Congo-Kinshasa: Ecoles mortes - Pitié pour les élèves !

15 Octobre 2020

En avant plan de droite à gauche en chemise verte un enseignt en conversation avec des élèves habillés en bleu blanc devant le batiment d'une école à Kinshasa Radio Okapi Ph John Bompengo

Depuis le lundi 12 octobre 2020, la tardive rentrée scolaire 2020 sur l'ensemble du territoire national, les violons sont loin de s'accorder entre le ministre de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (E.P.S.T.), Willy Bakonga Wilima, et les principaux syndicats des enseignants de son secteur, à savoir le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) et le Syndicat National des Enseignants des Ecoles conventionnées Catholiques (SYNECAT).

Les deux parties - ministre d'un côté et les deux syndicats de l'autre - n'émettent pas sur la même longueur d'ondes en ce qui concerne les conditions à respecter pour le bon déroulement et la réussite de cette année scolaire qui vient de s'ouvrir, particulièrement la promotion de la politique de la gratuité de l'Enseignement fondamental et la suppression totale du système de la prise en charge des salaires des enseignants par les parents d'élèves (ou système de motivation des enseignants).

Si au niveau du cabinet de l'EPST, on estime que le ministre est dans son bon droit de créer de nouvelles structures et d'engager un supplément du personnel pour faire face à l'explosion d'effectifs d'élèves engendrée par cette politique de la gratuité, les deux syndicats par contre, soulignent le fait que la création de tout nouveau bureau gestionnaire ou d'engagement des nouvelles unités pour enseigner doivent impérativement obéir aux normes établies et non se faire d'une manière anarchique. Devant des nominations et engagement des nouveaux agents (particulièrement des administratifs), des créations de nouveaux bureaux gestionnaires partout dans le pays ou encore devant une gestion opaque des salaires des enseignants et du FPEN, les deux syndicats avaient élevé la voix et pour ce faire, étaient reçus par le Chef de l'Etat.

C'est pour, ont-ils dit, préserver la chance de réussite de la gratuité de l'Enseignement fondamental avec ses corollaires que sont la majoration substantielle du salaire de l'enseignant. Mais le ministre de l'EPST ne veut rien entendre et ne tient pas à une gestion partenariale - comme le veut la loi - du secteur de l'EPST, particulièrement en ce qui concerne les finances et salaires.

Pitié pour les élèves

L'indépendance d'esprit de deux syndicats ont indisposé Willy Bakonga, qui les a mis à l'index de ses activités au profit d'un groupe de syndicats de la Fonction publique qui s'occupent essentiellement des enseignants assis et des administratifs. Dans un premier temps, ils ont démis Cécile Tshiyombo (SG du Syeco de sa fonction de porte-parole de l'Intersyndicale des syndicats de l'EPST. Ensuite, le ministre, à l'exclusion de ces deux indésirables, a fait interner présentement son groupe de syndicat à Bibwa pour prendre certaines décisions pour l'année scolaire. Devant cette incompréhension, SYECO et SYNECAT viennent de lancer l'opération « Ecoles mortes » consistant à débrayer chaque lundi et mardi - et à ne travailler que de mercredi à samedi - cela à partir de la semaine prochaine (du 19 au 25 octobre 2020).

Depuis la rentrée scolaire, aussi bien le ministre de l'EPST que les gestionnaires du secteur éducatif ne cessent de rechercher désespérément les bénéfices de ce retour à travers plusieurs mécanismes : manipulations des syndicalistes 'soumis' au dictat du ministère ; divers frais exigés comme acompte dans les écoles et revendications des enseignants avec menaces de grève ne prennent pas en compte la situation déplorable des élèves qui viennent de rater tout un trimestre de cours l'année scolaire passée. Tous sont rivés sur la recherche du profit ; légal ou pas ; mais ne tiennent pas compte du temps qui s'écoule. Avec tout ceci, la fin de cette année risque aussi d'être catastrophique pour les élèves.RSK

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