Cote d'Ivoire: Présidentielle ivoirienne - Un scrutin sous tension

Les 7,5 millions d'Ivoiriens régulièrement enrôlés dans les listes électorales de la Commission électorale indépendante (CEI) ont rendez-vous le 31 octobre prochain dans le cadre de l'élection présidentielle.

A neuf jours de ce scrutin qui doit marquer l'élection d'un nouveau président ou permettre à Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat, l'atmosphère est plutôt tendue au pays des Éléphants. Dans plusieurs localités, à l'instar d'Abidjan Divo, Dabou, Bonoua et Kotobi, des incidents sont signalés chaque jour. Trois personnes ont trouvé la mort le week-end dernier dans des violences intercommunautaires à Bongouanou, bastion de l'opposant Pascal Affi N'Guessan, situé à 200 km au nord d'Abidjan.

Ces heurts n'ont pas épargné la résidence du candidat du Front populaire ivoirien (FPI), réduite en cendres par un violent incendie survenu le week-end dernier. La distribution des cartes d'électeurs par la CEI a été perturbée dans plusieurs localités. Tandis que dans certaines villes, des jeunes ont érigé des barricades pour empêcher toute opération électorale. Par mesures de précaution, plusieurs établissements scolaires et commerces ont d'ores et déjà fermé.

A l'origine de ce climat surchauffé, la contestation contre un troisième mandat du président Alassane Ouattara menée par une partie de l'opposition ivoirienne sous la férule d'Henri Konan Bédié, candidat du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), et de Pascal Affi N'Guessan. Les deux figures de l'opposition ivoirienne récusent également la CEI qu'ils accusent d'être inféodée au pouvoir. Au cours d'une déclaration conjointe le 15 octobre dernier, les deux personnalités ont invité leurs militants à «empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin et de mettre en application le mot d'ordre du boycott actif ».

Même la médiation internationale menée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), censée apaiser la situation, n'a pas pu produire l'effet escompté. Bien au contraire, le plaidoyer de l'organisation sous-régionale en direction des deux dissidents de regagner le processus électoral a plutôt été accueilli dans le camp de l'opposition radicale comme un désaveu de sa démarche. Une position qu'Henri Konan Bédié et Affi N'Guessan considèrent comme adoubement tacite du processus en cours.

Dans le camp du pouvoir, rien n'est non plus fait pour calmer le jeu. Au cours d'un meeting le week-end dernier à Bouaké, Alassane Ouattara n'a pas manqué de titiller ses opposants. Pour le président-candidat, l'option choisie par ses deux opposants est plutôt une fuite en avant du fait d'un manque de moyens financiers qui ne leur permet pas de mener une campagne électorale digne de ce nom. Une sortie considérée en face comme une provocation.

Plus de: Cameroon Tribune

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