Congo-Kinshasa: RTEC - L'ADG Esther Mwanga réclame une juridiction spécialisée des crimes écologiques

"La RDC dispose d'un dispositif des lois qui garantissent la protection et la conservation de la nature. Il est un devoir de chacun (e) de nous de protéger l'OKAPI, cette espèce emblématique qui fait la ferté de la République démocratique du Congo. Il s'observe, cependant, que toutes ces lois souffrent d'application.", déclare Esther Mwanga Wilungula, Adg de la Radiotélévision Environnement et Conservation de la Nature.

Voilà pourquoi, elle recommande au Gouvernement d'envisager pour l'intérêt de la conservation la création de juridictions spécialisées sur les questions des crimes écologiques et de sacraliser l'OKAPI le rendant ainsi intouchable, mieux inviolable comme c'est le cas des autres espèces sous d'autres cieux. Lors de la célébration de la Journée Mondiale de l'Okapi, la Rtec, un média privé, a organisé une marche de protestation contre les menaces qui pèsent sur l'Okapi. Ainsi, selon les marcheurs, cette espèce animale est principalement mise en danger par la déforestation, l'agriculture intensive et le braconnage.

Le 18 octobre 2020, la Radiotélévision Environnement et Conservation de la Nature (RTEC), a célébré la Journée Mondiale de l'Okapi (JMO), au Jardin Botanique de Kinshasa. Une caravane motorisée a été organisée pour réclamer la protection de cette espèce unique au monde. Cette marche est partie de son siège social de Kasa-Vubu pour chuter au Jardin botanique de Kinshasa où plus de 200 personnalités invitées, tant du système des Nations Unies que des organisations non-gouvernementales et de la société civile ainsi que des artistes comédiens. L'Okapi fait également partie des espèces menacées par l'extraction du Coltan, un minerai précieux utilisé, entre autres, dans la fabrication de Smartphone. Classée parmi les espèces menacées, l'Okapi voit sa population diminuer au fil des années. La Rtec qui prend à cœur la protection de cet animal, un don béni de Dieu, tient à sensibiliser, à éduquer la population, à contribuer en faisant de cette commémoration un point de ralliement pour mobiliser le soutien en faveur de la conservation et la protection des espèces menacées par le braconnage.

Le thème retenu par ce média environnemental pour cette année est : «Protégeons l'Okapi». A travers ce thème, il faut reconnaitre l'engagement de sensibiliser toutes les populations aujourd'hui et demain contre le braconnage basé sur l'Okapi afin de réfléchir sur les conditions de travail et les performances du personnel de l'Iccn au sein de sa Mission de conserver de la nature.

Au cours de la cérémonie de célébration de l'Okapi, Esther Mwanga Wilungula, Administrateur Directeur Général de la Radiotélévision Environnement et Conservation de la Nature, a saisi cette opportunité pour rappeler que ce pays de mégas biodiversités est appelé à travailler pour endiguer définitivement tous les crimes qui sont commis sur les espèces de la faune et de flore sauvage totalement ou partiellement protégées. "Ce qui permettrait de soigner son image sur le plan international et par conséquent, assurer son autofinancement à travers l'écotourisme. Un principe à prendre en compte dans tous les aspects de la conservation de la nature", a-t-elle souligné.

Le Chef de Département et Directeur Technique et Scientifique de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, Joseph Mapilanga, a affirmé que l'épanouissement de tous sera le fruit d'un engagement collectif des hommes et des femmes, vivant en société, pour promouvoir l'Okapi, préserver son habitat et faire de cette espèce un élément de l'éducation pour les enfants. Il a recommandé au Dg de l'Iccn, le Pasteur Dr Cosma Wilungula d'activer la stratégie pour placer l'Okapi dans les Zoo de la RDC. Bien au début de son speech, il a brièvement retracé l'historique de l'Okapi dans les aires protégées de la RDC et la stratégie de conservation de l'Iccn jusqu'à estimer près de 10.000 espèces vivant sur le sol congolais et d'ailleurs. S'agissant des menaces pesant sur les Okapis, il informe que l'Okapi est une espèce menacée dont le déclin s'est fortement accéléré à partir des années 1990. Elle aurait ainsi perdu la moitié de sa population depuis 1995.

L'Okapi est une espèce protégée par la loi congolaise depuis 1933

L'institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) en a fait son emblème et le pays affiche fièrement l'image de cet animal sur ses billets de banque. Toutefois, il existe peu de mesures internationales le protégeant. Bien que victime de braconnage, l'espèce n'est, par exemple, pas inscrit sur l'une des annexes de la CITES, l'organe qui régule le commerce international des espèces menacées. La méconnaissance de l'espèce dans son milieu naturel a contribué à son manque de protection et de prise de mesures allant dans le sens de sa préservation à l'état sauvage. Il a fallu attendre les années 1980 pour que des programmes de conservation commencent à voir le jour.

Le Représentant de WCS en RDC, a relevé les défis de la protection de la Biodiversité. Il cite : le braconnage, les exploitants illégaux de minerais. "Il faut nous engager à la protection de notre identité, source de richesse pour financer le développement". Il a appelé à la prise de conscience du Congolais à ce que l'Okapi vaut plus que les minerais de la RDC. Il a été talonné par le représentant de l'ONT qui décrit toutes les capacités de son entreprise à promouvoir le produit Okapi.

La journée internationale des Okapis permet de mettre en avant les besoins de conservation de cette espèce si rare, ne vivant qu'en Afrique Centrale, au cœur de la République Démocratique du Congo. Ce curieux animal emblématique sert également de porte étendard pour sensibiliser à la destruction progressive de son habitat naturel, menaçant les espèces avec qui l'okapi partage son territoire. Ainsi, la RTEC propose la mise en place de nombreuses actions dans les parcs et villes aux alentours des Parcs nationaux, pour concilier protection de l'environnement, éducation des communautés et préservation de la culture et des modes de vie des populations.

Cette journée a mobilisé une centaine des associations et organisations non - gouvernementales au Jardin Botanique de Kinshasa durant toute une journée. Honoré Tsengele Matondo, Chef du programme ACTES, CBBC et point focal du PMM à Kinshasa a souligné que cette célébration est plus spéciale pour la RDC : "Elle met en exergue le seul animal qu'on ne retrouve à l'état sauvage que dans ce pays et, en vue de contribuer à la biodiversité dans le bassin du Congo". Il propose que cet animal considéré très pacifique parmi les animaux de la planète ne peut-il pas remplacer le lion que l'on retrouve dans les armoiries de la RDC ?

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