Sénégal: Amadème Guèye - « La fermeture du stade L.S. Senghor risque d'être fatale à l'athlétisme »

23 Octobre 2020

Les travaux de réfection du stade Léopold Sédar Senghor risquent d'impacter négativement les athlètes qui seront sans piste d'entrainement et de compétition pour un bon bout de temps. C'est la conviction d'Amadème Guèye, entraineur de l'US Ouakam.

Il y a quelques jours, le nouveau Directeur du stade Léopold Sédar Senghor, Youssoupha Sy, avait annoncé que les travaux de réfection dudit stade devraient démarrer à partir de janvier 2021.

Mais pour Amadème Guèye, entraineur d'athlétisme de l'US Ouakam, que nous avons interrogé, « si ces travaux entrainent la fermeture du stade, ce serait fatal à l'athlétisme sénégalais ».

Selon lui, cette décision n'a pas été mûrement réfléchie. « Le patron du stade et son chef hiérarchique que je désigne comme premier responsable doivent savoir que dans l'enceinte de cette infrastructure, s'activent plusieurs disciplines qui ont toutes la noble mission de promouvoir et de développer le sport national », explique le technicien d'après qui « certains sportifs n'ont que ce stade pour exercer. L'athlétisme ne pourra pas rester le temps des travaux sans entrainements ni compétitions ».

Pour cette raison, M. Guèye demande qu'on trouve une solution pour permettre, par exemple, de s'entrainer « aux stades Iba Mar Diop ou Ngalandou Diouf de Rufisque ».

Et il est convaincu que « fermer Léopold Sédar Senghor sans trouver une solution d'attente, serait synonyme de vouloir étouffer les disciplines qui ont donné satisfaction au Sénégal, et l'athlétisme en particulier ».

Pour lui, « le développement d'une discipline se fait à la base avec des entrainements et des compétitions ».

Déjà, selon Amadème Guèye, l'accès au stade L.S. Senghor n'était pas sans problème pour l'athlétisme et la ligue de Dakar, locomotive de la première discipline olympique au Sénégal. La probable fermeture des lieux risque donc de démotiver un peu plus les athlètes locaux.

D'ailleurs, pour le technicien de l'US Ouakam, sa discipline préférée mérite d'être mieux traitée et plus soutenue par la tutelle. Car, selon lui, « l'athlétisme, en plus d'être la discipline sportive de base, est la plus titrée du Sénégal ».

Malgré tout, il souffre d'un gros manque de soutien et de considération. Amadème Guèye en veut pour preuve le fait que « les primes dues au titre des médailles remportées à l'international ne soient pas payées depuis 2007 ».

Autre manifestation de ce manque de considération, selon le technicien de l'US Ouakam, « en 2018, le ministre des Sports nous a refusé une délégation de 35 membres pour défendre les couleurs nationales au Ghana pour convoyer 700 supporters au Mondial de football en Russie avec prise en charge totale ».

Selon Amadème Guèye, l'athlétisme est l'une des rares disciplines à n'avoir pas besoin d'être prise en charge par l'État pour l'hébergement et la restauration lors des compétitions internationales. Il a juste besoin d'un peu plus de considération, estime-t-il.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.