Afrique: Washington envisagerait un retrait des troupes américaines en Somalie

Selon l'agence Bloomberg, Donald Trump souhaiterait retirer les troupes américaines de Somalie. Le Pentagone aurait même commencé à échafauder des plans de retrait. On sait que le retour des soldats aux Etats-Unis est une ancienne promesse électorale datant de la campagne de 2016. Les Américains comptent un petit contingent d'environ 700 soldats en Somalie, principalement chargés d'attaques de drone et de la formation des forces spéciales. Mais leur retrait pourrait avoir de lourdes conséquences.

Après un retrait massif dans les années 1990, c'est paradoxalement Donald Trump lui-même qui avait envoyé davantage de troupes en Somalie en 2017. Donc l'idée d'un nouveau désengagement intrigue, tout autant qu'elle inquiète. D'autant qu'elle tombe à moins de trois semaines de la présidentielle américaine.

« Evidemment on pense à une annonce électoraliste. Mais les déclarations de Washington sont souvent sujettes à caution. Donc tout le monde est dans l'attente », confie une source diplomatique.

Néanmoins, l'information n'est pas prise à la légère, d'autant que les shebabs s'activent. Ces derniers temps ils font transiter leurs fonds par des banques. Ils investissent également dans l'immobilier et des sociétés. « On dirait qu'ils stockent de l'argent en vue d'actions futures », indique une bonne source.

Les Américains, eux, ont réinvesti en Somalie. Washington y a rouvert une ambassade ou encore augmenté son aide au développement. Tout cela pourrait compenser un futur retrait militaire.

Or un repli des troupes américaines serait une mauvaise nouvelle pour Mogadiscio, car il s'ajouterait au départ, programmé dans un an, des quelques 20 000 hommes de la force africaine Amisom. « Les shebabs ont toujours exploité le vide. Si l'Amisom n'était plus là, ils prendraient le contrôle du pays en quelques heures », estime le chercheur Rashid Abdi.

Selon un observateur, les Américains pourraient sous-traiter la formation militaire à des sociétés privées et poursuivre leurs attaques de drones depuis Djibouti et le Kenya. Mais ces bombardements, qui perturbent la logistique des islamistes, pourraient perdre en intensité, permettant aux terroristes de renforcer leurs attaques.

Plus de: RFI

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