Congo-Kinshasa: Dossier Minembwe - Azarias Ruberwa plaide non coupable

Camp des casques bleus pakistanais à Minembwe centre, le 21 octobre 2019.

C'est dans une posture défensive qu'Azarias Ruberwa, littéralement pris à partie par des députés nationaux qui tenaient à en découdre avec lui sur la question de Minembwe, s'est livré, le 9 octobre, devant la représentation nationale.

Pour le ministre d'Etat et ministre de la Décentralisation, le moment était tout indiqué pour tenter de se dédouaner en donnant la vraie version sur cette affaire qui fait couler beaucoup d'eau et de salive. La question orale avec débat que le député Mohindo Nzangi lui a adressée avait offert l'opportunité de recadrer les choses. Crucifié au sein de l'opinion qui le tient pour principal acteur du processus d'érection de Minembwe en commune rurale avec tout le tollé que cela a suscité, Azarias Ruberwa a plaidé non coupable.

Il a soutenu n'avoir été concerné ni de loin, ni de près par une telle démarche qui, dans son entendement, relève de la compétence exclusive et constitutionnelle de la province. Et à tous ceux qui ont tenté de spéculer sur sa présence à Minembwe lors de l'installation du bourgmestre de cette entité, il a indiqué s'être retrouvé de manière fortuite dans ce coin du pays dans le cadre d'une mission de caravane de la paix conduite par le ministre de la Défense.

C'est donc juste par un hasard de calendrier qu'il s'est retrouvé à Minembwe dont le bourgmestre fut installé, non pas par lui, mais bien par le gouvernement provincial, et ce, après le départ de la délégation venue de Kinshasa. « Dans tous les cas, à mon égard, il s'agit d'une pure invention. Il n'y a pas eu de députés nationaux, ou des ministres au niveau national, qui soient partis pour l'installation du bourgmestre, ils n'ont pas procédé à l'installation, à moins d'extraire le terme coïncidence de la race humaine », a-t-il expliqué.

Au sujet des soupçons de balkanisation du pays lui imputées par certaines langues au regard de ses origines identitaires controversées, Azarias Ruberwa a déclaré ne pas se reconnaître dans un tel concept qualifiant d'accusations sans fondements tout ce qui se ragote à son sujet. « « Ma mission était nationale, et je l'ai exécutée en âme et conscience », a ajouté le ministre de la Décentralisation qui semble ne se reprocher de rien. Est-ce à dire que toute la polémique suscitée autour de cette affaire n'était, en somme, qu'une perte de temps et d'énergies ?

En tout cas, nombreux sont les députés qui pensent qu'Azarias Ruberwa tente de se faire une bonne conscience dans une affaire où sa responsabilité est totalement engagée. « La tendance pour le ministre d'État à vouloir se défausser sur le gouvernement provincial du Sud-Kivu est une façon pour lui de refuser d'assumer ses responsabilités devant Dieu et devant la nation représentée par ses élus réunis en plénière ce lundi 19 octobre à Kinshasa », allègue, pour sa part, le ministre provincial de l'intérieur de la province du Sud-Kivu.

A la suite des différentes interventions des députés, partagés dans leur perception du dossier Minembwe, la speakerine de la chambre basse, Jeanine Mabunda, a interrompu la séance, le temps de permettre au ministre de préparer sa réplique attendue ce 21 octobre à l'hémicycle.

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