Cameroun: La justice maintient l'assignation à domicile de Kamto

16 Octobre 2020

Selon les avocats du président du MRC, cette décision est un déni de justice. Une plainte a été déposée contre les autorités camerounaises.

Santa Barbara à Yaoundé, le quartier où réside Maurice Kamto, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est quadrillé par la police. L'accès qui mène à son domicile l'est encore plus. Seule une autorisation judiciaire permet de se rendre chez lui.

"Depuis la nuit du dimanche 20 septembre, ma concession est sous le contrôle des forces répressives qui sont les forces mixtes de la police et de la gendarmerie lourdement équipées et qui font une démonstration inutile", explique Maurice Kamto.

Le président du MRC estime qu'"une telle démonstration est absurde puisqu'en face il n'y a qu'une pauvre famille qui ne demande qu'à vivre en paix."

Les experts des droits de l'Homme des Nations unies demandent la libératon de Maurice Kamto.

Une assignation bénéfique pour les voisins

Pour Louis René, un voisin, cette situation fâcheuse pour les militants du MRC a au moins résolu le problème d'insécurité dans le quartier.

" Si la police peut rester présente pendant longtemps, ça va nous faire du bien, ça nous met à l'abri des malfrats. Pourvu que ça dure."

Le collectif d'avocats chargé de la défense de Maurice Kamto a décidé de porter plainte contre cet enfermement qu'il considère abusif. L'examen de cette plainte s'est déroulé jeudi (15 octobre) au Tribunal de première instance de Yaoundé.

Même si l'affaire a été renvoyée, Me Meli, l'un des avocats de Maurice Kamto, pense que c'est déjà une victoire que l'État du Cameroun ait accepté de juger l'affaire.

"Il faut saluer le geste républicain de l'État du Cameroun qui accepte de se soumettre à sa justice. Nous avons vu les représentants de la DGSN, du SED, et des représentants du MINAT. Je pense qu'il faut saluer le fait que l'État du Cameroun puisse se soumette à une démarche républicaine", affirme Me Meli.

L'audience a été renvoyée au 29 octobre 2020. Les autres personnes interpellées lors des"marches pacifiques" du 22 septembre ont pour leur part été présentées devant un tribunal militaire.

Plus de: DW

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