Guinée: Les questions qui se posent en ce début de semaine après le vote

19 Octobre 2020
analyse

Les Guinéens sont allés voter dimanche pour choisir leur prochain président. La DW revient ce lundi sur les enjeux de ce scrutin et le programme à venir.

Un pays de 12 à 13 millions d'habitants, près de cinq millions et demi de personnes appelées aux urnes : les Guinéens ont voté ce dimanche 18 octobre pour élire leur prochain président. Une élection qui s'est semble-t-il déroulée sans incident majeur, malgré des problèmes dans les bureaux par endroit et les dizaines de morts pendant la campagne.

Les résultats officiels ne sont pas encore connus. Pour patienter, la DW vous propose de revenir sur les principales informations à retenir et répond aux principales questions qui entourent le scrutin.

Combien de candidats sont en lice ?

Douze candidats étaient en lice. Alpha Condé, président sortant de 82 ans, qui brigue un troisième mandat contesté, a pour principal challenger Cellou Dalein Diallo. L'ancien premier ministre, sous Lansana Conté est à la tête de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG).

En 2010, il était arrivé en tête du premier tour, avant d'être battu. Il avait subi également une défaite également en 2015, face à l'actuel président sortant.

Dix autres candidats, dont deux femmes, Makalé Traorté et Makalé Camara, sont en lice. La seconde n'a d'ailleurs pas pu voter dimanche, comme nous vous le racontions dans notre direct ce dimanche sur notre site.

Le plus jeune candidat, Laye Souleymane Diallo, est âgé de 37 ans et le chef du Parti de la liberté et du progrès (PLP) se veut le candidat de la jeunesse, comme il le déclarait encore dans notre émission spéciale en direct dimanche soir. Ibrahim Abé Sylla, Abdoul Kabélé Camara, Ousmane Doré, Abdoulaye Kourouma, Mandiouf Mauro Sidibé et Bouya Konaté complètent la liste des candidats.

Comment s'est déroulée la journée du vote ?

Le vote du 18 octobre s'est déroulé sans incidents majeur. Mais dès dimanche après-midi, l'opposition dénonçait "des bourrages d'urnes" et des "obstructions" dans des bureaux de vote. Le gouvernement parle d'incidents sans grande gravité.

La société civile s'est fortement mobilisée pour surveiller le déroulement du vote. Les observateurs font eux aussi état d'une grande affluence,et de certains incidents.

"On a remarqué certaines pratiques d'intimidation ou d'influence, des manques de bulletins de vote ou des interruptions de vote dans certains bureaux", rapportait, dans notre matinale de 7hTU ce lundi, François Tolno, le coordonnateur de Wanep-Guinée, un réseau qui avait déployé 310 observateurs sur le terrain ce dimanche.

Pour quand sont attendus les résultats ?

Dans un communiqué ce lundi 19 octobre, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) rappelle "qu'elle est la seule habilitée à rendre public la totalisation globale des résultats provisoires dans un délais maximum de 72 heures à compter de la date de réception du dernier PV (procès-verbal) des commissions administratives de centralisation des votes (CACV)."

Reste à savoir quand cela se fera. Ce sera "l'affaire d'une semaine", selon le premier ministre Kassory Fofana.

Y aura-t-il des résultats partiels avant ?

C'est tout le problème... Certains médias ont déjà, dès dimanche soir, publiés certains résultats. Des résultats parfois favorables à Cellou Dalein Diallo, qui auraient provoqué des manifestations de joie à Conakry notamment. "L'affrontement a été évité de justesse", s'inquiète le ministère de l'Information. La Haute autorité de la communication a même suspendu, pour un mois, le site d'information Guinéematin.com après diffusion en direct sur les réseaux sociaux des opérations de dépouillement.

Après la tension qui a marqué la campagne, le camp de Cellou Dalein Diallo répète sa peur des fraudes. Ainsi, l'UDFG veut publier, sans attendre la Céni, des résultats compilés par ses soins.

Devancer la Céni reviendrait à mettre de "l'huile sur le feu", répond, cité par l'Agence France Presse, le premier ministre Kassory Fofana, qui est aussi directeur de la campagne du président sortant. "C'est créer les conditions d'une situation de dégradation qui va échapper à tout contrôle". Si un second tour est nécessaire, il devrait se tenir le 24 novembre.

Pourquoi craint-on des tensions ?

Pendant le scrutin, les appels à la haine ethnique et les violences se sont multipliées. "Cette élection n'est pas seulement une élection, c'est comme si nous étions en guerre", avait par exemple déclaré le président sortant Alpha Condé. Des incidents qui avaient provoqué une mise en garde de Michelle Bachelet, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme.

Dans une interview sur notre antenne, le sociologue guinéen Mamadou Sounoussy Diallo confirmait qu'il est "difficile d'avoir une campagne électorale sur la base d'un débat démocratique en Guinée, car les candidats s'appuient sur l'instrumentalisation de la population".

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