Congo-Kinshasa: Et le peuple alors ?

Certains annoncent l'hécatombe pour aujourd'hui. D'autres affûtent les armes pour un rapport de force. Le processus de nomination des juges constitutionnels aboutissant ce jour à leur prestation de serment devant le président de la République, aura le mérite d'avoir suffisamment enfoncé le pays dans la terre boueuse d'une crise institutionnelle sans précédent.

Les plus hautes institutions de la République désacralisée, s'offrant dans un spectacle désolant, pour des intérêts politiciens mesquins et égoïstes clairement affichés.

Multiplication de réunions internes, échanges audacieux de correspondances, médias et réseaux sociaux pris d'assaut,... les caciques des deux plateformes politiques formant la coalition au pouvoir ne cachent plus leur volonté manifeste de se nuire mutuellement. Mais, qu'en est-il du peuple dans tout ce cirque ? Où est sa place dans ce combat de gladiateurs ? Oublié.

Visiblement, chaque camp, préoccupé par la « possession » de la Haute Cour pour les besoins de la cause, a littéralement mis de côté le souverain primaire, celui dont le coût du choix justifie la présence des élus, toute catégorie confondue, à ces instances de prise de décisions.

Aujourd'hui, le soleil se couchera tel qu'il s'est levée ce matin, mais recevra sur la continuité de ses rayons des souillures d'un choc honteux au sommet de la République.

Alors que les regards étaient tournés sur certaines questions d'importance capitale telles que celles concernant le dossier Minembwe, voilà qu'une affaire de prestation de serment contestée vient voler la vedette. Celle-ci, couplée aux traditionnelles préoccupations de famine, d'éducation, de santé, de chômage, d'infrastructures,... 2023, c'est bientôt.

« C'est au peuple que vous rendrez compte », s'est exclamé, hier, coléreux, un vendeur de Biteku-teku dans les rues de la capitale.

Pour ce qui est de la prestation de serment des juges, le Protocole d'Etat a confirmé la cérémonie de ce mercredi, et toutes les dispositions ont été prises au niveau de l'Assemblée nationale. Un véritable forcing du CACH face à son vrai faux allié qui, dans son communiqué de ce mardi soir, a dénoncé la violation intentionnelle du siège du Parlement et a appelé la population de « se tenir prête à résister et à s'opposer à toute tentative de passage en force tendant à imposer le fait accompli d'une nouvelle Cour aux ordres, assise sur des graves violations des dispositions basiques de la Constitution, partant à toute dérive dictatoriale ». Pour la grande famille politique de Joseph Kabila, il s'agit de la « violation intentionnelle et manifeste de la Constitution » et, de ce fait, « ne se sent pas concerné par la cérémonie irrégulière de prestation de serment projetée ce mercredi 21 octobre 2020 ».

En conséquence, tous ses cadres évoluant au sein des institutions n'y prendront pas part. Dommage pour le peuple !

Plus de: La Prospérité

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