Soudan: Les inondations isolent les femmes enceintes et les victimes de violence

Une équipe d'intervenants en matière de violence basée sur le genre effectue une évaluation rapide des besoins dans les zones touchées par les inondations.

KHARTOUM / GEZIRA, Soudan - Les inondations massives au Soudan - les plus importantes de ces 30 dernières années - ont ajouté à la crise sanitaire actuelle de COVID-19, une crise humanitaire.

Les inondations ont touché 17 des 18 États du Soudan, incitant le gouvernement à déclarer l'état d'urgence pendant trois mois. Au 1er octobre, plus de 92 000 maisons avaient été endommagées et 79 000 détruites. Plus de 560 écoles et 3 200 centres de santé ont été endommagés, et quelque 30 000 latrines se sont effondrées, selon de récents rapports des Nations Unies.

206 000 femmes en âge de procréer vivent dans des abris temporaires contre les inondations, avec une protection minimale. L'UNFPA estime qu'environ 20 000 femmes enceintes se trouvent parmi les victimes, dont 3 000 environ connaîtront des complications lors de la grossesse, et auront besoin de services de santé sexuelle et reproductive vitaux. Plus de 2 000 femmes vont accoucher dans le mois à venir.

L'UNFPA est sur le terrain depuis le début de la crise.

Des kits de santé reproductive ont été prépositionnés avant les inondations. Dans le cadre de sa planification d'urgence, l'UNFPA a soutenu la remise en état de 16 centres de soins obstétriques et néonatals d'urgence, dans sept États.

« Cette réponse rapide a permis de maintenir les fournitures et les services dans les maternités et les établissements de santé », a déclaré Fatma Alfaky, responsable de la santé reproductive au ministère de la Santé de l'État de Gezira.

Ce soutien peut faire la différence entre la vie et la mort.

« Je suis enceinte de huit mois, et la sage-femme de la clinique mobile m'a donné un kit de santé reproductive », a déclaré Maraiam Musa, dans l'État de Gezira, à l'UNFPA. « J'ai tout perdu dans les inondations. Accoucher en toute sécurité est l'une des choses dont je n'ai plus à me soucier. »

Sensibilisation médicale

Des cliniques mobiles ont été déployées dans les zones touchées pour fournir des services de santé vitaux, en particulier des soins et des informations sur la santé reproductive. Les cliniques mobiles ont atteint quelque 25 000 personnes avec des consultations et des informations.

« Les cliniques mobiles étaient là au moment où la communauté en avait besoin », a déclaré Khalil Adam de l'Association soudanaise de planification familiale à North Dafur. « Elles étaient nécessaires dans le nord du Darfour, où il y a eu des dégâts importants en raison de cette saison des pluies inattendue. »

Aujourd'hui, des services d'orientation pour les femmes ayant besoin de services obstétriques d'urgence fonctionnent dans 12 États.

« Dans ce genre de situations, une réponse très rapide et efficace est essentielle pour prévenir de nombreuses complications de santé à long terme, en particulier pour les femmes enceintes », a déclaré le Dr Louay Abdalhafeez, médecin de l'Association CAFA.

L'UNFPA a également soutenu la distribution de plus de 20 000 kits de dignité, qui contiennent des fournitures d'hygiène, notamment du savon et des serviettes hygiéniques, ainsi que des informations sur les endroits où trouver un soutien essentiel.

La menace croissante de violence contre les femmes et les filles

Outre les besoins sanitaires urgents, les femmes déportées sont confrontées à un risque accru de violence basée sur le genre, et n'ont à leur disposition que des services limités pour prévenir ou répondre à ce fléau.

« Les inondations sans précédent au Soudan ont des conséquences dramatiques sur la violence basée sur le genre », a déclaré Massimo Diana, représentant de l'UNFPA au Soudan. « Les inondations ont détruit les moyens de subsistance économiques, et cela affecte les femmes de manière disproportionnée. Le stress entraine plus de violence domestique. Les services de santé locaux sont interrompus et les réseaux de soutien sont perturbés. »

Bien que les besoins de protection augmentent, les services de soutien aux survivants de la violence basée sur le genre sont minimes. Dans plus de 90% des localités du pays, ces services sont absents.

L'UNFPA et ses partenaires ont mis en place des réseaux, pour fournir une protection communautaire et des références aux services pour les victimes de violence dans le nord, le sud et l'ouest de Dafur, ainsi que dans le Nil Bleu, Khartoum et Kassala.

Malgré les efforts, lutter contre la violence basée sur le genre au Soudan reste un défi. L'accès aux populations et aux zones touchées a été perturbé, et la crise économique actuelle a fait augmenter les coûts de fonctionnement.

« Le Soudan a besoin d'un soutien immédiat pour lutter contre cette crise humanitaire », a déclaré M. Diana.

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