Sénégal: Guérie du cancer - Thiané Ndiaye raconte sa longue lutte

19 Octobre 2020

L'enseignante Thiané Ndiaye a présenté, samedi dernier, au siège de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca), son livre intitulé « Malades du cancer : L'œil d'une patiente ».

Dans cet ouvrage, elle raconte sa souffrance pour avoir été atteinte du cancer du sein, la prise en charge de la maladie pour redonner de l'espoir à tous celles qui souffrent actuellement de ce mal.

Un élégant sourire illumine son visage. Thiané Ndiaye, enveloppée dans une jolie robe mauve, un châle noir sur la tête, distribue des gestes de sympathie à ses proches. Le stylo à la main droite, signe sans cesse des dédicaces pour les nouveaux acquéreurs de son livre intitulé « Malades du Cancer : l'œil d'une patiente ».

Ce sont des années de galère, de hantise, de souffrance qui sont couchées sur 149 pages. Ces durs moments d'une si jeune vie ont commencé en 2014. Âgée de quarante ans à l'époque, la dame voilée au sourire permanent est dépistée positive au cancer du sein.

C'est le début du tour des hôpitaux de Dakar et celui de Kaolack. La « surprenante» nouvelle la confronte à un gros désespoir, puisque pensant tout le temps à la mort. L'avenir de ses trois enfants taraudait également son esprit.

Un drame psychologique venu se greffer aux difficultés de prise en charge et aux nombreux déplacements. « J'ai paniqué lorsque j'ai appris la terrible nouvelle. J'ai cru que j'allais mourir. J'ai aussitôt pensé à mes si jeunes enfants.

Comment allaient-ils avoir un bel avenir sans moi. La plus petite avait trois ans, la plus âgée en avait six. J'ai été victime de la croyance populaire selon laquelle le cancer rime avec la mort. Du coup, je ne croyais pas que j'allais survivre », confie Thiané, le visage gai, malgré l'émotion.

Après des années de traitement, elle s'est relevée. Les longues journées d'angoisse sont aujourd'hui derrière elle. L'un de ses premiers réflexes était de partager son expérience de malade.

Son œil a reproduit les scènes vécues ou vues dans les couloirs des centres de prise en charge. « Généralement, on vit des expériences qu'on ne partage pas, alors que c'est très important de s'en ouvrir aux autres », est-elle convaincue.

Arc-boutée à l'éducation et à la formation, Thiané Ndiaye est professeur de Philosophie. Antérieurement, elle a fourbi ses armes dans la presse, avec neuf années de pratique aux quotidiens d'informations « Le Témoin » et « Le Messager », après des formations à l'Institut supérieur des sciences de l'information et de la communication (Issic) et au Centre d'études des sciences et techniques de l'information (Cesti), dans la promotion 2013 du Fonds d'aide à la presse.

« Ma souffrance, celle des autres »

Sa plume n'extériorise pas uniquement ses souffrances de malade, elle exhibe également les difficultés d'accueil et de prise en charge des autres malades du cancer.

« Les gens ont tendance à croire qu'il est impossible de guérir du cancer à cause du taux de décès qui est de 70%, alors qu'on peut bel et bien survivre si l'on est très tôt dépisté.

Ce qui n'est pas toujours évident à cause des difficultés économiques. Une mammographie dans les hôpitaux publics coûte 40.000 FCfa. Quand on écrit, on sort sa souffrance et celle des autres », argumente Thiané Ndiaye.

L'enseignante fait également de cet ouvrage une thérapie qui montre qu'il y a de l'espoir à côté de la souffrance. « Je veux leur dire que c'est toujours possible de se relever », indique-t-elle.

À ses côtés, dans ces moments difficiles, il y avait son chimiothérapeute, Dr Doudou Diouf. Le professionnel de santé s'est félicité de cette production, car dit-il, beaucoup de médecins ont parfois envie d'écrire, de raconter les moments passés à côté des patients, qui deviennent souvent des amis.

« J'espère que cet ouvrage va améliorer l'organisation dans les hôpitaux et la prise en charge. Il aura également le mérite de faire comprendre aux malades que le cancer n'est pas une honte, mais une maladie à traiter », a souligné Dr Diouf.

Pour la présidente de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca), Dr Fatma Guenoune, la production de Thiané Ndiaye constitue une thérapie, qui montre que le cancer est un combat qu'il faut gagner.

À l'en croire, il doit également servir aux administrateurs des hôpitaux afin d'apporter des changements dans l'organisation et la communication.

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