Sénégal: Mody Gaye - «Il n'y a pas encore de menace de criquets pèlerins »

15 Octobre 2020

Depuis le début de l'année, de nombreux pays africains ont été envahis par des criquets pèlerins. Interpellé sur une éventuelle invasion acridienne au Sénégal, l'ingénieur en protection des végétaux à la DPV Mody Gaye rassure qu'il n'y a pas encore de menace au Sénégal pour le moment d'après les informations collectées sur le terrain.

Toutefois, il informe qu'un plan de riposte a été déjà mis en place par la DPV et ses partenaires techniques et financiers si le contraire se présentait.

«Présentement la situation est calme. Par rapport aux informations reçues, il n'y a pas encre de menace de criquets pèlerins au Sénégal pour cette campagne».

L'assurance est de Mody Gaye, ingénieur en protection des végétaux au niveau de la direction de la protection des végétaux (Dpv). «Depuis un certain temps on parle d'une arrivée probable de criquets pèlerins au Sénégal.

Pour le moment, à la proximité des frontières sénégalaises, il n'y a pas de risque. Ce qui est sûr, c'est que l'activité acridienne est présente vers l'Ethiopie, l'Erythrée, le soudan. Dans ces zones effectivement, il y eu une invasion depuis des mois.

Cette zone est une zone de prédilection criquets pèlerins. Contrairement à ces pays, le Sénégal est un pays d'invasion mais pas une zone où on peut trouver 12 mois sur 12 des criquets pèlerins. Une fois que ces pays sont lourdement chargés de criquets, c'est en ce moment qu'on peut penser recevoir des essaims de criquets au Sénégal.

Cela passe d'abord par le Tchad, ensuite entre par le canal du Niger pour venir au Mali et passer par la Mauritanie pour pouvoir entrer au Sénégal», explique-t-il.

Même en cas d'introduction de criquets pèlerins en cette période au Sénégal, il n'y aurait pas de dégâts majeurs. «Dans la situation actuelle du Sénégal, nous sommes à la fin des cultures hivernales.

Dans la zone Sud et la zone centre, les récoltes ont démarré. Donc, il n'y a pas de menace. Dans la zone Nord notamment, les régions de Louga, Saint-Louis et Matam, les cultures sont en fin de cycle. Donc, en ce qui concerne une éventuelle invasion, ces zones sont épargnées.

Toutefois, on pourrait craindre au cas où ces criquets pèlerins viendraient après l'hivernage qu'il ait des menaces sur les cultures rizicoles et éventuellement sur les cultures maraichères», a souligné M Gaye.

Par ailleurs, il rappelle que la dernière invasion acridienne en 2004-2005 avait fait beaucoup de dégâts parce que c'était durant l'hivernage. «Les premières entrées d'essaims c'était dans la zone Nord précisément dans la région de Matam et un peu vers Bakel.

En ce moment, l'hivernage était un peu avancé, parce que les criquets sont arrivés vers fin août, début septembre. Les cultures étaient assez développées. Cela avait créé aussi des problèmes au niveau des pâturages.

Mais ça aurait été beaucoup plus grave si c'était arrivé en début d'hivernage. Sur le plan économique et environnemental, il y avait eu des impacts», fait-il part. Des leçons ont été tirées de cette mauvaise expérience de 2004-2005.

Ainsi, pour parer à toute éventualité, la direction de la protection des végétaux a mis en place un plan d'urgence. «On avait mis en place un plan d'urgence. Un projet qui nous permettait d'envisager éventuellement les futures évasions acridiennes au Sénégal en mettant en place des scénarii.

Au cas où les criquets pèlerins arrivaient très tôt chez nous, comment, il faut réagir. Ce qu'il faut faire au cas où ils viendraient au milieu de l'hivernage et enfin au cas où ils allaient venir en fin d'hivernage. Il y a des partenaires et d'autres ministères qui sont impliqués dans ce plan d'urgence», fait-il savoir.

Aussi, poursuit-il, cette année l'accent a été mis sur le recyclage et la formation du personnel et des hommes de terrain. «Nous avons même impliqué les personnels des Drdr, de l'Ancar, de la Sodefitex et d'autres structures qui sont sur le terrain et qui nous appuient en cas d'invasion.

Avec des partenaires techniques et financiers, on a pu également acquérir pas mal de matériels nous permettant dans un premier temps de pouvoir faire face à cette future invasion», a-t-il conclu.

Plus de: Sud Quotidien

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