Kenya: Les conditions de vie des réfugiés se détériorent dans les camps de Dadaab

communiqué de presse

Plus de 200 000 personnes vivent, parfois depuis des décennies, dans les camps de réfugiés de Dadaab, à l'est du Kenya. L'immense majorité des habitants viennent de Somalie, où ils ont fui les combats et les attaques des groupes armés. De nombreux réfugiés ont perdu l'espoir de voir émerger une solution durable qui permettrait d'améliorer leurs conditions de vie, elles-mêmes détériorées par les conséquences de la pandémie de Covid-19.

MSF fait partie des rares organisations humanitaires à travailler à Dadaab, dans le camp de Dagahaley, peuplé de près de 70 000 personnes. Sur place, les équipes, qui prodiguent notamment des soins de santé mentale, sont témoins des conditions de vie indignes des réfugiés et des conséquences de la récente diminution de l'aide humanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

Le Programme alimentaire mondial a par exemple été contraint de réduire les rations alimentaires qu'il distribue de 40 %, et de nombreux autres organismes ont considérablement diminué leur présence, perturbant gravement l'accès aux services de base. « La Covid-19 a mis fin aux faibles possibilités que les réfugiés avaient d'échapper aux conditions de vie dégradantes dans les camps, aggravant ainsi leur détresse mentale », développe Jeroen Matthys, coordinateur de projet MSF.

En août, le fils de Haret Abdirahman, âgé de 24 ans, s'est suicidé dans le camp de Dagahaley. « Malgré la fin de ses études secondaires, il n'arrêtait pas de dire à quel point la vie était difficile pour lui dans le camp, sans emploi. Il disait souvent qu'il pensait à se suicider. »

La pandémie a également eu un impact sur les rapatriements organisés depuis le camp vers la Somalie, pays d'origine de l'immense majorité des réfugiés. Aucun retour n'a été enregistré en août 2020. Quant à la promesse d'une intégration des réfugiés au Kenya, elle a progressivement disparue, les initiatives visant à étendre les services de l'État aux réfugiés restant au point mort.

Fawzia Mohamed, 30 ans, est arrivée dans le camp avec sa famille en 1992, alors qu'elle avait à peine deux ans. « Comment pouvez-vous vivre dans un pays pendant trois décennies sans savoir quel est votre nationalité ? Vous restez un réfugié sans perspective. Cette situation a un impact encore plus grand sur les nombreux jeunes du camp. Ils souffrent économiquement et socialement. Le taux de chômage est très élevé, mais si les restrictions de mouvement pouvaient être levées, peut-être que les conditions de vie des réfugiés pourraient vraiment changer. »

Le choc économique engendré par la Covid-19 a également des conséquences à Dadaab : les aides financières que les réfugiés recevaient autrefois de familles installées à l'étranger ont diminué. Il s'agit donc pour les bailleurs de fonds d'un moment particulièrement important pour manifester leur solidarité envers les réfugiés des camps de Dadaab.

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