Sénégal: Le Pacasen fait renaître l'espoir à Touba

23 Octobre 2020

Avec une enveloppe de 9 milliards de FCfa, la commune de Touba Mosquée a obtenu le montant le plus élevé du Programme d'appui aux collectivités du Sénégal (Pacasen). La commune de Mbacké, avec plus d'un milliard de FCfa, n'est pas en reste. Les premières réalisations dans les domaines des infrastructures, de la voirie et de la santé ont fait naitre de grands espoirs au niveau des populations des deux localités.

Plusieurs localités de Touba ont déjà bénéficié des réalisations du Programme d'appui aux collectivités du Sénégal (Pacasen), tandis que d'autres attendent impatiemment et soumettent leurs doléances aux autorités territoriales. La commune de Touba a rempli tous les critères d'éligibilité à cause d'une gestion transparente et a été éligible au point de bénéficier du montant le plus important de cette première phase du programme, estime Thierno Diakhaté, directeur de cabinet du maire de Touba et point focal du programme. «Aujourd'hui, il ne suffit pas de remplir les conditions d'éligibilité au programme pour bénéficier des fonds», note celui-ci. Selon lui, Touba a rempli les exigences des conditions minimums obligatoires (Cmo) avec une note de 100 % et 70 % pour les indicateurs de performances (Idp).

Pour cette raison, dit-il, la commune de Touba est classée devant de grandes communes du Sénégal comme Saint-Louis, Thiès et Kaolack, entre autres. Pour rappel, la commune de Touba, avec 9,136 milliards de FCfa, détient le financement le plus important du Pacasen. Un motif de satisfaction pour le maire de Touba. Abdou Lahad Kâ a vivement remercié le Président de la République, Macky Sall, qui a permis la communalisation intégrale à travers une réforme révolutionnaire : l'Acte 3 de la décentralisation. L'édile de la ville sainte se réjouit du fait que les ex-communes rurales, qui n'étaient pas prises en compte dans le Programme d'appui aux communes (Pac) et du Programme de renforcement des équipements des collectivités locales (Précol), soient aujourd'hui bénéficiaires du Pacasen.

Une route de 7 km pour désenclaver un village de 150 000 âmes

Du côté des populations, c'est la satisfaction à travers diverses réalisations, notamment des routes. Dans le cadre du Programme annuel d'investissement (Pai), révèle M. Diakhaté, il est prévu la construction d'une route sur un linéaire de 7 km (Mbar-ya de Madiyana à Sham Boukhatoul Moubarak), pour un montant de 2 milliards de FCfa. Ce village était très enclavé et inaccessible, voire complètement coupé de la ville de Touba, en période d'hivernage. L'infrastructure permettra donc aux populations de Sham Boukhatoul Moubarak d'atteindre le centre de Touba en cinq minutes, un rêve qui sera bientôt une réalité. Ce village est l'une des localités de la commune de Touba les plus enclavées et le plus dépourvue d'infrastructures de développement. Créé en 1996 par le cinquième Khalife de Serigne Touba, Serigne Saliou Mbacké, Sham Boukhatoul Moubarak compte aujourd'hui 150 000 âmes. Selon les prévisions, cette localité va connaître, avant la fin de l'année, un investissement grandeur nature grâce au Pacasen. Sur les lieux, l'entreprise en charge des travaux a déjà aménagé un site pour l'emplacement des engins qui seront en place incessamment. «Les travaux vont bientôt démarrer, le projet est en bonne voie et il ne reste que son exécution, nous avons beaucoup d'espoirs», lance Samba Sy, un habitant du village qui verra la route passer devant son domicile.

Moustapha Seck, secrétaire particulier du chef de village, Serigne Saliou Dieng, reconnaît que le village est enclavé depuis sa création. Cependant, souligne-t-il, le problème le plus crucial se pose en période d'hivernage. «De Madiyana, le point de départ, à Djanatou Firdaws, le terminus des transporteurs est une piste cabossée, crevassée, avec des flaques d'eau nécessitant des efforts immenses pour les chevaux et les ânes. Le même calvaire est subi par les chauffeurs qui s'aventurent sur cet axe plus qu'impraticable», explique-t-il. «De Mbar-ya à Sham Boukhatoul, c'était la croix et la bannière pour les populations. Pour le transport, le ticket est de 100 FCfa en saison sèche, mais passe à 600 FCfa en hivernage a cause de l'impraticabilité des voies», fait-il remarquer.

Pour les populations de Sham Boukhatoul, c'est bientôt donc la fin du calvaire. Et leur chef de village, Serigne Saliou Dieng, ne tarit d'éloges à l'endroit du Président de la République, Macky Sall, pour cet ambitieux programme, mais aussi du maire Abdou Lahad Kâ pour le choix de réaliser ce linéaire de 7 km à Boukhatoul Moubarak. «Nous avons, de concert avec les conseillers et les populations, tenu une réunion d'information. Cela a été très bénéfique pour notre village. Aujourd'hui, nous accueillons l'entreprise qui va matérialiser l'axe routier par la grâce de Dieu», indique-t-il. «Cette route était une vieille doléance, et aujourd'hui, nous sommes satisfaits grâce au Pacasen. La mairie n'a pas les moyens pour le faire et nous le savons et c'est pourquoi nous remercions le Président de la République qui a introduit le programme dans le pays», fait savoir le septuagénaire à la barbe blanchie sous le poids de l'âge. «Nous saluons ce programme qui est bénéfique à tout le pays. Les communes ne peuvent pas faire un km de route avec leurs maigres ressources. Avec le Pacasen, la commune de Touba est parvenue à faire 7 km pour 2 milliards de FCfa. Nous remercions le Président de la République, Macky Sall. Des programmes comme le Pacasen, nous en redemandons encore», a-t-il indiqué.

Avec cette route, les populations vont pousser un gros ouf de soulagement. Les femmes surtout. «Nous avions des problèmes pour évacuer nos malades, surtout les femmes enceintes. L'ambulance du centre de santé ne peut pas accéder à Boukhatoul à cause des inondations et souvent, des charrettes sont les seuls moyens pour transporter les femmes en travail», relève Moustapha Seck, le secrétaire particulier du chef de village. Il magnifie «la bonne gestion de la mairie de Touba qui a permis l'attribution à Touba de cette manne de 9 milliards de FCfa, pour 10 postes de santé, 15 kilomètres d'extension du réseau d'adduction d'eau». «Le Président Macky Sall a compris et a voulu venir en aide à la commune de Touba Mosquée», indique M. Seck, en précisant qu'une vingtaine de villages cibles sont aussi concernés par l'extension électrique.

Un programme qui vient à son heure à Mbacké

A Mbacké, les populations, ayant vu les réalisations faites sur la base des financements du Pacasen, détiennent des preuves de l'utilité et de la pertinence de ce programme qu'elles ont fini de s'approprier. Selon Mohamed Seck, secrétaire municipal de la commune de Mbacké, «les communes aussi savent ce que le Pacasen apporte en termes de maîtrise d'ouvrages, de respect des procédures et du respect du Code des collectivités locales». A son avis, «le Pacasen (leur) a permis de faire des réalisations, de diversifier les niches de recettes». Pour M. Seck, «le Pacasen est un programme très important qui vient à son heure parce que non seulement les communes ont besoin de financement, mais face à la rareté des ressources fiscales, il peut être considéré comme une bouée de sauvetage». De même, dit-il, celui-ci répond parfaitement aux exigences des collectivités territoriales, surtout avec le renforcement de capacités pour ce qui est de la maîtrise des travaux des dans le cadre des procédures de passation des marchés publics. La commune de Mbacké, pour la modernisation et la sécurisation de son marché central, a reçu une enveloppe conséquente du Pacasen. «Nous avions prévu, à l'entame des travaux, 66 millions de FCfa. A l'arrivée, nous avons dépensé 65 millions et avec les avenants nous sommes à 80 millions», indique Mohamed Seck. «Nous nous réjouissons de cette réalisation qui est l'une des premières issues du financement du Pacasen», ajoute-t-il.

Au marché central, la satisfaction est la chose la mieux partagée chez les commerçants. Assane Sall, commerçant, ne cache pas son émotion. «Nous sommes satisfaits du Pacasen, mais aussi du Président de la République et du maire de Mbacké. Nous dormons à poings fermés parce qu'il n'y a plus de risque d'incendie dans ce marché, il n'ya plus de branchement clandestin et il y a des bouches d'incendie et des canaux d'évacuation», se réjouit-il. Assise dans le hall du marché, Coumba Sy, vendeuse de légumes, s'extasie devant la beauté de l'édifice. «Ce programme est très bénéfique et nous en redemandons. Le marché est propre, clair et bien aéré. Nous pouvons recevoir des touristes. Nous remercions vivement nos autorités qui nous ont bien soutenus, notamment le maire de Mbacké, le Pacasen et surtout le Président Macky Sall», indique-t-elle.

Avec l'enveloppe mise à sa disposition, Mbacké a pu réaliser trois postes de santé. Et s'il y a des choses à déplorer dans le cadre de ce programme, estime le secrétaire municipal, «c'est juste les lenteurs dans les décaissements». Car, précise-t-il, «à deux mois de la fin de l'année 2020, les fonds ne sont toujours pas disponibles au niveau du Trésor».

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