Maroc: Les citoyens appelés à s'imprégner davantage de la culture du don d'organes pour sauver des vies

Rabat — Les citoyens sont appelés à s'imprégner davantage de la culture du don d'organes pour sauver des vies, a affirmé le médecin au service d'hématologie et d'oncologie pédiatrique au CHU Ibn Sina à Rabat, Laila Hssissen.

Dans un entretien à la MAP, à l'occasion de la journée mondiale du don d'organes, Mme Hssissen a appelé les citoyens à s'imprégner davantage de cette culture, soulignant que plusieurs vies peuvent être sauvées grâce à cette pratique.

"La greffe d'organes concerne plusieurs domaines d'application médicale, notamment l'oncologie, les pathologies rénales ou encore les grands brûlés", a affirmé la spécialiste, mettant en exergue les progrès significatifs du Maroc en termes de prélèvement et de transplantation d'organes.

Abordant les dons de cellules souches, Mme. Hssissen a indiqué qu'au Maroc, il n'existe pas de Registre de donneurs de cellules souches, notant que certains malades du cancer sont obligés de chercher un donneur compatible au sein de leur famille, en général parmi les frères ou les sœurs.

Sur le plan juridique, l'avocat agréé près la Cour de cassation, Lhoussaine Rachid a affirmé que la loi 16.98 encadre dûment le don, le prélèvement et la transplantation d'organes et de tissus humains.

Promulguée le 25 août 1999 pour réglementer le prélèvement et à la transplantation d'organes au Maroc, cette loi traite de deux formules de don, à savoir les don et prélèvement d'organes sur une personne vivante, et les don et prélèvement d'organes sur une personne décédée.

Pour le premier cas, le don d'organes concerne les descendants, les ascendants, les frères, les sœurs, les oncles et les tantes, ainsi que les conjoints après un an de mariage, tandis que le second concerne les personnes qui ont exprimé, de leur vivant, le souhait de faire don de leurs organes, ou celles qui n'ont pas exprimé d'objections à cet égard et dont le conjoint, les ascendants ou les descendants n'en expriment aucune lors de son décès.

Cette loi, qui vient ainsi renforcer la protection juridique du donateur, se veut aussi d'écarter tout risque d'escroquerie et de trafic d'organes et de tissus humains, conformément aux principes directeurs de l'OMS sur la transplantation de cellules, de tissus et d'organes humains.

Mme. Rachid a souligné que conformément à la loi 16.98, "toute personne majeure jouissant de ses pleines capacités peut, de son vivant, faire connaître sa volonté d'autoriser ou d'interdire des prélèvements d'organes sur sa personne après son décès, ou de certains d'entre eux seulement". A cet effet, il explique que le don d'organes et de tissus humains relève de la volonté et des convictions personnelles de chaque individu.

De même, le juriste précise que le tribunal doit être convaincu de la volonté libre et éclairée du donneur potentiel et assuré que le leg est effectué gratuitement et au seul profit d'un organisme habilité à recevoir les dons d'organes.

"Le donneur et les membres de sa famille ne peuvent connaître l'identité du receveur et il ne peut être divulgué aucune information susceptible de permettre l'identification de ce donneur ou du receveur", a précisé l'avocat, indiquant qu'il est nécessaire que le donneur soit complètement informé des risques inhérents au prélèvement et sur ses conséquences éventuelles.

Depuis 2005, le 17 octobre est décrété journée mondiale du don d'organes et de la greffe par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). A cette occasion, de nombreux moyens sont déployés pour sensibiliser et informer le public.

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