Sénégal: Le DG de l'ISRA déplore les pertes occasionnées par les bio agresseurs

Dakar — Le directeur général de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), Dr Alioune Fall a déploré, mercredi, les pertes agricoles liées aux bio agresseurs qu'il a estimées entre 30 et 40 % de la production annuelle.

"Les pertes liées à ce qu'on appelle les bio agresseurs à savoir les criquets pèlerins, la chenille légionnaire, la tuta absoluta etc que nous avons actuellement au niveau rural, c'est des pertes trop élevées qui peuvent aller jusqu'à trente quarante pourcent", a-t-il déclaré, à l'occasion de la cérémonie de présentation de deux projets de l'Union européenne (ABEE et CaSSECS), destinés à augmenter la production agricole et la résilience des agriculteurs.

Dans le cadre de sa participation à la conférence de l'Alliance mondiale des Press Clubs pour le Climat et pour "souligner la dynamique environnementale d'une région particulièrement vulnérable au changement climatique", la Délégation de l'UE à Dakar en collaboration avec le Club de la Presse du Sénégal a présenté, mercredi, deux projets visant à "augmenter la production agricole et la résilience des agriculteurs".

Il s'agit des projets ABEE (Renforcement des réseaux et des capacités institutionnelles en amélioration des plantes pour le développement de culture résilientes répondant aux besoins des paysans d'Afrique de l'Ouest) et CaSSECS (Carbon Sequestration and greenhouse gas emissions in (agro) Sylvopastoral Ecosystems in the Sahelian CILSS States).

La rencontre avait pour thème : "Quand les agriculteurs au Sahel s'adaptent au changement climatique".

Pour limiter ces pertes, le directeur général de l'Institut sénégalais de recherches agricoles a estimé qu'il faut travailler sur ces agresseurs biotiques ou abiotiques pour "permettre à notre agriculture de devenir encore plus durable dans le temps".

"Imaginez si on pouvait limiter ces pertes, ça pourrait nourrir combien de personnes au Sénégal et dans la région ?", s'est-il interrogé.

C'est pour cette raison, a-t-il dit que le ministère de l'Agriculture, "conscient des enjeux, travaille à travers tous ses démembrements, au-delà même de ce phénomène, à la production de semences certifiés de qualité, prenant en compte le bilan hydrique des besoins en eau des plantes, compte tenue de changements climatiques".

Le directeur exécutif du CORAF, une association internationale à but non lucratif qui œuvre pour la prospérité et la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest et du Centre, a souligné l'importance de lutter contre ces bio-agresseurs.

"Quarante-huit millions de personnes nous louerons si nous réussissons, ou nous blâmerons si nous ne le faisons pas", a dit Dr Abdou Tenkouanou.

Selon lui, la façon de voir l'agriculture en Afrique doit être changée à travers une recherche transformatrice qui mène à l'impact sociétal, en utilisant une approche intégrée verticalement et horizontalement.

A l'en croire, l'agriculture est sous la pression de multiples perturbateurs avec notamment le changement climatique comme principal moteur, apportant des risques biologiques qui sont nouveaux dans la région ou qui ont été endémiques à la région, mais trouvent un nouveau créneau pour prospérer au détriment de la production agricole.

Dr Abdou Tenkouanou est d'avis que l'une des meilleures façons d'améliorer cette chaîne de valeurs est de maîtriser la problématique de l'eau en la considérant comme un véritable intrant au même titre que les semences ou encore l'engrais, afin de parvenir aux acteurs de cultiver toute l'année.

Il a par ailleurs déploré le financement faible de la production agricole dans la région.

"Aujourd'hui, l'argent semble faire surface de partout en ce temps de crise pour les interventions d'urgence évaluée à quarante-cinq mille milliards de francs CFA", a-t-il indiqué, soulignant que le seizième de cette forte somme aurait suffit pour booster l'agriculture, "secteur clé pour la survie et le développement".

Plus de: APS

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