Cote d'Ivoire: Adiaké / Pollution de l'environnement - La lagune Aby en danger

D'une superficie d'environ 400km2 et située à la lisière de la Côte d'Ivoire et du Ghana, la lagune Aby et ses annexes que sont les lagunes Tendo et Ehy sont en proie à de sérieuses menaces. Le constat est amer.

Les eaux jadis limpides et poissonneuses ont pris subitement une coloration jaunâtre et boueuse. A l'origine, d'intenses activités d'orpaillage menées dans les environs de Noé et du côté ghanéen.

Un tour dans les localités qui bordent ce vaste plan d'eau lagunaire, permet de découvrir l'ampleur de ce désastre écologique.

D'Adiaké à Appronou en territoire ghanéen, en passant par les villes ivoiriennes d'Etuéboué, Mohoua, Tiapoum, toute l'étendue d'eau étonne par son étrange couleur.

Autre fait dégradant, ce sont ces ordures de toutes sortes entraînées sur l'eau, en provenance des égouts de chaque localité balnéaire. Ces déchets flottants s'offrent en spectacle de mouvements rythmés par le courant marin à chaque gare lagunaire.

Que dire des luxuriantes et verdoyantes mangroves, lieux de reproduction des poissons qui disparaissent progressivement sous l'effet d'une urbanisation galopante et incontrôlée des centres urbains sus-cités.

Relevons l'action néfaste de certains pêcheurs véreux, qui violent constamment la réglementation en vigueur en matière de pêche en eaux territoriales.

Ils utilisent des filets de petites mailles, ce qui est interdit, pour écumer les eaux de jour comme de nuit. Les conséquences d'une telle catastrophe environnementale sont palpables. « Les poissons, on n'en trouve plus facilement comme par le passé.

Pour des heures sur l'eau, on ne ramène que de menus fretins » déplore M. Mathias Kablan, président de l'association des pêcheurs du quartier Débarcadère d'Adiaké.

Le désarroi est total chez ces hommes et femmes qui vivent de l'activité dans ces localités. « Bientôt, le taux de chômage va croître dans notre région.

Car ce sont des centaines de personnes qui abandonneront leurs pirogues et filets » avertit M. Mathias Kablan. Vivement que les autorités des localités ayant en commun cette lagune prennent la situation à bras le corps.

Les populations riveraines pourraient être sensibilisées au sens des valeurs d'intérêt environnemental.

Elles pourraient ainsi contribuer activement à la protection et la sauvegarde de ce patrimoine hydrographique, qui constitue le bloc Est des plans lagunaires de notre pays.

Plus de: Le Nouveau Réveil

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