Guinée: La peur de tensions après un vote calme

Forces de l'ordre
18 Octobre 2020

Le scrutin est dominé par le débat sur le 3ème mandat que brigue Alpha Condé. La société civile appelle au respect des résultats.

Les heures sont en temps universel, les mêmes heures en Guinée.

Retrouver ici notre émission spéciale sur le scrutin présidentiel en Guinée.

19h13: Des incidents sans extrême gravité apparente ont été rapportés dans les provinces. L'opposition dénonce des irrégularités. Le ministre de la sécurité, Albert Damantang Camara, affirme que le premier tour du scrutin présidentiel s'est déroulé "sans incident majeur" malgré "de petits problèmes avec la distanciation sociale par rapport à la Covid-19" et quelques retards d'ouverture des bureaux.

18h15: L'élection se déroule dans un climat de crispation qui fait redouter des troubles. L'opposition s'est mobilisée contre la perspective d'un troisième mandat d'Alpha Condé. La contestation lancée en octobre 2019 par le FNDC a été durement réprimée. Des dizaines de civils ont été tués.

Wanep Guinée appelle la population au calme et à "accepter les résultats qui sortiront des urnes".Son coordonnateur, François Tolno, "craint vraiment des périodes postélectorales relativement agitées".

18h07: L'antenne Guinée de Wanep a déployé 310 observateurs dans les bureaux de vote. Le coordonnateur de Wanep Guinée, François Tolno, a constaté "quelques incidents mineurs sur le terrain". Il cite des pratiques d'intimidations ou d'influence, des altercations entre des électeurs et des membres de bureaux de vote par endroits à cause de la lenteur du processus. Il ajoute que les bulletins de vote étaient insuffisants dans certains bureaux de vote de la commune de Ratoma, à Conakry, dans la commune urbaine de Siguiri. Dans cette commune, le vote avait été interrompu dans un bureau de vote. M. Tolno a constaté de l'affluence dans les bureaux de vote. Il n'y a cependant aucun chiffre officiel sur l'affluence des électeurs.

18h01: Le vote prend officiellement fin à 18h (GMT, heure locale). Les électeurs ont voté globalement dans le calme. "L'atmosphère est vraiment apaisée, le climat est apaisé. Les citoyens se mobilisent pour s'acquitter de leur droit civique", a constaté le porte-parole de la Céni, Mamady 3kaba.

17h26: Un second tour pourrait se tenir le 24 novembre prochain. Les partisans d'Alpha Condé espèrent une victoire de leur leader au premier tour, comme en 2015. Selon l'écrivain Tierno Monénembo, il peut y avoir des manifestations en cas d'une victoire au premier tour du président sortant.

17h19: Le président Alpha Condé est au pouvoir depuis 2010. Il estime avoir conduit la Guinée sur la voie du développement. Pour autant, Emmanuel Dupuy juge le bilan d'Alpha Condé peu satisfaisant.

17H : Notre grande émission spéciale a débuté. Elle est à suivre en direct ici sur le site et sur notre page Facebook.

16h53: Le porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Mamady 3kaba confirme à la DW que la candidate Makalé Camara ne peut pas voter. Tous les citoyens qui n'ont pas pris part aux opérations de révisions de la liste électorale ont été extirpés du fichier, dit-il. "Elle serait dans le même lot que tout autre citoyen guinéen qui n'aurait pas satisfait à la première recommandation du fichier électoral de 2018", souligne le porte-parole de la Céni. Il ajoute que la candidate peut être bien éligible sans être électrice.

14h36: D'après la Coceg, les agents électoraux étaient présents à 6h30 dans 84% des bureaux observés par cette coalition de la société civile. Bangaly Camara, observateur pour la maison du citoyen, une plateforme de la société civile, affirme qu' "il n'y a aucune incidence que j'ai pu rencontrer". M. Camara signale tout de même un manque de registres d'émargement dans un bureau de vote à Bonfi, dans la capitale Conakry.

14h25: Moron Mandiouf Sidibé qui estime être "le plus jeune candidat" à ce scrutin, a appelé les Guinéens à aller "voter dans la paix, dans la sérénité, dans le calme". Il espère que les élections vont se dérouler dans le respect des lois.

13h59: Le leader de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo indique avoir "enregistré des bureaux de vote où on a renvoyé des délégués et des représentants de l'UFDG à Kankan et à Kouroussa". La ville de Kankan, située à plus de 600 kilomètres de la capitale Conakry, est considérée comme un bastion du président sortant Alpha Condé. Cellou Dalein Diallo ajoute que les partisans et les patriotes guinéens désirant l'alternance n'accepteront pas une victoire d'Alpha Condé "par la ruse et la violence".

12h31: Le président sortant, Alpha Condé, a voté à l'école des sourds-muets de Boulbinet, non loin du palais présidentiel. Il a émis le souhait d'une "élection libre, démocratique, transparente et que tout se passe dans la paix et la tranquillité". "Nous appelons tous les candidats à éviter tout acte de violence", a déclaré Alpha Condé, vêtu d'un costume clair.

12h24: L'opposant Cellou Dalein Diallo, principal challenger du président sortant Alpha Condé, était dans son bureau de vote. Le président du parti UFDG entend succéder à Alpha Condé. "La population a exprimé sa confiance et sa détermination à provoquer l'alternance en ma faveur", a fait savoir M. Diallo. Il a ajouté qu'il n'y a pas de doute sur sa victoire.

12h19: La seconde candidate, Makalé Camara, n'a pas encore accompli son devoir civique. Dans une interview à la DW, Makalé Camara indique que sa carte électorale n'a pas été retrouvée."La Céni dit que je fais partie des personnes radiées", déclare-t-elle à la DW. Dénonçant "la pagaille qu'on a mise dans le fichier électoral", la candidate entend saisir la juridiction compétente.

11h57: "Le vote va se dérouler dans les meilleures conditions", insiste sur la DW Aladji Cellou Camara, porte-parole du ministère de la défense. Il ajoute que l'armée va défendre le territoire, les populations et leurs biens et espère qu'il n'y aura pas de "grosses manifestations".

11h46: L'opposant Bah Oury, membre du FNDC, boycotte le scrutin. Pour lui, ce 18 octobre est une "triste journée" pour la Guinée. Il ajoute que le pays n'a fait que sombrer sous Alpha Condé et que "le fichier électoral est corrompu".

11h14: Deux femmes figurent parmi les 12 candidats en lice. La candidate Makalé Traoré a accompli son devoir civique à Conakry. L'ancienne directrice de campagne d'Alpha Condé estime que "L'alternance est la sève de la démocratie".

11h02: Dans certains bureaux de vote, le vote a pris du retard. Dans la ville de Coyah, dans l'ouest du pays, les électeurs impatients ont manifesté leur colère.

10h38: Le président sortant Alpha Condé votera au quartier Boulbinet, à l'école des sourds-muets, situé à quelques pas du palais Sékhoutourea. Son principal challenger, Cellou Dalein Diallo, votera à Dixinn, non loin de son domicile.

09h32: L'ONG la case de veille électorale, un consortium de la société civile qui regroupe 18 organisations de la société civile déploie 310 observateurs. "Pour des élections inclusives, transparentes et apaisées 310 observateurs formés, équipés et accrédités ont été déployés dans les huit régions du pays pour le suivi d'éventuels risques de violences électorales. A ce jour, nous avons déployé 20 monétaires dans les zones à risque de violences électorales", avait décalré François Fadoua Tolno le coordinateur de Wanep Guinée.

09h10: Les Guinéens vivant en dehors du continent africain ne pourront pas participer à l'élection présidentielle.

09h05: L'ancien premier ministre Sidya Touré ne votera pas. Le leader de l'UFR n'est pas la seule figure politique ayant pris part à la présidentielle de 2015, qui manquera au rendez-vous de ce dimanche. Faya Milimouno, Lansana Kouyaté n'accompliront pas non plus leur droit civique.

09h00: Les électeurs affluents à l'école primaire de Kouroula dans la commune urbaine de Labé.

08h54: Amnesty International appelle les autorités à "protéger la sécurité de toute la population, alors que la campagne électorale a été marquée par des violences et des violations des droits humains", dans un communiqué rendu public.

08h49: Dans la commune de Ratoma, considérée comme fief de l'opposition, ils sont au total 422.607 électeurs pour 880 bureaux de votes pour cette présidentielle de 2020.

08h30: A Conakry, une forte pluie s'abat sur la capitale depuis l'aube. Malgré la pluie, certains électeurs ont déjà rallié leurs bureaux de vote.

08h24: A N'zérékoré, dans le sud, les citoyens sont mobilisés depuis 7 heures devant plusieurs bureaux de vote. Mais l'on signale un retard dans l'acheminement du matériel de vote dans certains quartiers de la ville.

08h10: A Kankan dans le centre du pays, les citoyens ont commencé à voter.

07h30: Les Guinéens ont commencé à voter. Les opérations de vote ont démarré plus d'une demi-heure avant l'heure officielle de l'ouverture des bureaux, fixée à 08H00 (GMT et locales), dans un centre électoral installé dans l'école Federico Mayor, dans le centre de Conakry où plusieurs dizaines d'électeurs faisaient la queue.

Les bureaux de vote ouvrent officiellement à 8H et ferment à 18H (heure locale et TU). Le scrutin présidentiel qui se tient ce dimanche (18.10.2020) en Guinée est l'épilogue d'un an de divisions autour d'un éventuel troisième mandat du chef de l'Etat sortant Alpha Condé.

La campagne électorale qui s'est achevée vendredi (16.10.2020) a été émaillée de propos haineux et d'attaques violentes entre partisans des deux principaux concurrents, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo.

Le meurtre, dans la nuit de jeudi à vendredi, d'un officier dans l'enceinte du camp militaire de Kindia, à une centaine de kilomètres de Conakry, suivi vendredi matin, du blocage par les forces de sécurité sans explication, de l'accès au centre de la capitale, sont venus s'ajouter à un climat déjà très tendu.

Un troisième et dernier duel

Les électeurs sont invités à choisir entre 12 prétendants. Sauf surprise, la compétition reviendra à une troisième manche entre M. Condé et M. Diallo, adversaires en 2010 et 2015.

L'opposant et ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo assure que son heure est arrivée. Alpha Condé le président sortant ne juge aucun de ses adversaires à la hauteur et accuse M. Diallo d'être comptable de la mauvaise gouvernance sous l'ancien régime. Il a fait modifier la Constitution en mars pour, dit-il, moderniser le pays. Ce changement lui permet, soutient-il, de briguer un troisième mandat parce que les pendules seraient remises à zéro.

Un cycle électoral violent

Mais la candidature d'Alpha Condé a fait descendre, depuis octobre 2019, des milliers d'opposants dans la rue. La protestation, menée par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et sévèrement réprimée, a coûté la vie à des dizaines de civils.

Lire aussi → Gilles Yabi : "L'enjeu ce n'est pas une question d'opposition vs Alpha Condé"

La Guinée est l'un des pays les plus pauvres du monde, malgré d'immenses ressources minières et hydrologiques.

L'annonce des résultats devrait prendre plusieurs jours. Un second tour aurait lieu le 24 novembre.

La répartition électorale par région (source : CENI)

Afrique : 72 344 électeurs (1%) ; Amériques : 6 096 électeurs ; Asie : 1 157 électeurs ;

Boké : 433 494 électeurs (8%) ; Conakry : 1 016 848 électeurs (19%) ; Europe : 11 346 électeurs ; Faranah : 463 280 électeurs (9%) ; Kankan : 1 173 421 électeurs (22%) ; Kindia : 706 074 électeurs (13%) ; Labé : 424 832 électeurs (8%) ; Mamou : 321 220 électeurs (6%) ; N'zérékoré : 779 977 électeurs (14%) ; Total des électeurs : 5 410 089 électeurs.

### Chiffres en 2015 selon la CENI : Kankan 370 570; Nzérékoré a 222 945, 219.466 à Conakry, Boké a 75 193 inscrits. Kindia plus de 154.548; Mamou a 66 538 inscrits. Labé a 95.990 inscrits et Faranah 114.912 inscrits.

Un test pour quatre autres pays

Cette élection, la prémière d'une série de cinq présidentielles en Afrique de l'Ouest avant fin 2020, se déroule dans un climat de crispation qui fait redouter des troubles, surtout autour de l'annonce des résultats, dans un pays accoutumé à ce que les antagonismes politiques fassent couler le sang.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a officiellement déployé une mission composée de 116 Observateurs dont 16 Experts à long terme et 100 Observateurs à court terme comprenant des représentants des Ambassadeurs accrédités près la Cédéao, du Parlement de la Cédéao, de la Cour de justice communautaire de la Cédéao, des Commissions électorales, des Organisations de la société civile, des Médias et des experts électoraux de la région formés au Centre Kofi Annan à Accra au Ghana.

Quant à la mission d'observation de l'Union africaine, elle est dirigée par l'ancien Premier ministre congolais Matata Ponyo Mapon.

La société civile guinéenne réunie au sein de la coalition citoyenne pour des élections et la gouvernance (Coceg) a déployé 750 observateurs.

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