Cameroun: Récit d'une journée des amazones du Mrc à Santa Barbara

23 Octobre 2020

Cela fait un mois que Maurice Kamto est séquestré dans sa résidence à Yaoundé. Ayant fait le déplacement avec un stock de vivres frais, des femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) n'ont pu communier avec leur leader.

Ce sont des dizaines de femmes du MRC qui sont parties des différentes régions camerounaises avec des vivres frais pour les remettre à leur leader national. Conduites par Tiriane Balbine Noah, 2ème vice-présidente nationale du parti, ces amazones sont arrivées devant la résidence de Maurice Kamto avec des véhicules chargés des filets de féculents, des bidons d'huile, des cageots de tomates, des sacs de haricot, des récipients de viandes et de poissons frais, ainsi que des palettes d'eau minérale.

Mais malheureusement, toutes ces figures féminines n'y ont pu avoir accès. Et pour cause : des forces mixtes de la police et de la gendarmerie armées d'engins de guerre aux alentours du domicile du leader national du MRC ont interdit l'entrée dans cette villa encerclée depuis 33 jours. Même la présence de quelques avocats du collectif Me Sylvain Souop dans le cortège des femmes militantes n'a guère aidé les unes et les autres à échanger avec leur leader. Il était alors 13h et 45mn.

Lorsque Maurice Kamto décide, une quinzaine de minutes après, de sortir, momentanément, de son domicile pour savoir pourquoi les forces de maintien de l'ordre empêchent toute entrée de militantes à son domicile, un commandant de la gendarmerie nationale, entouré d'une escouade d'hommes en tenue, lui pose la question de savoir pourquoi il est sorti de sa résidence. Du coup, un cordon de forces mixtes s'avance et demande à M.Kamto de ne plus faire le moindre pas en avant.

"Pour quel motif ?", s'interroge le président national du MRC ! "Sur instructions", déclare ce commandant, rejoint, quelques instants après, par le commissaire du VIème arrondissement de Yaoundé. "Je n'ai jamais été notifié du moindre acte comme vous le savez", reprend M.K. "A quoi rime tout ceci ? Vous me séquestrez et empêchez toute visite chez moi y compris celle des responsables et militants de mon parti politique. Vous vous contentez d'accepter que les vivres qu'ils ont apportés soient réceptionnés"

Après avoir insisté, en vain, pendant un quart d'heure pour avoir l'acte juridique ordonnant sa séquestration et dénoncé son caractère illégal, le leader national du MRC a demandé que l'on ramène à l'extérieur des vivres qui avaient déjà été introduits dans sa cour. Il leur a demandé que le tout soit regroupé devant le portail, où ces denrées alimentaires étaient déchargées. Puis, l'homme politique s'est tourné devant le commandant de gendarmerie et le commissaire du VIème arrondissement et leur a dit :"Vous feriez mieux de récupérer ces vivres pour nourrir vos éléments. Ce n'est pas une question de vivres, mais de droits". La tête de proue du MRC est rentrée dans sa concession en compagnie de sa maisonnée et a refermé le portail.

À 16h et 30, Me Hyppolite Meli, chef de pool du collectif d'avocats du président national du MRC arrive sur les lieux. Lhomme en robe noire et Me Mispa Awasum, présidente nationale des femmes du MRC tentent d'échanger avec le commandant de gendarmerie et le commissaire du VIème arrondissement. Question d'obtenir l'entrée des militantes au domicile de M.Kamto. Mais en vain ! En quittant les lieux, des tas de vivres frais étaient toujours parqués devant le portail de la résidence de l'homme politique sous le retard vif des bidasses ayant décidé, en début de soirée, de dissuader des militantes, des avocats et quelques journalistes présents.

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