Mauritanie: Le retour de la fièvre de la vallée du Rift inquiète les autorités

Nouakchott — Après une accalmie de deux années consécutives, la fièvre de la vallée du Rift (FVR) a de nouveau fait des victimes en Mauritanie, provoquant un état de "panique" parmi la population, notamment dans les régions reculées, et poussant les autorités à engager une course contre la montre pour combattre cette zoonose virale.

Si la propagation de l'épidémie du coronavirus a été partiellement freinée en Mauritanie, le retour de la FVR dans des différents endroits de ce pays maghrébin a conduit les services de santé vétérinaires à prendre en urgence des mesures dans l'espoir d'enrayer cette zoonose virale affectant principalement les animaux domestiques, mais qui peut se transmettre à l'homme.

Selon les chiffres officiels révélés par le ministère mauritanien de la Santé, cette fièvre hémorragique mortelle, apparue depuis mi-septembre dans neuf des 13 wilayas mauritaniens, a fait au moins 16 morts.

Alors qu'elle était au début circonscrite dans la wilaya de Tagant (centre) où elle a d'abord affecté les dromadaires avant de passer aux éleveurs, la FVR, qui réapparaît souvent à la saison d'automne où les pluies sont abondantes, s'est rapidement propagée dans plusieurs autres régions, y compris à Nouakchott.

La gravité de cette maladie réside dans son taux de mortalité élevé chez les personnes infectées, selon les spécialistes mauritaniens des maladies internes, qui soulignent que 4% des cas diagnostiqués dans le pays sont de type hémorragique.

Dès la résurgence des premiers cas de la FVR, des appels ont été lancés pour intervenir d'urgence afin d'éviter le "désastre", compte tenu notamment du nombre croissant de décès, qui a doublé de 8 à 16 cas en seulement deux semaines, en plus du nombre croissant des cas de contamination.

Ainsi, les autorités mauritaniennes, représentées par les ministères de la Santé et du Développement rural ont déployé des équipes conjointes, dotées de véhicules, d'équipements et de médicaments nécessaires pour lutter contre la maladie.

En vue de sauver le bétail, un des principaux piliers de l'économie mauritanienne, les autorités n'ont pas tardé à vacciner des milliers de têtes de dromadaires et de soigner des centaines d'autres.

Dans le cadre de leurs efforts assidus pour endiguer cette épidémie, les deux ministères ont par ailleurs invité les autorités administratives des wilayas les plus touchées à mener des campagnes de sensibilisation pour faire connaître la maladie et sa gravité, souligner la nécessité de prendre des mesures de précaution pour la prévenir et exhorter la population à les informer de tout cas suspect.

Les autorités sanitaires ont conseillé au public de suivre plusieurs mesures de précaution, notamment chauffer le lait avant la consommer, cuire correctement la viande, éviter les contacts entre animaux et l'homme, se laver les mains avec du savon après avoir touché des animaux et dormir sous des moustiquaires.

La propagation de cette maladie a affecté le marché du bétail, en particulier des dromadaires, qui a enregistré une stagnation. Les éleveurs et commerçants ont de ce fait dénoncé une "carence" du ministère du Développement rural, lui reprochant de ne pas pouvoir assurer un laboratoire vétérinaire pour examiner les animaux en permanence, ou du moins dans ces périodes exceptionnelles.

Ainsi, les services sanitaires mauritaniens mènent une double guerre, visant à la fois le nouveau coronavirus et la fièvre de la vallée du Rift, en intensifiant les efforts pour freiner leur propagation et réduire leurs répercussions sanitaires, économiques et sociales.

En 2012, la fièvre de la vallée de Rift avait entraîné la mort de 17 personnes. Sa réapparition en 2018 a fait également des victimes.

Plus de: MAP

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