Cameroun: Zenab Mepouompout dite Nanny Power, présidente de l'Association nationale des personnes de petite taille du Cameroun - « Nous essayons de leur trouver du travail »

interview

Dans quel objectif avez-vous mis sur pied votre association ?

Notre association lutte contre la discrimination et la marginalisation des personnes de petite taille. Je l'ai créée quand j'étais encore sur les bancs du lycée, mais en réalité, elle a été légalisée en 2012. Nous organisons différentes activités pour l'épanouissement des personnes de petite taille.

Nous avons par exemple le projet « Une personne de petite taille, un emploi », qui, comme son nom l'indique, est de faire en sorte que nos membres soient indépendants dans tous les domaines. La plupart d'entre eux ne sont pas allés à l'école, à cause de certains préjugés au sein des familles. Nous essayons de leur trouver du travail, en rencontrant des patrons d'entreprises privées, publiques et parapubliques.

A ce titre, nous avons récemment eu un entretien avec le ministre de la Fonction publique, afin qu'il puisse nous accorder un quota pour les différents concours administratifs qui sont lancés au Cameroun. En plus de tout cela, nous avons également des activités sportives, pour démontrer que la personne de petite taille est capable, et peut être présente dans des domaines comme le sport, ou la culture, notamment le cinéma.

Etait-ce une motivation personnelle qui vous a poussée à créer cette association ?

Personnellement, en tant que personne de petite taille, j'ai également subi de nombreuses discriminations. Il est vrai que j'ai été encadrée par des parents aimants, mais lorsque vous sortez de la maison, l'environnement extérieur est tout autre. C'est cela qui m'a motivée. Je ne voulais pas que d'autres vivent ce que moi j'ai subi.

Je voulais que ça s'arrête. Dans mon enfance, je pensais que j'étais la seule personne de petite taille sur terre. Et à l'école, j'ai rencontré un autre garçon de petite taille. Puis à travers la télévision, j'ai constaté que les personnes de petite taille étaient nombreuses au Nigeria, et j'ai compris que ça devait également être le cas ici au Cameroun. Je me suis dit qu'il fallait que je mette quelque chose sur pied pour pouvoir tous nous rassembler, de nous parler et de mieux défendre notre cause.

Quelles sont les obstacles à la lutte que vous menez pour la reconnaissance de vos droits ?

Nous avons de nombreuses difficultés. Déjà, la légalisation de notre association n'a pas été facile. Il a fallu que nous prenions part au défilé du 8 mars, en 2012, grâce au ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille qui avait accepté de nous compter parmi les participants sans même être légalisées, afin que nous puissions être remarquées.

Autre chose, la plupart des personnes de petite taille vivent dans leur cocon. Chacun a son éducation, et il faut les encourager à ne pas rester en marge de la société. Il y a également le fait que les demandes de financement soumises pour la réalisation de nos projets sont régulièrement refusées. Nous voulons, à long terme, faire un recensement des personnes de petite taille, et créer un siège pour notre association.

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