Cameroun: L'aubaine du numérique

S'il y a bien une leçon que la pandémie de Covid-19 a permis de tirer, c'est bien qu'Internet est incontournable. Internet oui, mais également tout ce qui touche à l'univers numérique.

Aussi bien pour le travail que pour les études, les applications digitales ont montré leur efficacité, en ce qu'elles favorisent le respect de la distanciation sociale, une des mesures barrières prescrites par l'OMS afin de freiner la propagation du virus. A la reprise des cours le 1er juin dernier dans le primaire et le secondaire pour ce qui est des classes d'examens, et dans les universités, après une interruption de plusieurs semaines pour cause de coronavirus, le « e-learning » a eu la cote.

Dans les universités d'Etat comme dans les Instituts privés d'enseignement supérieur (IPES), les cours donnés à distance ou à travers des logiciels ont permis à de nombreux enseignants de boucler les programmes et les travaux dirigés de l'année académique 2019-2020. Comme le révélait par exemple le Rév. Prof. Bouba Mbima, recteur de l'Université protestante d'Afrique centrale (UPAC) au moment de la sortie solennelle de ses étudiants le 7 août dernier, le coronavirus les a poussés à mettre en place une plateforme numérique pour la gestion des 1.000 apprenants que compte l'UPAC. Les enseignants ont dû être formés à une nouvelle technologie, et les cours ont pu se poursuivre sans interruption jusqu'en fin d'année.

Autre fait, celui de l'Institut africain d'informatique (IAI-Cameroun), qui a élaboré l'application « Test Invite ». Cette technique conçue par des ingénieurs issus de l'IAI, a contribué au succès du tout premier concours d'entrée en ligne dans cet établissement. 231 candidats sur le territoire national et au-delà (11 candidats au Tchad, deux au Gabon et un autre en RCA) ont pu prétendre à rentrer dans cette école, depuis leur domicile. L'Université de Yaoundé I, la mère des établissements du supérieur sur le plan national, a, comme les autres, emboîté le pas de l'émergence du numérique. L'efficacité des enseignements en ligne, dans le but de circonscrire la pandémie, s'est vérifiée au redémarrage des cours dans les amphis en juin dernier, mais elle s'impose encore plus en cette période de rentrée académique. Ils sont en effet précieux pour tenir à distance les plus de 420.000 étudiants camerounais, amenés à croiser dans les campus les 5.500 enseignants et les plus de 6.000 personnels d'appui engagés à leur encadrement.

Si la pandémie est venue renforcer la pratique du « e-learning », il faut rappeler que cette initiative avait déjà été bien engagée par l'Etat à travers le ministère de l'Enseignement supérieur. Notamment dans le domaine de la formation médicale. A titre d'illustration, cela fait quelques années que des étudiants de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales (FMSB) de Yaoundé ont expérimenté des cours de télémédecine proposés par des enseignants originaires de l'Inde ou d'autres pays partenaires à ce programme.

Il ne faut pas oublier cependant que le « e-learning » sollicite une grande capacité Internet et un dispositif adéquat pour son application. Gage que cette pédagogie digitale sera boostée avec l'implémentation de 10 centres de développement du numérique universitaire entièrement construits et équipés (à raison d'un centre par université d'Etat, à l'Université Congo-Cameroun à Sangmélima et un Centre national de développement du numérique universitaire), et l'optimisation de la bande passante de 263 mégabits/seconde à 9.334 mégabits/seconde, grâce à un partenariat Minesup-Camtel.

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