Burkina Faso: Problème de logement - Attention aux émeutes... des sans-abris !

22 Octobre 2020

C'est connu ! L'accès à un logement décent n'est pas un droit au Burkina. Et même si c'en est un, c'est seulement en théorie. Ce n'est pas moi qui le dis. Les faits parlent d'eux- mêmes.

A preuve, ils sont nombreux les Burkinabè qui, comme moi, râlent. C'est-à-dire, qui sont sans toit.

Le problème est devenu d'autant plus compliqué que depuis quelques années, les autorités, pour désamorcer la bombe sociale qui couvait, ont décidé de suspendre les opérations de lotissements, surtout dans les grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Toute chose qui a provoqué une flambée des prix des parcelles au point qu'il est difficile, pour nous autres qui tirons le diable par la queue, de nous octroyer un logis.

Beaucoup d'entre nous avaient tourné le regard vers les promoteurs immobiliers dont certains, au fil des ans, se sont malheureusement révélés être de vrais prédateurs tant ils n'ont de cesse d'exproprier les propriétaires terriens.

Comment faire alors pour se loger décemment au pays des Hommes intègres ? C'est lasses de se poser cette question sans réponse que des femmes, balais en mains, ont décidé de crier leur colère dans la rue.

Elles ont battu la pavé pour interpeller les autorités sur la nécessité de trouver une solution à ce que d'aucuns appellent la crise du logement que connaît notre pays depuis quelques années.

Moi, je n'ai pas pu prendre part à ladite marche aux côtés des femmes, occupé que j'étais ce jour-là, à chercher ma pitance de l'autre côté de Rood-Woko.

Mais je les soutiens dans leur démarche parce que le problème qu'elles posent, est réel. Du reste, je crois qu'elles ont choisi le bon moment pour soulever ce débat.

Les autorités gagneraient à ce que soit réduit le prix du ciment

Je veux dire que nous sommes à la veille des élections, où les hommes politiques passent leur temps à faire la cour aux électeurs.

Donc, en décidant de marcher le 20 octobre dernier, les femmes envoient un message fort à tous les hommes politiques, en l'occurrence aux différents candidats en lice pour la présidentielle : elles ne voteront que ceux qui s'engageront résolument à leur trouver des logements décents.

Et je souhaite que si d'aventure, elles votent un candidat qui, une fois au pouvoir, ne prend pas en compte leurs préoccupations, elles le sanctionnent lors des prochaines échéances électorales.

Cela dit, pour revenir à la politique de logement, je reconnais que depuis quelques années, les autorités ont fait un effort en mettant en place, des logements sociaux.

C'est une bonne chose. Je le reconnais. Mais combien sont-ils à pouvoir en bénéficier au regard des critères définis ?

Et ce n'est pas tout. J'ai parlé plus haut des prix élevés des parcelles mais j'ai oublié de parler du coût du matériau de construction qui n'est pas à la portée de n'importe quelle bourse.

A défaut de construire des Habitats à loyer modéré (HLM) comme cela se fait un peu partout, je pense que les autorités gagneraient à ce que soit réduit le prix du ciment, du sable, du gravillon, etc.

Cela permettra à certains Burkinabè, et Dieu seul sait s'ils sont nombreux, de s'offrir un chez-soi pour y vivre dignement. Ce n'est pas impossible. Car, là où il y a la volonté, on vient à bout de tout.

Plus de: Le Pays

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