Tchad: Le pouvoir veut reprendre le contrôle des mines d'or

Le gouvernement tchadien a annoncé jeudi 8 octobre sa décision de fermer immédiatement tous les sites d'orpaillage illégal, de déguerpir tous les orpailleurs qui s'y trouvent et de renvoyer dans leurs pays d'origine les milliers d'étrangers qui s'adonnent à l'orpaillage. Une mesure qualifiée de radicale et qui ne fait pas l'unanimité. Elle est contestée notamment par le Comité d'autodéfense de Miski, qui contrôle un secteur riche en or de la région du Tibesti, dans le nord-est du pays, malgré de vaines tentatives du pouvoir central de l'y déloger en 2018.

Officiellement, il s'agit de mettre de l'ordre dans un secteur qui échappait jusqu'ici à tout contrôle. « L'exploitation anarchique de l'or a attiré des milliers d'étrangers dont la présence sur le sol tchadien constitue en soi une menace », justifie Chérif Mahamat Zène, le porte-parole du gouvernement.

Mais à côté de cet impératif sécuritaire dont tout le monde reconnait la légitimité, des spécialistes pointent également des raisons économiques. Depuis la chute de ses revenus pétroliers, le pouvoir d'Idriss Deby cherche à remplir ses caisses en contrôlant une filière aurifère promis à un bel avenir, et dont une grande partie de la production sort clandestinement du pays pour être revendu au Moyen-Orient.

Sur papier, cette décision concerne tous les sites du pays, mais un haut responsable tchadien rappelle que c'est surtout la province du Tibesti, dans le nord-est du pays, qui cause problème. De nombreux gisements d'or ont été découverts dans cette zone de non-droit et des contrats miniers signés depuis une dizaine d'années, mais impossible pour ces sociétés d'y poser un pied en raison de l'hostilité des populations locales.

Une année d'affrontement et un accord de paix avec le Comité d'autodéfense de Miski signé fin 2019 n'y ont rien changé. Ce Comité a continué de refuser toute exploitation d'or dans la région. Le gouvernement tchadien ne pouvait plus attendre. Il a donc décidé d'imposer sa loi. De son côté, le Comité d'autodéfense de Miski qui dit s'être retiré de l'accord de paix, assure qu'il n'est pas concerné.

Plus de: RFI

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