Congo-Kinshasa: Photographie - Robert Nzaou expose à domicile

interview

La crise sanitaire a affecté plusieurs secteurs d'activités à travers le monde. Si l'heure de la reprise pour certains domaines professionnels a déjà sonné, celui de la culture demeure encore aux arrêts. Les artistes voués à leur propre sort tentent de s'adapter. Selon Robert Nzaou artiste photographe, « les artistes n'ont pas d'autres choix que de se réinventer et j'en suis la preuve. Il faut relever que le coronavirus nous a appris de nouvelles manières de vivre et de travailler. Donc, nous devons faire preuve d'ingéniosité pour pouvoir s'adapter à la situation ». Entretien.

Les Dépêches du Bassin du Congo : Vous vous apprêtez à lancer une expo-photos dénommée « j'Expose chez moi » du 31 octobre au 1er novembre, pouvez-vous nous expliquer le concept ?

Robert Nzaou : Ce concept est bien évidemment né à la suite de la crise sanitaire due au coronavirus qui ne cesse de faire des victimes à travers le monde et au Congo. Les mesures de restriction prise à cet effet empêchent aux artistes que nous sommes d'exercer ou encore de vendre notre produit. Ne pouvons attendre que la situation s'améliore, cette idée de l'exposition à domicile a traversé mon esprit étant donné que toutes les espaces dédiées pour ce genre d'activités sont encore fermées ou travaille à mi-temps. A cet effet, il faut trouver des alternatives pour toujours travailler et être visible malgré le coronavirus.

Dès le 31 octobre ma maison va se transformer en galerie pour recevoir les visiteurs, les passionnés de l'art et cela se fera dans le strict respect des mesures barrières. « J'expose chez moi » est certainement le début d'une nouvelle aventure dans ma carrière.

LDBC : Cette initiative peut être considérée comme un appel aux autorités de lever les restrictions empêchant la tenue des activités culturelles ?

R.N : Cette exposition est plutôt un appel à la conscience car, dans nos sociétés, les artistes sont difficilement reconnus. Sous d'autres cieux les autorités ont fait de leur mieux pour soutenir plusieurs secteurs parmi lesquels l'art. Ce qui n'est pas le cas au Congo. C'est ainsi que j'insiste sur le fait que ceci est un appel à la conscience car les artistes ont leur place dans la société et la meilleure façon de prendre soin d'eux est de les soutenir dans leur travail avec des subventions par exemple en cette période de crise sanitaire mondiale.

LDBC : Ne pensez-vous pas que les culturels devraient se réinventer et mettre en place des plates-formes digitales pour continuer à créer ?

R.N : Tout à fait d'accord avec vous. Les artistes n'ont pas d'autres choix que de se réinventer et j'en suis la preuve. Il faut relever que le coronavirus nous a appris de nouvelles manières de vivre et de travailler. Donc, nous devons faire preuve d'ingéniosité pour pouvoir s'adapter à la situation.

Nous pouvons aussi utiliser le digital pour continuer à exposer notre art. Le seul inconvénient, selon moi, c'est que la photographie ou la peinture sont des domaines qui partagent des émotions fortes aux visiteurs quand ils sont en contact physique avec les œuvres. En ce qui me concerne, les réseaux sociaux sont un relais de mes différentes expositions.

LDBC : Comment voyez-vous la photographie aujourd'hui ?

R.N : La photographie est en pleine expansion en Afrique. Notre travail est de plus en plus reconnu à travers le monde dans de grands festivals. Aujourd'hui l'Afrique est contée par ses propres enfants et c'est formidable.

LDBC : Après cette exposition que prévoyez-vous faire ?

R.N : Pendant que je prépare cette expo, je travaille aussi sur trois livres photographiques. Le premier est « Dans ma rue », il s'agit d'un condensé de photos des citoyens lambda dans la rue ou encore d'une phrase écrite sur mur. Je travaille sur ce projet depuis 2015 et le livre rassemble près de quatre-vingts images prises dans les rues de Pointe-Noire et de Brazzaville. Il sera disponible certainement avant le mois de décembre 2020. J'aimerais aussi me lancer dans le cinéma.

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