Cameroun: Si ce n'est pas un gag, c'est quoi d'autre ?

16 Octobre 2020

Alors que Maurice Kamto est encore assigné à résidence sans notification aucune, et en totale violation de ses droits sous le regard indigné du monde entier, le gouvernement Camerounais écrit néanmoins aux experts en droit de l'homme de l'ONU pour dire que le Cameroun est un État de droit.

Mais quelle légèreté ! Quel délire !

Yaoundé doit savoir que ces experts de l'ONU ne boivent pas de l'odontol pour se laisser abrutir aussi facilement. Ils savent que à Sangmélima au sud du pays, des Camerounais ivres de haine ont cassé, pillé et incendié impunément des boutiques appartenant à d'honnêtes citoyens. Et ce, sous le regard complaisant des forces de l'ordre et dans le silence curieux des dirigeants de ce pays. Ce qui est impensable dans un État de droit.

Ces experts savent que la gendarmette qui a tué un étudiant à Bafoussam est en liberté et n'a jamais été inquiétée. Ils savent ce qui s'est passé dans les massacres de Ngarbuh. Ils savent que la police Camerounaise tire à balles réelles sur des manifestants pacifiques et que lors des émeutes de 2008, au moins 40 Camerounais sont tombés sous les balles de ces hommes en tenue. Ce sont des faits et rien ne peut les contredire.

C'est dire si ces experts savent de quoi ils parlent quand ils parlent des violations des droits de l'homme au Cameroun. En outre, ces derniers demandent la libération de Maurice Kamto et tous les manifestants pacifiques arrêtés au Cameroun... Sans doute en raison de la légèreté du motif de leurs arrestations qui au demeurant est mal fondé au regard du droit international.

Le seul mérite de la réaction du gouvernement Camerounais au rapport accablant des experts de l'ONU, c'est de montrer une fois de plus le niveau de malhonnêteté d'un régime incapable d'assumer sa dictature. Et qui comme d'habitude, essaie de trouver refuge dans des expressions totalement étrangères a sa culture comme par exemple : État de droit, respect des lois et tous les blablablas que vous connaissez.

Après 38 ans de ténèbres, il est désormais impossible pour le peuple Camerounais qui en a souffert d'y retourner. Sa marche vers la liberté est irréversible et même la violence des armes n'y pourra rien.

Plus de: Camer.be

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