Cote d'Ivoire: Le candidat Affi N'Guessan, porte-parole de la plateforme de la désobéissance civile - "Après le 31 octobre (... ) les ivoiriens doivent se donner un gouvernement de transition"

Des leaders de partis de l'opposition ont échangé avec la mission de la Cedeao.

Le président et candidat du Front populaire ivoirien(Fpi) à l'élection présidentielle du 31 octobre 2020, Pascal Affi N'Guessan, par ailleurs porte-parole de la plateforme de la désobéissance civile, a animé une conférence de presse le mercredi 21 octobre 2020 à la maison du Pdci-Rda Abidjan-Cocody pour se prononcer sur l'actualité politique en Côte d'Ivoire.

Avec à ses côtés, Ouattara Gnonzié (Cdrp), Maurice Guikahué (Pdci), George Ouegnin (Eds), le candidat Pascal Affi N'Guessan s'est prononcé sur la récente mission de la délégation ministérielle de la Communauté économique des États de l'Afrique(Cedeao), conduite par le ministre ghanéen Mme Shirley Ayor Botchwey, en ces termes : « C'est avec beaucoup de surprise que nous avons noté ce lundi 19 octobre 2020 que la délégation avait quitté le pays et produit un communiqué final. On peut donc considérer que la mission a été sanctionnée par un échec et que le problème reste entier dans la mesure où la Cedeao nous renvoie dos à dos et nous dit de nous débrouiller pour trouver une solution à notre crise».

Le conférencier a poursuivi en donnant les raisons de leur absence lors de la réunion du dialogue convoqué par le premier ministre, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, le samedi 17 octobre 2020. Il a affirmé que l'opposition reste ouverte au dialogue mais dans le respect d'une facilitation internationale. « C'est pourquoi nous récusons toute convocation faite par un membre du gouvernement parce qu'on ne comprendrait pas qu'ils soient à la fois juge et partie. Ils n'ont aucune qualité d'arbitrer un débat entre nous et eux. Ce n'est pas comme cela que se passe un débat équitable. Ce n'est pas comme ça qu'on règle un problème. Le problème se pose entre eux et nous, il faut une tierce personne pour la médiation, pour la facilitation afin qu'on trouve des compromis. Cette invitation ne nous concernerait que si elle s'inscrit dans le cadre de la facilitation internationale et elle est convoquée par la Cedeao ou toute autre organisation internationale sous l'égide des Nations unies », a-t- il dit.

Et d'ajouter que si le pouvoir en place s'entête à tenir les élections au 31 octobre 2020, l'après l'élection sera pareille à la situation actuelle du pays. Il a également indiqué que si rien ne marche, un gouvernement de transition sera mis en place. « Ce qui va arriver à monsieur Alassane Ouattara, si d'aventure le 31 octobre, il ose proclamer qu'il a été élu à l'issue d'une élection, ça ne sera pas seulement des hués qu'il recevra, mais toute la force de la réprobation générale de notre mobilisation pour faire en sorte qu'un président légitime puisse être élu à l'issue d'un scrutin transparent. Parce que pour nous, si rien ne change, l'après 31 octobre sera de la même teneur, la même tonalité que l'avant 31 octobre. Et je dirai même qu'après le 31 octobre, s'il n'y a pas d'élections, les Ivoiriens doivent se donner un gouvernement de transition pour organiser un processus de réconciliation nationale. Parce que nous ne pouvons pas laisser le pays sans gouvernement », a indiqué le président du Fpi.

Parlant de la désobéissance civile visant à empêcher « de manière pacifique » la distribution des cartes d'électeurs et faire barrage au processus électoral en cours, Affi N'Guessan a dit tenir le pouvoir pour responsables des actes de vandalisme qui sévissent le pays car, selon lui, leurs rangs ont été infiltrés par les "microbes" à la solde du pouvoir. Il a aussi annoncé le maintien du mot d'ordre de désobéissance et a invité les militants à rester mobilisés afin de faire échec au processus électoral.

Interrogé sur la candidature de Kouadio Konan Bertin, l'ex premier ministre, Pascal Affi N'Guessan, a dit : « Monsieur Kouadio Konan Bertin se trompe de camp. Il doit savoir que les Ivoiriens le regardent, et qu'il prend un risque énorme. Il est encore jeune, il a tout son avenir devant lui, il faut qu'il sache le préserver ». Pour terminer, il a indiqué être toujours candidat à la présidentielle.

Plus de: L'Intelligent d'Abidjan

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