Congo-Kinshasa: Le développement par la culture et les ARTs au cœur de la 2ème édition Forum du CAC

«Le Développement par la culture et les arts » est le thème principal de la 2ème édition du Forum des Culturels qui se tient depuis le 19 octobre jusqu'au 24 octobre 2020 au Musée national de la RDC, à Kinshasa. Cette biennale culturelle est organisée par le Collectif des Artistes et des Culturels, « C.A.C » en partenariat avec le Ministère de la Culture et des arts.

Vu l'intérêt porté à cette rencontre, les participants en commission sont hyper engagés dans les réflexions et travaillent avec assiduité en vue d'apporter des idées concrètes pour des réformes qui vont rendre plus productif et dynamique l'industrie créative culturelle en RDC.

Est-il possible de faire de la culture un vecteur du développement socio-économique dans une nation où la majorité de créateurs des œuvres de l'esprit n'ont pas un statut d'artiste bien défini légalement dans les lois du pays ?

Cette question reste pendante et fait l'objet d'un grand débat public entre les décideurs, les artistes, les opérateurs culturels ainsi que les scientifiques et chercheurs au cours de ce Forum de Kinshasa.

Le Sénateur- écrivain Didier Mumengi est parmi le paneliste de ces assises nationales qui réunissent une centaine de participants venus de l'extérieur et de l'intérieur du pays.

Dans son adresse, l'ex-ministre de l'Information s'est appesanti sur l'économie de la culture. Au-delà de l'autopsie du secteur, son exposé a été considéré comme une réponse à cette problématique du développement par l'art et la culture en RDC.

Tout d'abord, Didier Mumengi a souligné l'importance de démontrer que deux événements d'une ampleur historique majeure feront de la RDC l'épicentre de la culture africaine l'année prochaine. Premièrement : la présidence congolaise de l'Union africaine. Deuxièmement : la décision des Chefs d'Etat et de Gouvernement de consacrer 2021, l'année des arts, de la culture et des patrimoines en Afrique.

Culture : un grand défi pour la RDC à l'UA

Pour le Sénateur congolais, ces deux évènements constituent surtout un défi majeur que lance l'Union Africaine à la République Démocratique du Congo. Donc, les dirigeants congolais sont appelés à se mettre déjà au travail et surtout à prendre des options rationnelles pour bien exercer ce mandat sur le plan culturel, vu la richesse et la diversité culturelle que possèdent le pays.

La RDC doit s'engager avec une vision pragmatique qui va permettre à la culture de retrouver sa splendeur sur le continent.

Ensemble avec les organisations professionnelles comme le CAC, il faudra déjà penser à mettre des bases solides sur le plan politique, scientifique et technique pour que les biens patrimoniaux, des arts créatifs soient comme une croissance économique et de développement durable.

«La toute première urgence sera la bataille de ratification de la charte de la renaissance culturelle africaine. Il est demandé à notre pays de transformer la culture aussi bien en outil de consolidation de la paix en Afrique», a soutenu Didier Mumengi.

Evidemment, la solidarité en faveur de la paix est une composante essentielle des économies des nations africaines qui ne vont réellement trouver sa croissance positive qu'en y mettant en place des infrastructures et des équipements culturels conformes aux exigences du développement du continent. Voilà l'essence de cette Charte Africaine dont l'application effective ouvrira la conscience collective des populations et ses dirigeants afin que la culture et la création ne reste plus simplement un domaine des distractions mais comme un vecteur de développement.

«Au-delà de former une véritable force de frappe économique, la culture et la création constituent le soubassement du développement économique», estime l'orateur.

Faire de la Culture un pourvoyeur d'emplois en Afrique

Sous un autre aspect, les Congolais doivent comprendre que le fait de donner à la RDC la présidence de l'Union africaine avec une thématique purement culturelle n'est pas un hasard. C'est un appel à la responsabilité pour la RDC qui doit faire de la culture un pourvoyeur d'emplois sur le continent.

«Notre mission à la tête de l'UA est de dire et démontrer aux autres nations africaines qu'une vie culturelle sans base matérielle, logistique, commerciale, industrielle manufacturière n'est qu'anesthésie», a-t-il martelé.

Selon l'Union Africaine, la culture se définit comme un secteur d'activités pourvoyeuses d'emplois articulés autour des arts créatifs originaux formant un vrai marché économique susceptible de générer des richesses et des bénéfices sociaux par la création, la production et la distribution des biens de services dans les différents domaines culturels.

«Avec 2250 milliards $ US en moyenne annuelle depuis une dizaine d'années, ce secteur culturel emploie 1% de la population mondiale active, soit plus d'emplois que l'industrie automobile aux Usa, au Japon et en Europe réunis. Il est possible de faire de ce domaine un moteur de développement pour un grand Congo», a indiqué le Ministre congolais honoraire de l'Information.

Ainsi, il est important que les autorités s'y mettent à fonds pour doter à la RDC d'une bonne politique culturelle qui va règlementer la profession des arts, encadrer les acteurs et attirer les investisseurs dans la culture afin qu'il devienne effectivement un secteur générateur des ressources pour le développement socio-économique en Afrique et au Congo.

Plus de: La Prospérité

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