Sénégal: Poursuivi pour vol de carburant - Le chauffeur de Edk fixé sur son sort demain

20 Octobre 2020

Le juge des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a mis en délibéré, vendredi dernier, l'affaire qui oppose le sieur Ch. Ndiaye à la société Edk. Le prévenu est poursuivi pour vol de carburant estimé à plus de 2 millions de FCfa.

Les faits qui portent sur un vol de carburant remontent au 25 septembre 2020. Ils se seraient déroulés dans la localité de Zac Mbao qui abrite le garage groupe Ter de la société Edk Oil, partie civile.

En effet, le sieur Ch. Ndiaye, chauffeur employé à la société Edk est accusé d'avoir installé deux réservoirs pour voler du carburant lors de ses déplacements. La découverte a été faite par B. Kâ, chef de dépôt de ladite société et gérant de la station d'essence.

L'astuce du chauffeur consiste à incorporer un deuxième réservoir dans le dispositif du camion, ce qui lui permettait d'avoir plus de volume d'essence à emporter. C'est ce volume qui est souvent détourné au détriment de la société qui a subi des pertes estimées à plus de 2 millions de FCfa.

«Après avoir constaté que Ch. Ndiaye demandait plus de carburant que les autres chauffeurs, j'ai ordonné le diagnostic de son camion.

Les vérifications effectuées ont permis de découvrir l'installation d'un réservoir de 250 litres à l'insu de la direction générale de la société », a confié B. Kâ.

À l'en croire, Ch. Ndiaye est le seul chauffeur qui s'est fait confectionner un deuxième réservoir. «Il a créé ce dispositif dans l'unique but de voler le carburant à la société », a confié le chef de dépôt de Edk.

« Aujourd'hui, a-t-il ajouté, la comptabilité a montré que depuis la mise en place de ce dispositif par Ch. Ndiaye, la société lui a remis plus de deux millions de FCfa de carburant alors qu'il n'a pas effectué des transports nécessitant autant de carburant. »

Après recoupement, la direction juridique a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Pikine-Guédiawaye. Et une enquête a été ouverte.

Les auditions ont fait ressortir que le réservoir installé par le sieur Ch. Ndiaye n'est pas relié au camion encore moins à son réservoir d'origine.

Rien donc ne justifie sa présence, selon les propos des apprentis mécaniciens commis par P. Guèye, le chef de garage de la société.

Attrait à la barre des flagrants délits, le prévenu, Ch. Ndiaye a nié les faits, réfutant avoir installé un dispositif de réserve de carburant. «J'ai installé ce dispositif pour éviter un manque de carburant au regard des longues distances que j'effectue », s'est-t-il justifié face aux juges.

La présidente lui a demandé si la direction était informée de son projet. «J'ai informé par téléphone le chef de dépôt, le sieur B. Kâ qui m'a autorisé à insérer un double réservoir sur le camion », s'est-il défendu.

Son argumentaire a été balayé par le conseil de la partie civile, Me Gaby Sow. Selon l'avocat, le prévenu est un faussaire qui n'en est pas à sa première expérience. «La société EDK est très bien organisée.

Avant chaque départ, les camions mettent le plein de carburants », a confié Me Sow. Tous les chauffeurs, a-t-il poursuivi, disposent d'un bon d'essence vierge.

S'il arrive qu'ils tombent en panne, le chauffeur appelle la direction qui ordonne une de leurs stations d'essence de lui livrer du carburant pour qu'il puisse continuer son chemin.

«Comment expliquez-vous le fait qu'un chauffeur qui gagne 150.000 FCfa le mois, prenne le quart de son salaire pour rendre service gratuitement à son employeur ?

Qu'est-ce qui peut justifier l'installation frauduleuse d'un double réservoir si ce n'est pas du vol ? », s'est demandé l'avocat.

Il estime que la culpabilité du prévenu ne fait aucun doute et demande que le prévenu soit condamné à une peine dissuasive en sus de 3 millions de FCfa à payer à la société Edk.

Le procureur de la République a soutenu qu'à toutes les étapes de la procédure, le prévenu a fait montre de mauvaise foi. «L'absence de connexion entre les deux réservoirs atteste de la culpabilité du prévenu.

Mieux, il a délibérément choisi un autre mécanicien à la place de celui de la société pour installer ce système à l'insu de la direction de l'entreprise », a indiqué le procureur de la République qui a requis 6 mois ferme contre Ch. Ndiaye.

Assurant la défense du prévenu, Me Kayossi a déploré le réquisitoire du parquet. Selon lui, son client n'a jamais varié dans ses déclarations.

«C'est la deuxième fois que mon client installe un double réservoir sur un des camions de l'entreprise. Celui-ci continue de rouler sans problème.

Le système de raccordement de réservoirs n'est pas nouveau dans le transport. Il n'y a aucune preuve qui justifie la culpabilité du sieur Ndiaye », a déclaré son avocat. Il a ajouté que son client a eu l'aval du sieur B. Kâ avant de procéder à l'installation du second réservoir.

Pour toutes ces raisons, Me Kayossi a sollicité sa relaxe et, à défaut, qu'une application bienveillante lui soit faite.

Il a dénoncé également les 3 millions de FCfa demandés par la partie civile. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré pour demain.

Plus de: Le Soleil

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