Congo-Kinshasa: Sans trembler

« Pourquoi cautionner l'irrégularité de ces nominations déjà décriées au moment de la publication des Ordonnances ?», a lâché une source à la Primature, au lendemain de la cérémonie de prestation de serment des juges récemment nommés à la Haute Cour. Le Premier ministre, comme plusieurs membres de son équipe gouvernementale, n'y était pas. Son absence, l'on s'en doutait, a créé un tollé dans l'opinion et de vives réactions sur les médias sociaux. Certains ont décrié un non-respect de la part du Chef de l'Exécutif central envers le Président de la République, d'autres ont fustigé son manque de courtoisie.

Dans la journée d'hier, jeudi, certains médias locaux ont affirmé la présence du Premier ministre à la Présidence de la République, où il a été convoqué par le chef de l'Etat, voulant tirer les conséquences du vide de son fauteuil à la cérémonie de prestation de serment, ovationnée par le parti présidentiel, boycottée par leurs alliés au pouvoir.

Toujours selon notre source, la dernière rencontre entre le chef du gouvernement et le président de la République date du lundi 19 octobre dernier. Le reste n'est donc qu'affabulation de mauvais goût. Il n'y a même pas déposé sa démission, comme d'autres le prétendent.

Pour mémoire, au-delà des appartenances et décisions politiques, Ilunga Ilunkamba, en tant que chef du Gouvernement, s'était inscrit en faux contre les dernières ordonnances signées par le président de la République, en juillet dernier, portant sur l'organisation judiciaire mais aussi dans l'armée. Depuis, sa position n'a nullement changé.

En ces temps, alors que le chef de Gouvernement accomplissait la mission lui assignée par le président de la République dans la ville de Lubumbashi, dans la capitale un acte de très haute portée politique et juridique qui relève de la compétence exclusive attachée à sa qualité a été posé à son insu. Il s'agissait, en effet, du contreseing apposé pour le compte du Premier Ministre, par le Vice-Premier Ministre en charge de l'Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières, sur ces ordonnances querellées.

Son Directeur de communication avait souligné le fait que le contreseing du Premier Ministre constitue, au-delà de sa nature juridique, le gage des équilibres des pouvoirs entre le Président de la République et le Premier Ministre qui est l'émanation de l'Assemblée Nationale.

Loin de ceux qui veulent alimenter des tensions inutiles dans le chef des gouvernants, que l'on suppose focalisés sur le bien-être des congolais, le vent a soufflé et va se calmer. Le ciel ne tombera pas, ni aujourd'hui, ni demain.

Plus de: La Prospérité

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