Congo-Kinshasa: Kinshasa - Des braqueurs de femmes aux arrêts

23 Octobre 2020

Des spécialistes d'enlèvements des jeunes filles et des femmes à bord des taxis, ont refait surface dernièrement à Kinshasa.

En ce mois d'octobre, dame chance leur a tourné le dos. Peut-être définitivement, on l'espère. Car, cette fois, contrairement à leurs souhaits de faire de nombreuses victimes, les premières ont eu l'avantage de saisir les services d'enquête de différents commissariats urbains de Kinshasa. Une jeune fille, qui a requis l'anonymat, relate avec émotion sa mésaventure vécue entre les mains de ces malfaiteurs.

Un jour, après un transit par une agence de transfert des fonds, elle a opéré le retrait d'une somme en dollars. La nuit, elle a décidé d'aller visiter ses cousines. Dans une voiture, elle a trouvé sur le siège arrière, une demoiselle bien habillée. Elle s'est mise à revoir le contenu des enveloppes d'argent à répartir à ses cousines. Chemin faisant, l'inconnue lui a tenu compagnie, abordant plusieurs sujets allant de la mode au climat, en passant par les coiffures très prisées par ces temps qui courent.

Vers une avenue à faible circulation routière, dont elle a eu de la peine à nommer et à situer, la voiture ketche a quitté la chaussée pour s'arrêter brutalement dans un coin sombre. Dans la voiture transformée en salle de torture, vitres relevées, la jeune fille a réalisé qu'elle avait affaire à des malfaiteurs. Même la demoiselle assise à ses côtés, a sorti ses griffes, apportant un soutien logistique au chauffeur et au chef de bande. Seule contre trois bandits, elle tremblotait comme une feuille morte. On a arraché son sac contenant un gros montant en devises. Le coup réussi, on l'a débarqué et la ketche a pris une destination inconnue.

Une autre victime encore traumatisée, a raconté son enlèvement en versant quelques larmes. Debout au bord d'une grande artère, elle s'impatientait quand un taxi s'est immobilisé à son niveau.

Elle est montée et par courtoisie, elle a salué une jeune fille pianotant sur son smartphone, naviguant entre le wattsap et le facebook. Ainsi rassurée, elle a sorti de son sac à main, un téléphone et s'est mise à lancer des appels. Ses conversations pour aller payer des dettes auprès de ses créanciers, ont attiré l'attention des trois bandits trouvés à bord, dont le conducteur, le chef de bande, ainsi que la demoiselle assise sur le siège arrière. On l'a suivie et avant de déboucher au rond-point d'Eternit, la voiture «ketche» a pris une route asphaltée peu fréquentée. Vers un espace vert dans ce quartier résidentiel, la voiture a été garée, vitres relevées. Le temps de menacer de la tuer la victime, le chef de bande a demandé à son acolyte d'arracher le sac et de débarquer la jeune fille.

Plainte en règle dans un commissariat urbain, la traque n'a pas pris un mois. Car, l'une des victimes de la bande a surpris la voiture des braqueurs immobilisée et le trio debout en train d'échanger. Les policiers dépêchés sur le lieu ont surpris les trois malfaiteurs qu'ils ont appréhendés et acheminés sous bonne escorte à l'état-major.

L'interrogatoire du chef de bande, David Loma, et de sa comparse, Nahomie Loko, non autrement identifiés, a dévoilé aux enquêteurs que les malfaiteurs n'en seraient pas à leurs premiers forfaits. Ce groupe de malfaiteurs cacherait beaucoup de choses aux limiers de la police, notamment sur l'origine de leur organisation criminelle, les membres du réseau et le nombre d'enlèvements déjà opérés à Kinshasa, ainsi que l'identité exacte des victimes. Affaire à suivre !

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