Sénégal: Rapport de Greenpeace - Le ministère dément tout manquement dans l'octroi des licences de pêche

13 Octobre 2020

Dans un communiqué de presse, le ministère des Pêches et de l'Economie maritime (Mpem) s'est désolé du rapport de l'Ong Greenpeace relaté dans la presse du week-end qui fait état de manquements dans l'octroi des licences de pêche, des agréments pour l'implantation des usines de farine et sur sa lutte contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée.

«Les allégations totalement infondées contenues dans ledit rapport sont d'autant plus surprenantes, qu'à plusieurs reprises, par voie de communiqués officiels, de contributions dans la presse, d'émissions radios, télévisées, etc... ; le ministère des Pêches et de l'Economie maritime a toujours apporté des éclairages, des précisions et des démentis, à chaque fois que cela s'imposait, à l'endroit des acteurs, de l'opinion publique nationale et internationale», a réagi le ministère des Pêches et de l'économie maritime, à travers un communiqué de presse.

Il dénonce le parti-pris de l'Ong, rappelant avoir tenu de nombreuses rencontres avec diverses structures qui ont manifesté un intérêt sur ces questions notamment Greenpeace dont les responsables ont été reçus en audience, par le ministre, le 5 mai 2020.

«Même s'il restait évident que rien n'allait changer dans la position clairement affichée par Greenpeace qui, dès les premières heures de l'acharnement de certains industriels a, tout de suite, montré un engagement sans faille à leur côté allant jusqu'à, signer la quasi-totalité des communiqués et autres, publiés par ces derniers, l'Ong aurait pu, tout de même, au risque de porter atteinte à sa crédibilité, si jamais elle en avait, chercher à noyer son poisson autrement », estime le ministère des pêches. Toutefois, il juge nécessaire de faire des précisions.

Sur les supposés octrois de licences de pêche à des navires étrangers, le ministère des Pêches assure qu'aucun «navire battant pavillon étranger ne peut, en l'état actuel de la réglementation sénégalaise, obtenir une licence de pêche au Sénégal si ce n'est sur la base d'un accord de pêche». Selon le communiqué, le Sénégal n'a d'accord de pêche qu'avec l'Union européenne, la Gambie, le Cap-Vert, la Mauritanie, la Guinée Bissau et le Libéria.

«La Chine n'ayant pas signé d'accord de pêche avec le Sénégal, aucune licence ne peut, dès lors, être accordée à un bateau battant pavillon chinois.

Tous les bateaux d'origine chinoise, espagnole, française, grecque ou autres, détenteurs de licence de pêche au Sénégal, appartiennent à des sociétés reconnues, par acte notarié, de droit sénégalais.

Ces navires sont sénégalisés suivant une procédure rigoureusement encadrée par la loi, rappelée dans de précédents communiqués, et dont le respect fait l'objet d'une particulière attention de la part de l'autorité», indique le ministère des Pêches.

«Tel a d'ailleurs été le cas s'agissant des licences accordées, sur la base d'une procédure enclenchée depuis 2017, à des navires dénommés Fu Yuan Yu appartenant à la société FT2, établie au port depuis plusieurs dizaine d'années, connue de tous les acteurs pour son apport très déterminant dans le développement du secteur», poursuit le texte.

En ce qui a trait à la pêche illicite non déclarée et non réglementée (pêche Inn), le ministère des Pêches note que le Sénégal, à travers la Direction de la protection et de la surveillance des pêches, appuyée par la Marine nationale, l'Armée de l'air et les Eléments français au Cap-Vert, dispose d'outils performants de surveillance active et passive des eaux sous sa juridiction.

«Ce qui d'ailleurs, lui a valu en 2016, d'être distingué par le département d'Etat américain «champion des océans» et d'être intégré, en 2017, dans le carré des pays membres d'Interpol chargés d'orienter la lutte contre la criminalité dans le secteur de la pêche», rappelle ce département.

Reconnaissant que la pêche illicite étant une réalité dans le monde, le ministère des Pêches assure que des efforts conséquents seront toujours consentis pour mieux y faire face et l'éradiquer.

Concernant les usines de farine et d'huile de poisson, le ministère précise qu'aucune disposition légale ou réglementaire n'interdit leur implantation au Sénégal.

Toutefois, il indique que le département qui, suite à de larges concertations tenues en 2019, a décidé de geler la délivrance de nouvelles autorisations préalables.

«Il n'a, dès lors, jamais, été question d'une quelconque fermeture des unités en activité. Ces dernières doivent, cependant, se limiter à n'utiliser que les déchets et rebuts de poisson à titre principal et accessoirement les invendus, le cas échéant» rappellent les autorités du ministère des Pêches.

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