Sénégal: Le masque, équipement de protection, source de déchets

Dakar — Equipement majeur dans l'application des gestes barrières contre la propagation du nouveau coronavirus, les masques n'en produisent pas moins des déchets, surtout pour les masques chirurgicaux jetables qui, selon une spécialiste, "augmentent la pollution plastique".

"Il peut y avoir des effets nuisibles sur la terre, les mers et océans ainsi que sur la santé humaine", alerte Pod Estelle Ndour, chef du service stratégie et développement de l'Unité de Coordination de la Gestion des déchets solides (UCG).

"Les masques jetables usagés sont collectés avec les ordures ménagères car les populations ne les séparent pas des autres déchets", a-t-elle déploré, soulignant que ces masques jetables usagés "augmentent la pollution plastique".

Après usage, les masques jetables peuvent être séparés des ordures ménagères et placés dans un sac poubelle spécifique, a-t-elle conseillé, recommandant les masques réutilisables "pour ne pas se retrouver avec trop de déchets".

"Que cela soit un masque chirurgical ou le maque en tissu, je les garde dans un sachet après usage pour les laver", confie Ndéye Seck, une habitante de Dieupeul 4.

Au début, cette dame jetait chaque jour ses masques dès qu'elle retourne à la maison. Mais "avec la persistance" de la maladie, elle dit avoir changé de stratégie en "mettant les masques dans des sachets pour ensuite les laver, afin de pouvoir les porter à nouveau".

"Maintenant je lave tous mes masques. C'est trop cher. Quoi qu'on dise, les masques sont un véritable budget. J'ai une fille qui faisait le BFEM, mais le lot de masques qu'on leur a donné ne suffisait pas. J'étais obligée d'en acheter encore pour elle", poursuit Mme Seck.

Madeleine Mendy, une ménagère rencontrée au marché Castors, a développé une astuce pour mieux gérer la question du port du masque.

"Je n'ai jamais hésité à porter un masque. Quand j'ai su que la Covid-19 n'allait pas partir de sitôt, j'ai trouvé une astuce pour l'utilisation adéquate des masques", souligne-t-elle.

"Je pense à ma famille, mes enfants et ma mère qui est une personne à risque. A la maison, tout le monde met les masques sales dans un grand sachet et le samedi, je les lave.

Après lavage, le lundi, je redonne à tout le monde 2 à 3 masques pour la semaine", explique-t-elle.

Maimouna Ba, elle porte son masque en tissu assorti aux couleurs de ses habits. "C'est normal car j'ai envie de continuer à faire fashion même si je suis obligée de porter un masque", dit-elle.

Spécialiste en Santé publique au Service national de l'éducation et de l'information pour la santé (SNEIPS), Docteur Ibou Guissé, médecin, est formel : "Le masque chirurgical est à usage unique".

"Le masque permet d'éviter la projection de sécrétions provenant de la bouche ou du nez de celui qui le porte.

On doit le jeter dès qu'il est mouillé ou souillé, dans une poubelle si possible équipée d'un couvercle et munie d'un sac plastique. L'élimination se fait par la filière des ordures ménagères", a-t-il rappelé.

Selon lui, le port d'un masque de protection "réduit considérablement les risques de propagation du virus, les pays appliquant systématiquement cette mesure barrière avaient pu observer des taux de contamination extrêmement bas".

"Le port du masque par tous est très important pour éviter d'être contaminé par des personnes infectées mais ne présentant pas de symptômes car lorsque nous toussons, éternuons ou parlons, de petites gouttelettes s'échappent de notre bouche ou de notre nez", a-t-il expliqué.

Le coronavirus, soutient le médecin spécialiste de santé publique, "se trouvant dans ces gouttelettes, peut infecter toute personne dans un rayon de moins d'un mètre.

Donc en portant un masque, nous réduisons considérablement les risques d'exposition au coronavirus".

En ce concerne le masque en tissu dit aussi masque grand public, indique le médecin, "il est lavable et réutilisable". Fabriqué de manière artisanale (par un tailleur ou par soi-même), il est lavable plusieurs fois, dit-il.

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