Congo-Kinshasa: Le Député Eliezer Ntambwe s'explique sur sa proposition de loi portant création de l'Ordre des sages-femmes

Dans le cadre du lobbying pour la réglementation de la profession sage-femme en République démocratique du Congo, il s'est tenue samedi 17 octobre 2020 à l'immeuble Reine de la paix, à Kinshasa, une matinée parlementaire sur la sensibilisation des Députés nationaux et leaders d'opinion sur la nécessité et l'urgence de doter cette profession d'une loi qui la réglemente.

A cet effet, la proposition de loi portant création de l'Ordre des sages-femmes en RDC, faite par l'honorable Eliezer Ntambwe Mposhi, qui vient pour combler ce gap, a été mise sur la table au cours de ces assises. Renchérie par les élus nationaux, cette proposition de loi sera incessamment présentée au niveau de l'Assemblée nationale pour qu'une fois votée, elle puisse garantir des accouchements sécurisés et éviter la mortalité maternelle qui, selon les statistiques, fait plus de dégâts que la covid-19 et l'Ebola.

En effet, actuellement, la sage-femme travail dans un cadre juridique vide d'une règlementation et régulation propre à la profession. Sur les trois professions filles d'Hippocrate dont la médecine et la chirurgie dentaire, seule la profession sage-femme est sans une règlementation propre en RDC.

Selon la Société Congolaise de la pratique Sage-femme (SCOSAF), si les services fournis par les sages-femmes sont disponibles et accessibles à la totalité des femmes et de nouveau-nés qui en ont besoin, les sages-femmes peuvent aider à prévenir deux tiers du nombre total des décès maternels et la moitié de tous les décès néonatals. Ce, à condition qu'elles soient bien formées, bien équipées, reçoivent un soutien adéquat et soient réglementées.

Les avantages de la proposition de loi

Pour l'honorable Eliezer Ntambwe qui propose un cadre allant dans ce sens, une loi est votée en fonction des besoins. Et donc, l'on propose une loi quand il y a un problème. "Chaque heure, il y a au moins 3 femmes qui meurent lors de l'accouchement, cela doit nous interpeller. Nous négligeons ces femmes qui meurent... il y a un problème. Nous existons parce qu'il y a une femme qui nous a porté. Raison pour laquelle nous avons proposé qu'il y ait un cadre adapté", a-t-il souligné.

Une initiative très applaudie par les différentes organisations nationales et internationales présentes, mais surtout les Députés nationaux qui, d'ailleurs, ont davantage nourri cette proposition de loi avec plusieurs idées, question de mieux organiser la pratique Sage-femme en République démocratique du Congo. "C'est l'Ordre qui va intimer l'ordre, afin que l'ordre soit établi. Il est vraiment important d'organiser ce secteur avec beaucoup de caractère, vu l'expérience vécue en rapport avec d'autres Ordres qui ont existé. On peut améliorer et avoir un bon texte qui va réguler la profession de sage-femme", a laissé entendre l'auteur de la proposition de loi.

Parmi les particularités de la proposition de loi du Député national Eliezer Ntambwe, il ressort la nécessité selon laquelle ne peut être sage-femme que la personne qui a suivi une formation quant à ce, bien loin de l'improvisation. Mais aussi, une maternité ne peut voir le jour sans la présence d'une personne spécialisée dans le domaine. "Nous avons voulu que toute personne qui presterait dans ce secteur soit légalement reconnue. Ce n'est pas un laisser-aller où quelqu'un pose un acte, peut s'enfuir sans qu'on ait la possibilité de l'identifier. Compte-tenue de l'expérience antérieure, nous avons dit qu'on doit actualiser par rapport à ce qu'on a vu. Et la loi que nous proposons a vraiment de l'innovation par rapport à cette actualité", a rassuré l'Honorable Ntambwe Mposhi.

La prochaine étape, ce sont des rencontres qu'il faudra organiser notamment, avec le Secrétariat Général à la Santé, afin d'enrichir davantage le texte et baliser la voie avant le débat général au Parlement. "C'est pour nous éviter un long débat sur une chose si simple", a-t-il déclaré.

Appui de l'UNFPA au programme sage-femme

Le PNSR démontrant les avantages de réglementer cette profession, a souligné que la pratique professionnelle des sages-femmes se doit d'être animée par un certain nombre de valeurs essentielles et indispensables à sa pratique. Il s'agit du respect et la confiance dans le processus physiologique de la grossesse et de l'accouchement, mais aussi la confiance dans la compétence et l'autonomie des femmes.

Ils ont relevé le fait que vouloir baisser la mortalité maternelle et infantile dans le pays où la sage-femme est additionnelle ou à l'écart de la santé maternelle et infantile, reste une utopie et un grand coup d'épée dans l'océan.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) qui apporte un appui considérable au programme sage-femme, met les moyens en jeu pour la redynamisation de l'association des sages-femmes au niveau national et un appui à la mise en place des associations provinciales. Aussi, il appui le plaidoyer en vue de la création d'un environnement favorable à la profession Sage-femme.

Dans le cadre de ses interventions sur le pilier réglementation, l'UNFPA apporte son appui à l'élaboration de l'avant-projet de loi sur la profession sage-femme ainsi qu'à la sensibilisation des décideurs, législateurs et des leaders d'opinion.

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.