Burkina Faso: Journées Koromba à Ouagadougou - Célébration d'une culture millénaire peu connue

Les Koromba ou Kurumba font partie d'un groupe ethnique de peuples autochtones du Burkina Faso. Aussi appelés Fulcé, ils sont en majorité originaires du Nord, du Centre-Nord et du Sahel. La culture koromba, millénaire, riche et variée est souvent mal connue.

En vue de promouvoir cette culture et les valeurs de la communauté, les 17 et 18 octobre 2020, a été organisée la 2e édition des journées des Koromba à Ouagadougou (JKO), sous le thème : « Les Koromba, histoire et patrimoine culturel ».

Comme l'année dernière, c'est le siège du FESPACO qui a été retenu pour abriter cette manifestation qui draine les communautés koromba venues des 4 coins du Burkina et du Mali.

Les Koromba du Mali étaient représentés par la troupe de musique traditionnelle de Yoro (Mali). Elle a fait une belle prestation à la cérémonie de lancement, confirmant ainsi l'existence de liens culturels historiques entre le Burkina et le Mali.

Pendant la cérémonie, une danse des masques anthropomorphes surmontés de têtes d'antilopes a été exécutée par 2 jeunes gens. La musique ésotérique les faisait bouger dans des mouvements sobres et saccadés évoquant les ambiances de rites des sociétés secrètes.

Les masques koromba ont des similitudes avec les célèbres masques dogons, car le voisinage des peuples crée inévitablement des brassages culturels.

En visitant les différents stands dressés à l'occasion, les participants ont découvert l'art culinaire, la sculpture en bois et les masques, la tradition vestimentaire, la littérature écrite koronfé, langue parlée par la communauté.

Connaissez-vous des membres de la communauté Koromba ? C'est fort possible qu'ils soient des amis ou des voisins sans que nous leur posions la question des origines.

Konfé, Komi, Sawadogo, Ganamé, Balkouma, Badini, Tao, Boena, Kergué et j'en passe sont des noms Koromba répandus. Leur fief historique est Pobé-Mengao dans la province du Soum.

On les retrouve à Arbinda, Toulfé de Namsiguia, Bourzanga, Titao. Ces derniers temps, avec la situation sécuritaire qui s'est dégradée, ils sont contraints de se déplacer vers d'autres villes du pays.

On rencontre également des Koromba dans la zone frontalière du Burkina et du Mali. Pour Alain Koeffé, qui est intervenu au nom des populations Koromba, cette manifestation est un évènement culturel qui est un grand moment de partage et d'amour.

Selon Abdoul Aziz Konfé, président du comité d'organisation des JKO et initiateur de l'évènement, il n'y a pas d'innovation majeure cette année par rapport à la 1re édition de l'an passé.

Les JKO, c'est une rencontre, héritière d'une autre manifestation qui s'était déroulée il y a une quinzaine d'années et qui avait permis à Pobé-Mengao de regrouper les Koromba du Burkina et du Mali.

Le comité d'organisation a lancé un appel à toutes les communautés du Burkina Faso à la promotion des valeurs culturelles positives selon la formule d'Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture, de sorte à contribuer à ramener une véritable cohésion sociale dans « les zones d'où le vivre-ensemble s'est enfui ».

Pour les organisateurs des JKO, la culture est un antidote à la violence du fait qu'elle nous invite à la compréhension d'autrui.

Pour Evariste Poda, représentant du ministère de la Culture, la manifestation entre en droite ligne dans les missions de son département. Il s'agit de faire en sorte que les différentes communautés puissent travailler à valoriser leur culture.

Parce que c'est dans le dialogue de nos différentes cultures qu'on peut obtenir le Burkina de paix, de cohésion et de solidarité que nous voulons.

Sébastien Yougbaré, représentant du ministre de l'Enseignement supérieur, fin connaisseur de la culture koromba, a embouché la même trompette que son homologue de la Culture pour dire que « la cohésion sociale passe par la diversité culturelle qui fait l'unité de la nation ».

Plus de: L'Observateur Paalga

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