Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point ‎presse sur la Covid-19 - 16 octobre 2020‎

Les résultats préliminaires de l'essai Solidarity indiquent désormais que les deux autres médicaments de l'essai, à savoir le remdesivir et l'interféron, ont peu ou pas d'effet sur la prévention des décès dus à la COVID-19 ou sur la réduction du nombre de jours d'hospitalisation des patients.

Pour l'instant, la dexaméthasone, un corticostéroïde, constitue toujours le seul traitement ayant démontré une efficacité contre la COVID-19, chez les patients atteints de la forme grave de la maladie.

Si le nombre de décès notifiés en Europe la semaine dernière correspond toujours à moins du quart du nombre signalé au cours de la semaine la plus difficile du mois de mars, les hospitalisations augmentent et de nombreuses villes indiquent qu'elles atteindront leur capacité maximale de lits dans les unités de soins intensifs dans quelques semaines.

Au cours de l'hiver cette année dans l'hémisphère sud, le nombre de cas de grippe saisonnière et de décès enregistrés ont été inférieurs aux chiffres habituellement enregistrés du fait des mesures mises en place pour endiguer la COVID-19. Toutefois, nous ne pouvons pas supposer que cela sera le cas pendant la saison de la grippe dans l'hémisphère nord.

La demande de vaccins antigrippaux pourrait dépasser l'offre dans certains pays. Par conséquent, le Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination a recommandé que, parmi les cinq groupes à risque, les agents de la santé et les personnes âgées constituent les groupes prioritaires pour la vaccination contre la grippe pendant la pandémie de COVID-19.

Un autre outil peu utilisé est le recours aux antiviraux pour traiter les personnes atteintes de la grippe. Nous encourageons l'ensemble des pays à utiliser tous les outils à leur disposition.

Nous célébrons aujourd'hui la Journée mondiale de l'hypertension. Afin de soutenir les pays afin qu'ils prennent des mesures de lutte contre les maladies cardiovasculaires, l'OMS a mis au point le dispositif HEARTS, qui présente les six éléments nécessaires pour faire face aux menaces pour la santé cardiaque, y compris l'hypertension.

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir. ‎

Il y a six mois, l'OMS a lancé l'essai Solidarity pour évaluer l'efficacité ‎de quatre médicaments pour le traitement de la COVID-19.‎

L'essai Solidarity est le plus grand essai contrôlé randomisé au monde ‎de traitements anti-COVID-19, impliquant près de 13 000 patients ‎dans 500 hôpitaux et 30 pays.‎

En juin, nous avons annoncé mettre fin au volet hydroxychloroquine ‎de l'étude, et en juillet nous avons annoncé l'interruption du ‎recrutement de patients devant recevoir la combinaison ‎lopinavir/ritonavir. ‎

Les résultats provisoires de l'essai Solidarity indiquent désormais que ‎les deux autres médicaments de l'essai, à savoir le remdesivir et ‎l'interféron, ont peu ou pas d'effet sur la prévention des décès dus à la ‎COVID-19 ou sur la réduction du nombre de jours d'hospitalisation des ‎patients. ‎

Nous espérons que les résultats complets seront bientôt publiés dans ‎une revue scientifique réputée. ‎

Nous tenons à remercier tous les patients et cliniciens qui ont ‎participé jusqu'à ce jour à cette étude sans précédent, ainsi que les ‎pays et les hôpitaux qui ont financés les coûts de l'essai.‎

L'essai Solidarité recrute encore environ 2000 patients chaque mois et ‎évaluera d'autres traitements, notamment les anticorps monoclonaux ‎et les nouveaux antiviraux. ‎

Pour l'instant, la dexaméthasone, qui est un corticostéroïde, constitue ‎toujours le seul traitement ayant démontré une efficacité contre la ‎COVID-19, chez les patients atteints de la forme grave de la maladie.‎

Beaucoup d'autres essais thérapeutiques en cours ont été recensés ‎dans le cadre de la Feuille de route en matière de recherche-‎développement sur la COVID-19.‎

Grâce à l'accélérateur ACT, l'OMS reste totalement déterminée à ‎accélérer le développement de vaccins, de produits de diagnostic et de ‎traitement contre la COVID-19, et à assurer leur répartition équitable. ‎

Dans cet esprit, nous saluons les efforts visant à élargir l'accès aux ‎tests, aux traitements et aux vaccins liés à la COVID-19, tels que la ‎récente proposition présentée par l'Afrique du Sud et l'Inde à ‎l'Organisation mondiale du commerce, et consistant à renoncer aux ‎brevets sur les produits médicaux concernant la COVID-19 jusqu'à la ‎fin de la pandémie. ‎

Mettre fin à la pandémie commence par la collaboration et le partage ‎à tous les niveaux en tant que communauté mondiale. ‎

Il s'agit notamment du partage des données, des connaissances et de ‎la propriété intellectuelle concernant des produits de santé essentiels ‎et vitaux. ‎

C'est la raison pour laquelle l'OMS et le Costa Rica ont lancé, à la fin ‎du mois de mai dernier, le Groupement d'accès aux technologies ‎contre la COVID-19, ou C-TAP, une initiative volontaire qui permettrait ‎de partager et de répartir équitablement les bénéfices de la recherche ‎scientifique. Et nous souhaiterions saisir cette occasion pour remercier ‎l'Afrique du Sud et l'Inde.‎

À l'approche de l'hiver dans l'hémisphère nord, les cas de COVID-19 ‎augmentent à l'échelle mondiale, en particulier en Europe où les pays ‎prennent des mesures pour endiguer la maladie, et de nombreuses ‎personnes ressentent une certaine lassitude que l'on peut aisément ‎comprendre, par rapport aux perturbations que la pandémie entraîne ‎sur leur vie et à leurs moyens de subsistance.‎

La semaine dernière, le nombre de cas signalés en Europe a été ‎presque trois fois supérieur aux chiffres enregistrés lors du premier pic ‎en mars. ‎

Si le nombre de décès notifiés en Europe la semaine dernière ‎correspond toujours à moins du quart des chiffres signalés lors de la ‎semaine la plus difficile, en termes de cas enregistrés, du mois de ‎mars, les hospitalisations augmentent et de nombreuses villes ‎indiquent qu'elles atteindront leur capacité maximale de lits dans les ‎unités de soins intensifs dans quelques semaines.‎

Chaque lit d'hôpital occupé par un patient atteint de COVID-19 est un ‎lit qui n'est pas disponible pour une autre personne souffrant d'une ‎autre affection ou maladie, comme la grippe.‎

Chaque année, on enregistre jusqu'à 3,5 millions de cas graves de ‎grippe saisonnière dans le monde, et jusqu'à 650 000 décès dus à des ‎affections des voies respiratoires. ‎

Au cours de l'hiver de cette année dans l'hémisphère sud, le nombre ‎de cas de grippe saisonnière et de décès a été inférieur aux chiffres ‎habituellement enregistrés du fait des mesures mises en place pour ‎endiguer la COVID-19.‎

Toutefois, nous ne pouvons pas supposer que cela sera le cas pendant ‎la saison de la grippe dans l'hémisphère nord. ‎

La cocirculation des virus grippaux et du virus de la COVID-19 peut ‎représenter des défis pour les systèmes de santé et les établissements ‎de santé, étant donné que les deux maladies présentent de nombreux ‎symptômes similaires. ‎

C'est pourquoi l'OMS collabore avec les pays en vue d'adopter une ‎approche holistique en matière de préparation, de prévention, de ‎traitement de toutes les maladies respiratoires et de lutte contre ‎celles-ci, y compris la grippe et la COVID-19. ‎

Bon nombre de ces mêmes mesures efficaces de prévention de la ‎COVID-19 sont également efficaces pour prévenir la grippe, et il s'agit ‎notamment de la distanciation physique, de l'hygiène des mains, du ‎fait de se couvrir la bouche quand on tousse, de la ventilation et du ‎port du masque. ‎

Et bien que nous ne disposions pas encore de vaccin sûr et efficace ‎contre la COVID-19, nous disposons de vaccins sûrs et efficaces contre ‎la grippe.‎

L'OMS recommande la vaccination contre la grippe pour cinq groupes ‎cibles : les femmes enceintes, les personnes souffrant de problèmes de ‎santé sous-jacents, les personnes âgées, les agents de santé et les ‎enfants. ‎

Ces groupes demeurent des cibles importantes qui doivent être ‎vaccinées contre la grippe. ‎

Toutefois, l'un des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui ‎est que la demande de vaccins antigrippaux pourrait dépasser l'offre ‎dans certains pays. ‎

Par conséquent, le Groupe stratégique consultatif d'experts sur la ‎vaccination a recommandé que, parmi les cinq groupes à risque, les ‎agents de la santé et les personnes âgées constituent les groupes ‎prioritaires pour la vaccination contre la grippe pendant la pandémie ‎de COVID-19.‎

Un autre outil peu utilisé est le recours aux antiviraux pour traiter les ‎personnes atteintes de la grippe. Nous encourageons l'ensemble des ‎pays à utiliser tous les outils à leur disposition.‎

Enfin, nous célébrons aujourd'hui la Journée mondiale de ‎l'hypertension. ‎

Cette journée a une signification personnelle pour moi, car je fais ‎partie des 1,13 milliard de personnes dans le monde vivant souffrant ‎d'hypertension. ‎

J'ai accès à des soins médicaux efficaces. Mais beaucoup d'autres ‎personnes souffrant d'hypertension ne sont pas aussi chanceuses. ‎

À l'échelle mondiale, 9 personnes souffrant d'hypertension sur 10 ne ‎sont pas sous contrôle médical, et 2 personnes souffrant ‎d'hypertension sur 5 ne savent pas qu'elles en sont atteintes.‎

Les personnes souffrant d'hypertension sont exposées à un risque ‎accru de cardiopathies, de lésions rénales et d'accidents vasculaires ‎cérébraux, ainsi que de maladies graves et de décès dus à la COVID-‎‎19 ; et la pandémie a perturbé les services de prise en charge de ‎l'hypertension dans plus de la moitié des pays.‎

Afin de soutenir les pays pour qu'ils prennent des mesures de lutte ‎contre les maladies cardiovasculaires, l'OMS a mis au point le ‎dispositif HEARTS, qui présente les six éléments nécessaires pour faire ‎face aux menaces pour la santé cardiaque, y compris l'hypertension.‎

‎ ‎

La pandémie de COVID-19 prendra fin. Mais plus d'un milliard de ‎personnes resteront atteints d'hypertension. ‎

Même si nous concentrons nos efforts sur la nécessité de mettre fin à ‎la pandémie, nous ne devons pas oublier que la COVID-19 n'est qu'une ‎menace pour la santé parmi tant d'autres.‎

Et c'est pourquoi la vision de l'OMS consiste toujours à garantir à ‎chacun le droit de jouir du meilleur état de santé qu'il est capable ‎d'atteindre, et ce partout dans le monde, à savoir la santé pour tous.‎

Je vous remercie.‎

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.