Sud-Soudan: Protection des personnes déplacées contre la Covid-19 sur fond de conflit et catastrophe naturelle

14 Octobre 2020

Au Soudan du Sud, les années de conflit et les catastrophes naturelles rendent la lutte contre la pandémie en « un défi sans précédent ». Pour les autorités sanitaires et les organismes humanitaires, l'urgence est notamment de protéger les milliers de personnes vivant dans les camps de déplacés internes dans le pays contre la pandémie de Covid-19.

Les lecteurs peuvent trouver des informations et des conseils sur le nouveau coronavirus (2019-nCoV) fournis par l'Organisation mondiale de la santé et les agences des Nations Unies ici. Pour les nouvelles quotidiennes d'ONU Info, cliquez ici.

« L'épidémie de Covid-19 représente une menace énorme pour les populations vulnérables dans les camps et les installations, où les conditions de vie surpeuplées et l'accès inadéquat aux services sociaux compromettent l'efficacité de la prévention et du contrôle des coronavirus », a déclaré le Représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Soudan du Sud, Dr Olushayo Olu.

Empêcher le coronavirus d'atteindre une communauté du pays ou dans les camps est devenu une priorité pour le gouvernement, les Nations Unies et les organisations non gouvernementales locales et internationales, qui ont uni leurs efforts pour y faire face. L'OMS a coordonné leurs activités, en tant qu'agence sanitaire mondiale de l'ONU.

L'objectif est d'instaurer la confiance, d'introduire des mesures de prévention de la transmission, de maintenir la continuité des services et des fournitures sanitaires et de créer des centres de traitement et d'isolement de Covid-19.

Le défi de la protection dans camps surpeuplés

« Le plan d'intervention national du Sud-Soudan a répondu aux besoins des camps de personnes déplacées, et l'OMS a fourni des lignes directrices, des outils et des kits aux partenaires pour faciliter une meilleure surveillance des cas », explique le Dr Joseph Wamala, responsable chargé de la préparation à Djouba, la capitale sud-soudanaise.

Cela a permis d'identifier, de tester et d'isoler rapidement les cas, ainsi que de dresser une liste de contacts et de mettre en quarantaine pour prévenir le risque d'épidémies généralisées.

Sur les 1,7 million de personnes déplacées dans le pays, près de 168.000 vivent actuellement dans l'un des 116 camps ou campements, où les conditions font que la distance physique est pratiquement impossible.

Les services de base dans les camps sont parfois limités, les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène ainsi que l'approvisionnement en nourriture et en abris étant inférieurs aux besoins des résidents des camps.

Face à ces défis immenses, les autorités sanitaires et l'OMS ont dès la fin mars mis en place une stratégie, avec une campagne nationale de sensibilisation radiophonique et des messages envoyés par téléphone. Le but est d'expliquer le coronavirus et la meilleure façon de se protéger et de protéger sa famille.

La campagne s'est étendue ensuite aux camps et installations de personnes déplacées, où les responsables, les enseignants, les bénévoles, les comités locaux et les partenaires ont également été engagés pour aider à protéger leurs communautés dans les camps.

400 agents de santé et 14 centres d'isolement

De plus, l'OMS a soutenu la formation de près de 400 agents de santé dans les camps sur la manière de prévenir et de contrôler la propagation du virus.

Tout résident d'un camp dont l'infection est confirmée et qui a besoin d'être isolé ou traité dans un établissement spécialisé est orienté vers des établissements gérés par le gouvernement.

Compte tenu de leur capacité limitée, des installations d'isolement supplémentaires ont été mises en place pour chaque camp et installation accueillant plus de 5.000 personnes. Les Nations Unies ont ainsi soutenu 14 centres d'isolement pour les camps et sites de personnes déplacées.

Le gouvernement a lancé la recherche de contacts peu après la détection des premiers cas le 5 avril.

« Les quatre premiers cas confirmés étaient des travailleurs des Nations Unies », souligne l'OMS.

« À partir d'avril, nous avons suivi les contacts quotidiennement pendant 14 jours ou plus, en signalant tout signe et symptôme », a indiqué Dr John Odong, un médecin soudanais.

Ce spécialiste formé par l'OMS sur la prévention et le contrôle de la Covid-19, travaille avec 40 autres professionnels de l'équipe de recherche des contacts du pays.

« Nous avons collecté des échantillons, dressé la liste des contacts et entrepris de sensibiliser la communauté à Covid-19 », a-t-il ajouté.

2.798 cas confirmés de Covid-19 dont 55 décès

La recherche des contacts est particulièrement difficile parmi les personnes déplacées dans les camps en raison de l'encombrement et du nombre de contacts potentiels impliqués. Dans ce combat, les équipes se sont confrontées « à des réactions négatives et même à la violence ».

« Les gens avaient, et ont toujours, peur - inquiets de la stigmatisation liée à l'infection », a rappelé Dr Odong, qui a beaucoup travaillé auparavant sur les interventions en cas d'épidémie de choléra.

« Malgré certaines menaces et les conditions de travail difficiles, nous avons réussi à atteindre les gens. Nous leur avons fourni une éducation sanitaire et un soutien psychologique pour les soulager de la stigmatisation et de la peur du coronavirus », a-t-il fait remarquer.

À noter qu'à la mi-avril, le pays avait fermé ses écoles, suspendu les vols internationaux et instauré un couvre-feu. Les camps et sites ont été inclus dans ces mesures de confinement afin de réduire les mouvements et la propagation potentielle du virus.

Mais jusqu'à présent, les populations déplacées vulnérables du Sud-Soudan n'ont pas connu un grand nombre de cas de Covid-19. Les mesures de prévention et de contrôle prises semblent avoir été utiles.

Au 30 septembre, seuls 59 cas parmi les personnes déplacées ont été confirmés dans les camps et les installations. Et le Soudan du Sud a recensé 2.798 cas confirmés de Covid-19 dont 55 décès, selon un bilan établi mercredi par l'OMS.

A La Une: Organisations Internationales et l'Afrique

Plus de: UN News

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.