Congo-Kinshasa: Prestation de serment de trois juges - Une violation flagrante de la loi suprême !

Un mercredi noir pour la RDC. Ce 21 octobre 2020 est un jour triste dans la vie démocratique au pays de Patrice-Emery Lumumba. En effet, la prestation de serment ce jour de trois juges nommés à la Cour constitutionnelle est le couronnement d'une violation flagrante de la constitution de 2006, tant dans son esprit que dans sa lettre. Les différentes correspondances qui ont fruité sur les réseaux sociaux attestent à suffisance que plus d'une fois, le parlement Congolais (Sénat et Assemblée nationale) a tenté d'expliquer au Président de la République la nécessité d'approfondir la réflexion dans le but de déboucher sur d'autres voies de sortie plus idoines et respectueuses des textes de la République.

C'était sans compter avec la détermination du Chef de l'Etat qui semble visiblement déjà tourné vers les échéances de 2023.

La représentation nationale qui fait de l'observance de la constitution et des textes du pays son cheval de bataille ne pouvait pas elle-même les violer ou cautionner leur bafouement.

L'acte posé aujourd'hui par le chef de l'Etat vient jeter aux orties les espoirs qu'avait suscité l'alternance politique pacifique de 2018 et interroge sérieusement la capacité du régime actuel à pérenniser les acquis démocratiques obtenus au prix de la sueur et du sang des Congolais.

On peut également interroger l'opportunité d'un tel forcing au moment où le peuple Congolais fait face à des difficultés existentielles certaines du fait de l'impact socio-économique de la Covid 19, au moment où l'Assemblée était résolue à apporter des réponses aux interrogations légitimes du peuple sur l'affaire Minembwe, et au moment où on observe une recrudescence de la menace sécuritaire à l'Est du pays et que les élèves à Kinshasa descendent dans la rue parce que leurs enseignants sans salaires sont absents des salles des classes, faute de salaires.

On peut donc comprendre la gêne du corps diplomatique (UA et UA), qui n'a sans doute pas voulu donner son onction à un acte anticonstitutionnel et clivant qui met à mal la stabilité politique et la courtoisie institutionnelle, ferment de la démocratie. De l'avis de plusieurs observateurs et analystes, en persistant dans ce forcing le Président Tshisekedi a fait faire à son pays un grand pas vers l'autoritarisme.

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