Afrique: Covid-19 - L'action de la Banque mondiale sur le continent

communiqué de presse

Bien que les pays d'Afrique subsaharienne soient parvenus à maîtriser la propagation du coronavirus (COVID-19) et affichent des taux relativement faibles de contamination, la pandémie continue d'avoir des conséquences dévastatrices sur la population et sur l'économie, avec un déclin de la croissance à -3,3 % en 2020, confirmant la première récession pour la région en 25 ans.

Plusieurs pays ont commencé à saisir cette occasion pour accélérer réformes et les investissement essentiels pour leur développement à long terme.

La crainte d'une éventuelle deuxième vague de l'épidémie crée cependant de nombreuses incertitudes.

Selon des estimations récentes, la pandémie risque aussi de faire basculer 40 millions d'Africains dans l'extrême pauvreté. La voie de la relance économique s'annonce longue et variera en fonction des économies et des sous-régions.

Dans le cadre de la riposte mondiale contre la pandémie, le Groupe de la Banque mondiale va déployer jusqu'à 160 milliards de dollars de soutien financier au cours des 15 prochains mois afin d'aider plus de 100 pays dans leur lutte pour protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement économique. Ce montant comprend 50 milliards de dollars destinés aux pays africains.

En Afrique, l'action de la Banque mondiale s'articule autour de quatre axes principaux : sauver des vies, protéger les populations pauvres, préserver et créer des emplois, et reconstruire sur de meilleures bases.

Depuis le début de la pandémie en mars 2020, la Banque mondiale a débloqué près de 12 milliards de dollars pour aider les pays africains à financer leur riposte contre la crise de COVID-19, notamment par le biais de nouveaux projets dans les secteurs de la santé, de la protection sociale et de la relance économique, tout en réaffectant des ressources existantes dans le plan de riposte.

Sauver des vies

La Banque mondiale s'est mobilisée rapidement pour aider les pays africains à renforcer leur action contre la pandémie et leurs systèmes de santé.

Au 15 octobre 2020, une première série de projets d'urgence dans le secteur de la santé avaient été lancés dans 34 pays d'Afrique, pour un montant total de 757 millions de dollars. Ces opérations ont pour objectif de :

Renforcer la prévention et lutter contre la transmission locale du coronavirus grâce à l'amélioration des systèmes de veille sanitaire et à la formation des agents qui interviennent en première ligne ;

Développer les tests de diagnostic et procurer des équipements médicaux, notamment des gants, masques et des respirateurs portables ;

Mettre en place ou développer les structures de soins ;

Établir des systèmes communautaires qui favorisent le traçage en temps réel des contacts avec des malades ;

Déployer des campagnes de communication auprès des populations locales afin de promouvoir les meilleures pratiques ;

Soutenir les populations vulnérables touchées par le coronavirus par le biais de transferts monétaires et d'aide alimentaire ;

Renforcer la coordination et la collaboration en appuyant des institutions régionales telles que les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).

Les projets par pays

Bénin

Burkina Faso

Burundi

Cabo Verde

Côte d'Ivoire

Eswatini

Éthiopie

Gabon

Ghana

Gambie

Kenya

Libéria

Lesotho

Mali

Malawi

Mauritanie

Niger

République Centrafricaine

République démocratique du Congo

République du Congo

Rwanda

Sao Tomé et Principe

Sénégal

Sierra Leone

Somalie

Tchad

Togo

En plus de ces nouveaux projets, la Banque mondiale s'emploie à redéployer des ressources dans le cadre de projets en cours dans les domaines de la santé, du développement urbain et de la résilience.

Ces efforts ont notamment donné lieu à l'activation des composantes d'intervention d'urgence de projets existants dans 16 pays, pour un montant de plus de 316 millions de dollars.

Des ressources supplémentaires (de l'ordre de 200 millions de dollars) sont aussi mobilisées à travers la restructuration de projets et des opérations en cours dans le secteur de la santé.

Les opérations régionales ont par ailleurs joué un rôle central dans la réponse à la pandémie.

Notamment le programme régional de renforcement des systèmes de surveillance des maladies (REDISSE) qui soutient 13 pays et l'organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), surveille les points d'entrée aux frontières, et renforce les capacités de tests des laboratoires, afin de prévenir et contrôler les infections, accéder aux équipements et matériels médicaux essentiels, communiquer sur les risques de contagion et assurer une coordination internationale.

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies reçoivent également un appui destiné à améliorer la collaboration transfrontalière en matière de veille sanitaire et d'intervention d'urgence.

Les Seychelles, le Kenya et Madagascar ont bénéficié de l'activation des options de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO), ces mécanismes ayant déjà permis de décaisser 135 millions de dollars.

Les pays d'Afrique subsaharienne ont également su tirer des leçons de l'épidémie de fièvre Ebola, comme en témoigne les actions entreprises en matière de mobilisation des communautés, d'amélioration de l'accès à l'eau, l'assainissement et à l'hygiène à travers l'installation de stations de lavage de mains, l'implication des communautés dans la recherche de solutions pour promouvoir le lavage des mains et la distanciation physique, ou l'appel au volontariat pour prendre part aux équipes médicales et prodiguer des soins complets y compris dans des environnements difficiles.

Protéger les populations pauvres et vulnérables

Afin de protéger les populations pauvres et vulnérables et de remédier aux conséquences de la pandémie sur leurs moyens de subsistance, la Banque aide les pays africains à :

Étendre et adapter les programmes de filets sociaux : la Banque mondiale a été a déjà approuvé plus de 2 milliards de dollars de nouveaux financements en faveur de programmes de protection sociale sur le continent, conçus pour lutter contre la pauvreté chronique en assurant des transferts monétaires et une assistance auprès des ménages les qui ont perdu leurs revenus et moyens de subsistance à cause de la pandémie.

Parce qu'ils procurent de l'argent liquide aux ménages, les filets sociaux peuvent préserver l'activité économique locale, surtout dans un secteur aussi vital que l'alimentation.

Ainsi, au Togo, le programme de transferts monétaires Novissi a vu le jour afin d'aider temporairement ceux que la crise du coronavirus (COVID-19) a le plus durement touchés, en priorisant les femmes.

Au Niger, ce sont également les transferts monétaires qui ont permis de développer la résilience des foyers face au changement climatique, en diversifiant les sources de revenus, pour encourager l'épargne et éviter des décisions mal avisées, prises dans l'urgence.

Maintenir la sécurité alimentaire en aidant les agriculteurs à accroître leur production pour satisfaire les besoins des populations locales et en soutenant les chaînes d'approvisionnement alimentaire.

En Côte d'Ivoire, par exemple, un financement de 70 millions de dollars alloué dans le cadre du plan de riposte au coronavirus va procurer des revenus à 320 000 agriculteurs et préserver 5 000 emplois dans des installations locales de transformation des produits agricoles.

Au Tchad, un projet s'emploie à constituer des banques de céréales et à distribuer des graines et des kits alimentaires pour subvenir à l'alimentation des familles pauvres pendant la crise.

Au Kenya, la technologie numérique est mise à contribution par le biais d'une collaboration avec 15 start-up spécialisées dans l'agriculture connectée (AgTech) afin de faciliter, entre autres services, la livraison des intrants, les tests de sol et l'assurance des récoltes.

Au Rwanda, environ 38 000 ménages agricoles bénéficient du projet d'intensification de l'agriculture durable pour l'amélioration des moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire et de la nutrition.

Préserver et créer des emplois

Principales pourvoyeuses d'emplois, les micro, petites et moyennes entreprises sont particulièrement touchées par la crise dans l'ensemble de la région, où le secteur informel occupe une place prédominante dans le marché du travail.

Les pays s'emploient à lancer ou étendre des chantiers de travaux publics ou de programmes de développement urbain en vue de faciliter la création d'emplois dans les territoires défavorisés.

Ainsi, en République Centrafricaine, la Banque mondiale appuie le plus grand programme « argent contre travail » du pays, qui a déjà permis de produire plus de 2 millions de masques.

L'objectif est d'atteindre une production totale de 10 millions d'unités, pour offrir deux masques gratuits à chaque habitant, tout en générant des sources de revenus.

Au Ghana, le projet pour un développement intégré et résilient du Grand Accra va accélérer les activités de rénovation des bidonvilles tout en contribuant à créer environ 60 000 journées de travail.

Des projets similaires sont en cours en Éthiopie, au Kenya et au Sénégal.Mettre les femmes au cœur des programmes de paiement numérique peut aider les pays à atténuer les risques d'exclusion et réduire l'impact du coronavirus (COVID-19) sur les femmes et les filles.

En Zambie, un projet aide les femmes les plus démunies à accéder à des moyens de subsistance et les filles défavorisées issues de ménages extrêmement pauvres à accéder à l'éducation secondaire. Plus de 34 000 femmes ont déjà bénéficié de ce programme.

Parce que le secteur privé joue un rôle essentiel pour limiter la crise économique et soutenir la reprise, la Société financière internationale (IFC), l'institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, s'emploie à aider le secteur privé à traverser la pandémie et à surmonter les effets économiques et financiers de la crise sanitaire.

Le dispositif mondial de financement accéléré d'un montant de 8 milliards de dollars mis en place par IFC permet de venir en aide à ses clients dans la région qui sont touchés par le coronavirus.

IFC apporte aussi des services de conseil qui aident ses clients, dont notamment des institutions financières, à gérer les risques en ces temps de pandémie, accompagnent la conversion des fabricants de l'industrie textile à la production d'équipement de protection individuelle, et guident le secteur du tourisme pour traverser cette passe difficile.

Reconstruire sur de meilleures bases

Parallèlement à la nécessité de faire face aux conséquences immédiates de la pandémie de COVID-19, la réponse de la Banque et son appui aux pays mettent aussi l'accent sur la reprise.

Plus de 20 pays d'Afrique subsaharienne ont sollicité une assistance de la Banque mondiale sous la forme de soutien budgétaire ou d'opérations à l'appui de politiques de développement afin de les aider à gérer les conséquences de la pandémie sur les finances publiques.

Ces opérations visent à aider les gouvernements à atténuer les effets de la crise du coronavirus tout en promouvant des réformes qui créeront les conditions propices au redressement économique.

Au 15 octobre, le Groupe de la Banque mondiale avait approuvé 20 prêts à l'appui des politiques de développement d'un montant supérieur à 2,9 milliards de dollars, dont 2,7 milliards de dollars accordés par l'Association internationale de développement (IDA), l'institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète.

Assurer l'avenir, c'est aussi maintenir des services publics essentiels, notamment en matière de nutrition, d'éducation, de santé et d'eau et assainissement.

Les services énergétiques jouent aussi un rôle déterminant dans la lutte contre la pandémie, tant pour fournir de l'électricité aux structures de santé que pour garantir l'accès à de l'eau salubre pour les gestes indispensables d'hygiène ou encore offrir des services de communication dans le contexte des mesures de distanciation physique.

Des initiatives sont en cours pour augmenter les investissements dans le solaire, l'éolien et d'autres énergies renouvelables, ce qui sera essentiel pour étayer la reprise économique.

Étant donné le temps nécessaire à la reprise des échanges mondiaux, les acteurs politiques régionaux doivent promouvoir le développement de chaînes de valeur régionales tout en développant les fondements et les capacités nécessaires à une implication plus complète du continent.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a un rôle important à jouer pour réduire les coûts de production associés aux tarifs douaniers, les barrières non tarifaires et les problèmes de facilitation des échanges.

La ZLECAf peut aussi aider à organiser la production à l'échelle de la région, développer le commerce au sein de la région et développer la résilience des chaînes d'approvisionnement.

Le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont appelé les créanciers bilatéraux publics à octroyer une suspension de dette aux pays éligibles aux financements de l'IDA (les plus pauvres de la planète) pour leur permettre de dégager des marges de manœuvre financière face à la pandémie de COVID-19.

Lors des Réunions de printemps 2020, les gouverneurs de la Banque mondiale et du FMI ainsi que les ministres des Finances du G7 et du G20 se sont dits favorables au lancement de cette initiative le 1er mai.

Cette initiative constitue une composante importante de la réponse mondiale mobilisée pour atténuer les conséquences de la pandémie sur les populations les plus pauvres et vulnérables d'Afrique et pour faire en sorte que les gouvernements disposent des ressources nécessaires pour prendre les mesures rapides et vigoureuses qui permettront de protéger les vies humaines et les moyens de subsistance.

En 2018, les pays d'Afrique subsaharienne ont versé 35 milliards de dollars au titre du service de la dette, dont 9,4 milliards à des créditeurs bilatéraux publics.

Tandis que les répercussions sociales et économiques de la pandémie de COVID-19 n'ont pas fini de se faire sentir dans la région, il est capital de disposer de données en temps réel pour guider les choix de politique publique.

C'est pourquoi, afin d'aider les gouvernements à surveiller l'évolution de la crise et à y faire face efficacement, la Banque intensifie actuellement ses travaux de suivi à haute fréquence des principaux indicateurs économiques et de l'impact de la pandémie sur les entreprises et les ménages ainsi que sur les prix des produits alimentaires.

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