Madagascar: Affaire Jaovato - Le gel des comptes bancaires levé hier par la Cour d'Appel

L'ancien député Jean Pierre Laisoa sort vainqueur dans un procès qui l'oppose à un autre opérateur de la filière bois concernant une prétendue vente de bois de rose de près de 1 600 000 000 ariary.

L'ex-député Jean Pierre Laisoa, a obtenu gain de cause auprès de la Cour d'appel d'Antananarivo sur une affaire qui l'oppose à B.C.C, une autre personnalité connue dans la filière bois précieux. Cette cour a confirmé, hier, la mainlevée concernant la saisie sur les comptes bancaires, biens et mobiliers de Jaovato. En première instance, le tribunal a déjà prononcé cette mainlevée et a rejeté la demande de gel des avoirs de l'ancien député fournie par B.C.C.

Ce dernier reproche à Jaovato d'avoir manqué le paiement d'une livraison de cargaisons de bois de rose d'une valeur estimée à 1 585 408 000 ariary. L'opération, qui aurait eu lieu en novembre 2012 et avril 2013 selon B.C.C, est niée par l'ancien député et lui a valu des procès.

Documents. Mais jusqu'ici, Jean Pierre Laisoa, obtient gain de cause auprès des juridictions compétentes face à la détermination de l'autre camp. Par deux fois B.C.C a perdu son procès contre l'ancien élu de la région de SAVA. Jaovato a affirmé devant le tribunal qu'il n'a jamais fait affaire avec cet opérateur d'origine indienne. Et les différents documents justifiant la transaction semblent inexistants.

Le camp de B.C.C n'est pas en mesure, semble-t-il, de présenter ni facture, ni justificatif de transport, ni encore justificatif de paiement de taxes et redevances à l'Etat pour l'exploitation de bois de rose. Alors que ce dernier a affirmé devant le tribunal via sa requête en date du 07 août 2020 qu'il a livré l'équivalent des milliers de bois de rose en 2012 et 2013. Seulement durant cette période, la vente, le transport des bois de rose sont formellement interdits par l'ordonnance 2011-001 du 08 août 2011.

Trafic. Ce que B.C.C a donc confirmé ressemble beaucoup à un trafic. Et l'origine des bois précieux qu'il a confirmé avoir vendu, suscite en effet, des questionnements. D'où viennent-ils ? B.C.C a-t-il puisé dans son propre stock de bois de rose ou, plutôt, les bois qu'il affirme avoir vendu proviennent-ils de ceux des autres ?

En tout cas, B.C.C avait déclaré au ministère de l'Environnement et des Forêts, en septembre 2011, un stock de 11 971 rondins et 5 028 plaquettes de bois de rose dans son magasin à Antalaha. Cette affaire ne doit pas laisser indifférentes les autorités compétentes qui veulent lutter contre le pillage des ressources naturelles du pays. Mais elle devrait également interpeller les organisations de la société civile qui militent pour la défense de l'environnement.

Plus de: Midi Madagasikara

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