Maroc: Chassé-croisé autour de la réforme de la Commission électorale, à une semaine de la présidentielle

Abidjan — A une semaine seulement du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), de sa composition plus particulièrement, fait toujours office de principale pomme de discorde entravant le déroulé normal du processus électoral.

Réagissant favorablement aux appels de l'ONU, l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) prêchant le dialogue pour une présidentielle "inclusive, crédible et pacifique", le premier ministre, Hamed Bakayoko, a tenu, mercredi dernier, une rencontre avec l'opposition, boudée par les partis de deux candidats : le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), d'Henri Konan Bédié (86 ans) et le Front populaire ivoirien (FPI), de Pascal Affi N'guessan (67 ans).

A l'issue de ces concertations, le gouvernement a tendu la main aux formations de l'opposition en exprimant ouvertement sa disposition à examiner plusieurs de ses requêtes.

"Le gouvernement a décidé d'examiner favorablement et dans les meilleurs délais les requêtes portant sur la CEI, à savoir l'intégration d'une cinquième personnalité à la Commission centrale de la CEI au titre de l'opposition, l'octroi d'un poste de vice-président au PDCI dans le bureau de la Commission centrale de la CEI et la recomposition des CEI locales", a annoncé le gouvernement ivoirien au terme de la rencontre.

Mais pas seulement. Le gouvernement a, en outre, exprimé la "disponibilité" du président Alassane Ouattara, pour rencontrer l'ex-chef de l'Etat et son ex-allié au pouvoir, Henri Konan Bédié.

En contrepartie de ces "concessions", le gouvernement a exhorté l'opposition à lever "sans délai" son mot d'ordre de désobéissance civile, de s'inscrire dans la voie du dialogue et d'œuvrer pour un déroulement apaisé de l'élection présidentielle.

Réagissant le lendemain à ces propositions, les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'guessan, ont rejeté les propositions de réaménagement de la Commission électorale, annoncées par le gouvernement, arguant qu'elles "ne correspondent pas à leurs demandes".

Ils ont soutenu qu'ils n'ont "à aucun moment formulé une telle demande" lors des discussions avec la mission de la CEDEAO. Ils ont ainsi rappelé leurs revendications relatives au retrait de la candidature d'Alassane Ouattara, à la réforme de la Commission et du Conseil constitutionnel et à l'audit international de la liste électorale.

Par ailleurs, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'guessan ont exprimé leur "volonté de dialogue" tout en demandant une "médiation internationale" sous l'égide notamment de la CEDEAO qu'ils ont appelé à continuer de jouer son rôle de "facilitatrice du dialogue car ils ne sauraient participer à une rencontre présidée par le gouvernement, protagoniste au conflit".

Entre-temps, les candidats activement en lice, Alassane Ouattara (78 ans), président sortant, et Kouadio Konan Bertin (51 ans), ancien député, poursuivent leur campagne électorale en enchaînant les meetings et les tournées, en dépit des appels récurrents des deux autres prétendants à la "désobéissance civile" qui ont occasionné plusieurs affrontements entre communautés et des échauffourées avec les forces de l'ordre.

Au moins 11 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans des affrontements intercommunautaires, survenus à Dabou, à 50 km à l'ouest d'Abidjan. Un mort et plusieurs blessés ont été également enregistrés suite à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Bonoua, à 50 km à l'Est d'Abidjan. Aussi, des violences intercommunautaires ont aussi fait au moins deux morts à Bongouanou (200 km au nord d'Abidjan), fief de Pascal Affi N'Guessan.

La campagne électorale prendra fin le 29 octobre dans ce pays où la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara, avait fait quelque 3.000 morts, selon des chiffres officiels.

Plus de 900.000 nouveaux électeurs se sont enregistrés sur les listes en Côte d'Ivoire en vue de l'élection présidentielle, portant le total du collège électoral à 7,5 millions. La Côte d'Ivoire compte 25 millions d'habitants, avec une population très jeune et plusieurs millions de résidents étrangers.

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