Congo-Brazzaville: Mercure - Un poison dans les plombages dentaires

Malgré sa toxicité, le métal liquide continue d'être utilisé pour boucher les dents affectées par la carie en République du Congo. Des organisations professionnelles, à l'instar de l'Action sur l'environnement et le développement (AED), militent pour l'interdiction du mercure dentaire dans le pays.

La pratique est connue chez les dentistes comme l'amalgame dentaire, du fait de sa composition chimique constituée de 50% de mercure et de 50% d'alliage en poudre d'argent, d'étain et de cuivre. L'usage de l'amalgame dentaire est strictement contrôlé au niveau international par la Convention de Minamata sur le mercure que le Congo a ratifiée le 6 août 2019. La quantité globale des émissions et de rejets de mercure dans le pays représente près de 21368kg /an, dont 2% d'amalgame dentaire, selon une enquête de l'Onu environnement.

Le secrétaire général de l'AED, Joseph Monzingoula, tire la sonnette d'alarme, en interpelant directement les pouvoirs publics, les dentistes et la population. L'association AED membre de l'Alliance mondiale pour la dentisterie sans mercure a proposé deux textes réglementaires, notamment un projet de décret portant règlementation de la gestion du mercure au Congo et un arrêté interdisant l'utilisation de l'amalgame dentaire chez les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. Les deux projets de textes sont encore sur la table du gouvernement.

«Mais nous constatons que des dentistes continuent de recourir à l'amalgame dentaire alors qu'ils sont sensibilisés contre l'utilisation de cette matière. Le gros défi reste la sensibilisation en vue d'une forte implication des dentistes et des patients contre l'amalgame dentaire. L'AED n'a pas assez de moyens pour conduire une étude, nous recherchons des partenaires qui peuvent nous aider dans ce sens », a lancé Joseph Monzingoula.

Les alternatives au mercure existent, puisque des études menées dans plusieurs pays africains indiquent que la différence de prix entre la pose de matériaux alternatifs sans mercure comme les résines composites et les remplissages de ciment ionomère en verre et l'amalgame dentaire est faible. Les conséquences négatives liées à l'utilisation de l'amalgame dentaire, a poursuivi Joseph Monzingoula, demeurent très compétitives en termes de rapport coût efficacité et leur impact sur la santé publique.

À cet effet, l'AED a organisé un échange avec ses membres, à Brazzaville le 20 octobre, autour de la problématique, dans le cadre de la journée africaine pour la dentisterie sans mercure, célébrée le 13 octobre de chaque année.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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