créancières des Grands Travaux et au taux jugé exorbitant de la décote d'environ 30%. Une bonne partie de l'argent sera prélevée par les banques, souligne ce responsable patronal, ajoutant qu'en dehors des intérêts que ces banques vont retirer, les opérateurs économiques doivent au fisc, à leur personnel et aux fournisseurs. Avant de mettre sous presse cet article, la rédaction Des Dépêches de Brazzaville a sollicité en vain les responsables du Club de Brazzaville et de la BGFI Bank pour avoir leurs versions.

Annonçant le paiement, le Premier ministre a fait savoir qu'il y aura d'autres phases, puisqu'il reste les tranches 2017-2018 et celles de 2012-2013. « Dans l'accord avec le FMI, il était retenu que nous puissions faire des efforts pour payer la dette intérieure. Il faut démarrer une opération nouvelle au Congo, une expérience qui va donc être consolidée. On aura bientôt plus de 250 milliards FCFA qui seront réinjectés dans l'économie. Les banquiers, les entreprises et l'État trouveront leur compte », a assuré Clément Mouamba.

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