Congo-Kinshasa: Covid-19 - Le RACOJ alerte sur le risque d'occulter la lutte contre les autres virus existants

19 Octobre 2020

En synergie d'actions avec les organismes Impact Santé Afrique (ISA), GFAN et CS4ME, le Réseau des Associations Congolaises des Jeunes (RACOJ) et d'autres organisations de la société civile congolaise du secteur de la santé, dont ROLP, Association des Jeunes pour le Développement du Congo (ASOJEDEC), Si Jeunesse Savait(SJS), Jeunesse Congolaise Vers la Voie du Savoir (JCVS), Club des Amis Damien) CAD et Réseau des Journalistes et Communicateurs pour la Population et le Développement (RCP/Médias), interpellent les Etats et gouvernements africains à engager des fonds et des actions porteuses d'espoir, afin de mettre un terme à la propagation de la Covid-19 sur le continent, tout en renforçant la lutte contre les autres pathologies virales et infectieuses existantes, notamment le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Ce vaste mouvement associatif de revendication et d'activisme porté en RDC par le RACOJ avec ses partenaires ISA, GFAN et CS4ME, attire l'attention de l'Afrique sur l'incidence particulièrement importante que le coronavirus a aujourd'hui sur tous les secteurs vitaux et la problématique qu'elle suscite avec le risque grandissant d'occulter la lutte contre les autres virus existants.

Car, depuis son apparition, la Covid-19 frappe des individus et tue énormément dans le monde. Ce virus a porté un coup dur à l'école, au monde professionnel, au tourisme, aux voyages, à la spiritualité, aux milieux d'affaires, aux espaces de loisirs, tout en exacerbant la détresse psychologique de nombreux individus. Pour y faire face, le monde a dû se conformer au rituel du port de masque, de lavage et désinfection des mains, de respect de la distanciation sociale et de prélèvement régulier de la température corporelle, etc.

Sans doute, la Covid-19 a rappelé aux humains leur fragilité face aux pathologies et catastrophes mais aussi et surtout leur manque d'anticipation ainsi que la relégation par eux de la santé publique au second plan. Voilà qui explique avec étonnement le relâchement des efforts entrepris depuis des lustres contre le VIH, la tuberculose et le paludisme qui, pourtant, demeurent toujours aussi meurtriers que la Covid-19 et exigent, plus que par le passé plus de coordination et des moyens financiers pour une lutte innovante.

Des statistiques plus qu'éloquentes

Un rapport de modélisation du partenariat «Halte à la tuberculose» indique à suffisance que l'incidence mondiale de la tuberculose et les décès dus à cette maladie en 2021 augmenteraient pour atteindre des niveaux qui n'ont pas été observés depuis 2013 et 2016 respectivement - ce qui implique un recul d'au moins 5 à 8 ans dans la lutte contre la tuberculose, en raison de la pandémie de Covid-19.

Pour sa part, l'ONUSIDA a publié un rapport qui indique que la lutte contre le VIH pourrait encore reculer de 10 ans ou plus, là où la Covid-19 a provoqué des graves perturbations. Cela vaut également pour les programmes de prévention du paludisme qui ont été brutalement interrompus, notamment au travers de la distribution tardive des moustiquaires imprégnées d'insecticides.

Les Etats et les gouvernements appelés à accélérer le rétablissement des services pour la maîtrise du fardeau de la maladie

Le consortium des ONG africaines impliquées dans la campagne estime que les mesures visant à atténuer l'impact de la Covid-19 sur le VIH, la tuberculose et le paludisme devraient impliquer une combinaison d'engagement communautaires intensifs et de maintien de la sensibilisation à l'importance des services pour vaincre les trois maladies dans le contexte de la riposte contre la Covid-19.

Dès lors, souligne le consortium, les programmes doivent identifier et traiter les inégalités entre les sexes dans leur conception et leur réponse. Une approche consisterait à faire participer les femmes de manière significative, en soutenant les services des soins de santé primaires nécessaires pour réduire la mortalité infantile et maternelle, en motivant les soignants qui sont pour la plupart des femmes, œuvrant au chevet des malades de la Covid-19 et des victimes d'autres pathologies.

Un accès équitable aux nouvelles technologies contre la Covid-19.

Cela est un fait, la Covid-19 n'est pas la dernière pandémie. Peut-être que la prochaine trouvera la communauté internationale mieux préparée, dotée de systèmes de santé solides et résistants, axés sur les soins de santé primaires et fondés sur des réseaux de santé communautaire solides, respectueux des droits humains, centrés sur le bien-être de la personne.

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