Sénégal: Premier ministre, une fonction aux allures de phénix (1/5)

20 Octobre 2020

Après avoir été élu Président de la République pour la deuxième fois consécutive par les Sénégalais, Macky Sall avait exprimé sa volonté de supprimer le poste de Premier ministre, le 6 avril 2019.

Un mois plus tard, l'Assemblée nationale adopte un projet de loi élaboré en Conseil des ministres, en vue de matérialiser cette volonté. Le projet de loi a été promulgué par le président Sall, le 14 mai 2019.

Nous vous proposons une série consacrée aux personnes qui ont incarné une fonction plusieurs fois supprimée puis reconduite au Sénégal. Pour le premier épisode, le focus est mis sur Mamadou Dia et Abdou Diouf.

En 1959, dans un Sénégal à quelques mois de l'indépendance, le pouvoir exécutif était incarné par le gouvernement dirigé en son temps par le Président du Conseil. Il est chef du gouvernement, c'est un poste équivalent à celui de Premier ministre.

Ce dernier nommait les membres du gouvernement, présidait le Conseil des ministres, selon l'article 19 : «le Président du Conseil déterminait et conduisait la politique de la République du Sénégal».

En accédant à l'indépendance en 1960, le Sénégal adopte une nouvelle Constitution qui institue un exécutif à deux entités.

Il y a d'abord un Président de la République «élu pour sept ans par un collège électoral comprenant, d'une part les membres de l'Assemblée nationale, d'autre part, un délégué par assemblée régionale et un délégué par conseil municipal, réunies en congrès» (article 21).

Le 18 décembre 1962, à la suite d'une crise qui opposa le Président de la République d'alors Léopold Sédar Senghor au Président du Conseil, Mamadou Dia, une modification de la Constitution ajoute un article 66 bis à la loi fondamentale et qui fait du Président de la République «le chef de l'Exécutif», par dérogation aux dispositions des articles 25, 53 et 66 de la Constitution fixant les pouvoirs et les attributions du Président du Conseil.

Ce qui signifie que le Président de la République dispose dorénavant de tous les pouvoirs qui, jusque-là, affectés au Président du Conseil. Au fil des années, le Sénégal a connu treize Premiers ministres.

Mamadou Dia, le pionner

Né le 18 juillet 1910 à Khombole, il fut le premier Président du Conseil du 7 septembre 1960 au 17 décembre 1962.

Mamadou Dia est instituteur de formation, il fut également journaliste, avant de se lancer en politique. Il est demi en décembre 1962 par le Président Senghor dans une lutte de pouvoir.

En effet, Senghor accuse Dia de tentative de coup d'État constitutionnel. Condamné à une peine de «déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée », Dia est libéré en 1974 et amnistié en 1976.

Titulaire d'une maîtrise en gestion, il obtient un poste à la Banque mondiale après son amnistie. Mamadou Dia est décédé le 25 janvier 2009 à Dakar.

Abdou Diouf, le régulateur du poste

Né le 07 septembre 1935 à Louga, Premier ministre du 28 février 1970 au 31 décembre 1980, à 25 ans, Abdou Diouf entame une carrière de haut fonctionnaire.

Il assumera successivement les postes de Directeur de la Coopération technique internationale, de Secrétaire général du ministère de la Défense et de Gouverneur de la région du Sine-Saloum.

Directeur de Cabinet du Président Léopold Sédar Senghor en 1963, il est nommé en 1964 Secrétaire général de la Présidence de la République du Sénégal. Il devient ensuite ministre du Plan et de l'Industrie de 1968 à 1970. Il est désigné Premier ministre en 1970.

C'est à partir de ce poste que Abdou Diouf deviendra Président de la République du Sénégal le 1er janvier 1981, à la suite de la démission du Président Senghor.

Il est réélu dans ses fonctions de Président lors des élections de 1983, 1988 et 1993. Il cède sa place à Abdoulaye Wade qui remporte l'élection présidentielle de 2000.

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