Congo-Kinshasa: Rapport Mapping - Le document débattu au cours d'une conférence à Kinshasa

Le panel d'exposants a donné, au cours de la conférence, des éléments-clés sur ce qu'il faut savoir de ce document qui date de dix ans et qui fait couler beaucoup d'encre et de salive depuis un certain temps.

Le magazine la renaissance africaine a organisé, le 17 octobre, une conférence-débat sur la problématique du Rapport Mapping. C'était à l'occasion de la dixième année de sa publication et de l'intérêt soudain que suscite ce dernier à l'interne tout comme à l'externe. Cet exercice est également motivé par le fait que les langues se soient déliées pour plaider que justice soit faite en vue d'honorer la mémoire des victimes mais aussi de rétablir dans leurs droits celles qui sont encore vivantes et établir les responsabilités de ces atrocités.

Pour atteindre cet objectif, les organisateurs ont prévu un panel d'orateurs, chacun abordant une thématique précise tout en restant dans le thème principal «Le Rapport Mapping enjeux et défis ». Prenant la parole en premier, l'initiateur de l'évènement, Freddy Mulumba, a peint le tableau de la situation politique actuelle du pays, notamment la guerre dans l'Est, la récente instauration avortée de Minembwe en commune rurale, etc. Tous ces éléments évoqués sont, d'après lui, des pures inventions des multinationaux pour distraire l'élite congolaise afin de nuire à la République démocratique du Congo (RDC).

Le deuxième intervenant, le Pr Tshikoji Bumba, a penché sur l'absence des intellectuels au Congo. Il a justifié son affirmation par l'incapacité de ceux qui sont regardés comme tels à réfléchir pour produire des solutions adéquates face aux différents problèmes qui assaillent le pays. En outre, l'orateur a appelé l'assistance à la vigilance citoyenne face à la désinvolture des autorités quant aux vraies questions de l'heure.

A son tour, une Congolaise, ancienne diplomate ayant évolué au sein des Nations unies, Mme Angel Makombo, a, dans intervention, martelé sur les dessous des cartes, en explicitant le pourquoi de l'indifférence de la communauté internationale sur ce document avant, et le dévouement qu'elle affiche sur ce dernier après l'alternance au sommet de l'Etat en RDC. Pour cette Congolaise, ce comportement n'est pas anodin. « La communauté internationale ne mettait pas trop des projecteurs sur le Rapport Mapping parce qu'elle l'utilisait comme outil de chantage auprès du régime passé, mais aussi parce qu'avant, elle le soutenait.

Mais maintenant elle y met plus des projecteurs parce qu'elle a choisi son camps », soutient-elle. Et de poursuivre que les Congolais devraient cesser de crier sur le toit la responsabilités des multinationaux pour regarder nos voisins les yeux dans les yeux en vue d'apporter une paix pérenne dans nos frontières, notamment dans l'Est, car ces derniers se plaignent de vivre dans des conditions exiguës alors qu'au Congo, il y a encore des zones non habitées mais qui sont pourtant habitables. Dans sa conclusion, Angel Makombo a insisté sur l'importance de la vulgarisation dudit rapport pour que le Congolais lambda puisse comprendre de quoi il s'agit lorsqu'on parle du Rapport Mapping, de Minembwe et consorts.

Le juriste Hubert Tshiswaka a, quant à lui, mené une réflexion sur le probable choix à faire entre la création d'un tribunal pénal international pour le Congo et la mise en place d'une justice transitionnelle qui serait instituée par une loi au niveau de l'Assemblée nationale. Il a, dans son discours, mis à nu les faiblesses d'une telle manœuvre. « C'est que généralement ce sont les vainqueurs qui s'érigent en des juges des vaincus et le droit n'est pas dit. Plutôt, c'est l'anarchie », a-t-il expliqué. Pour lui, il faudrait une loi et une volonté forte pour accompagner cette démarche. De son avis, il est plus souhaitable à recourir à celle-ci en attendant d'acquérir la puissance diplomatique et financière qu'il faut pour créer un tribunal pénal international.

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