Congo-Kinshasa: Cour Constitutionnelle - Ilunga Ilunkamba va-t-il mettre en exécution l'Instruction du Chef de l'Etat au sujet de la prestation de serment ?

Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Cours Constitutionnelle de la RDC

Durant la 53ème Réunion du Conseil des Ministres, le Président de la République a instruit le Premier Ministre et le Ministre de Relations avec le Parlement à prendre toutes les dispositions utiles pour faciliter la prestation de serment des juges de la Cour Constitutionnelle.

Le Premier Ministre qui est du FCC réprouve cette cérémonie tout comme les ordonnances qui nomment les trois juges. Quelle attitude va-t-il prendre devant un ordre aussi clair lui donné aussi officiellement que dans une réunion du Conseil de Ministre ?

Depuis qu'il est à la Primature, Ilunga Ilunkamba a fait montre de beaucoup de sagesse et de retenue. Ecartelé par les poussées extrémistes de ceux de son camp et les écarts de comportement de ceux du camp CACH, c'est sa retenue qui a jusqu'ici sauvé la coalition du naufrage annoncé. Ce fut-il agi d'un sang chaud et bouillonnant, le peuple congolais ne serait pas en train de se demander si la Coalition FCC-CACH survivrait à cette énième crise.

Malgré toute sa retenue, il se retrouvera devant la plus difficile mission lui confiée par la Présidence de la République qui déterminera aussi de son avenir politique. Que va-t-il faire ?

Obéir au Président de la République tout en sachant que son camp réprouve la démarche qui ne pourra pas être bien perçue dans son camp. Pour les Thuriféraires de son camp, rien que l'entame de l'exécution de cette démarche serait considéré comme une trahison à l'égard du FCC. Il ne faudra pas non plus attendre plus de zèle de la part du Ministre chargé de Relations avec le Parlement. Ce sont eux qui lui demanderaient de démissionner.

Ne pas obéir à l'instruction du Président de la République scellerait également son sort comme Premier Ministre. Comment est-ce que le Président de la République pourra continuer à travailler avec quelqu'un qui aura désacralisé la fonction de Président de la République en refusant d'exécuter une instruction aussi clairement donnée.

On se rappellera qu'à deux reprises, alors que le Président de la République avait posé des actes que le FCC désapprouvait, ce fut lui qu'ils envoyèrent au-devant de la scène, et qui réagit par un communiqué d'un chargé de presse qui exprimait, comme tout congolais, sa surprise devant les ordonnances de la Présidence. Cette manière de faire avait été diversement analysée par les observateurs politiques du pays. Pour certains, il aurait simplement demandé audience au Président de la République et aurait eu une discussion franche avec lui pour lui exprimer ses réserves. Il avait fait montre d'un manque de courtoisie certain. Il aurait tout aussi bien démissionné parce qu'il n'avait pas approuvé l'action du Président.

Pour d'autres, c'était sa manière à lui de montrer sa loyauté au FCC qui n'aurait pas compris un silence ou une action non médiatisée de sa part. Dans tous les cas, il avait réagi et cela avait un peu refroidi ses relations avec le Président de la République.

Le voici placé devant le même problème une fois de plus. Est-ce que la réaction du FCC partira de lui ou d'un autre ?

Il y a un risque pour le FCC de le placer devant le feu de l'action, surtout si la stratégie adoptée n'est pas la rupture immédiate et sans condition avec CACH. Parce que c'est-ce qui risque d'arriver si c'est lui qui est choisi pour conduire la réaction du FCC. Le Président n'aura d'autres recours que de lui demander de lui remettre sa démission. Le désaccord entre lui et le Président sera tellement grand qu'il serait difficile qu'il le passe sous silence. Le Prestige du Président est désormais engagé dans cette affaire et il lui sera difficile dans le futur de travailler avec quelqu'un qui aurait décidé de plein gré d'outrepasser ses ordres.

En définitive, la balle est dans le camp du FCC qui devrait décider du sort à réserver à l'accord qui le lie au CACH. Si malgré tout la coalition survit à cette crise, les relations dans la coalition seront désormais des relations de méfiance, guettant le moindre faux pas de la partie en face.

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