Cameroun: Le jésuite Ludovic Lado stoppé dans sa marche pour la paix

Le père Ludovic Lado était parti lundi de Douala en direction de la capitale, Yaoundé, qu'il comptait atteindre le 22 octobre. Un « pèlerinage » selon lui destiné à promouvoir la « paix » dans le Nord-Est et le Nord-Ouest anglophones. Le jésuite avait aussi prévu de rencontrer le porte-parole de l'opposant Maurice Kamto. Mais la police ne lui en a pas laissé le loisir. Le religieux s'est fait arrêter mardi 13 octobre et reconduire à Douala.

Il était environ 18h mardi quand les forces de l'ordre ont ramené Ludovic Lado à la case départ. Non sans avoir hésité sur la direction à prendre. Le père Lado a été appréhendé à Edéa alors qu'il entamait la deuxième étape de ce qu'il appelle son « pèlerinage ».

La voiture de police dans laquelle il monte prend d'abord le chemin de Yaoundé. Mais, arrivés à un commissariat situé le long de la route nationale 3, les policiers décident finalement de faire demi-tour vers Douala. Selon le jésuite qui est connu pour son opposition au président Paul Biya, les forces de l'ordre lui posent de nombreuses questions sur ses velléités réelles.

« Nous sommes dans un moment très frileux » au Cameroun, estime le prêtre. Ludovic Lado en est sûr : « l'idée même de marche fait trembler les tenants du régime ». Notamment depuis les manifestations du 22 septembre. Manifestation réprimée et pour laquelle des militants de l'opposition sont poursuivis pour « terrorisme, insurrection ».

Le père Lado comptait d'ailleurs mettre le projecteur sur leur situation en rencontrant Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto. Pourtant, ils ne sont que trois, assure-t-il, dont un photographe et un homme à moto pour la logistique. Et l'objectif central de sa marche est, d'après lui, de mettre fin à ce qu'il nomme une « guerre sale et inutile » dans les zones anglophones du Cameroun.

« Face à tout cela un pasteur peut-il rester tranquille ? Mon cœur me répond "NON !" » s'exclame le religieux. Le prêtre dit avoir été influencé par la récente encyclique du pape François. Il assume ses opinions politiques anti-Biya. « J'y ai droit comme tout citoyen », dit-il. Mais Ludovic Lado martèle dans une lettre ouverte : « Je ne marche pas pour demander le départ de ceux qui sont au pouvoir ».

En poste au Tchad, le religieux va devoir mettre un terme à sa marche, faute de temps. Mais il promet de remettre le couvert « dès que possible ».

Plus de: RFI

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